Mark Berube : regarder au loin
Mark Berube aime partir des événements de la vie quotidienne dans ses textes, pour ensuite faire des liens avec des situations politiques plus larges. Comme il l’a fait pour le titre de son dernier album, June in Siberia. « Mes chansons sont parfois perçues comme étant un peu sombres, mais les paroles sont assez sereines sur la vie, en fait. C’est ce que représente le titre : en Occident, on pense que la Sibérie est dure, que c’est le goulag, l’hiver brut. Mais ils ont un toujours un printemps, là-bas. Et puis comme je viens du Manitoba et que le nord de la province ressemble à la Sibérie, je me suis dit que j’avais le droit d’en parler! », rigole-t-il.
De la même manière, il a écrit Oak trees, un titre qui figurera sur son prochain album, dont la sortie est prévue pour octobre avec l’étiquette Bonsound. Cette chanson a été écrite après un spectacle, alors qu’il était assis sous un grand chêne. « Il pleuvait mais j’étais sec, tellement l’arbre était large », se souvient-il. Ce jour-là, il avait reçu un courriel d’un ami qui enseigne l’art en Palestine. « Le mur qui divise Jérusalem et la Palestine venait d’être construit, poursuit le chanteur et pianiste. Tous les élèves de mon ami étaient allés accrocher leurs œuvres d’art sur le mur. Cette chanson parle de ce mur, mais le contexte était simplement moi, sous l’arbre, qui était de plus en plus mouillé. »
Un peu avec la même recette, du plus petit au plus grand, il compose souvent ses musiques en partant d’une chanson folk pour ensuite les arranger de façon plus étoffée, avec cordes et piano. Ce style musical appelé folk de chambre est devenu populaire vers 2004 grâce aux Patrick Watson, Arcade Fire et, plus récemment, Bon Iver.
Sur scène, le pianiste est accompagné de Kristina Koropecki au violoncelle, Amélie Mandeville à la basse et Tonio Morin-Vargas à la batterie. « Mais c’est bien de s’éloigner des grands arrangements parfois et de faire une chanson juste guitare et voix. »
Souvenirs de Saint-Léonard
Le musicien ajoute que sur les chansons du futur album, dont il jouera six ou sept titres à la bibliothèque de Saint-Léonard, il joue davantage de guitare. Ce passage dans le quartier lui rappelle sa grand-mère, décédée il y a maintenant un an.
Tout jeune, lorsque sa famille habitait au Manitoba ou même en Afrique, durant quelques années, ils visitaient souvent leur grand-mère paternelle, à Saint-Léonard. Le souvenir qu’il en garde? « L’autobus sur Pie-IX !, s’exclame-t-il spontanément avant d’éclater de rire. Nous prenions souvent ce bus pour aller au métro. Ma grand-mère nous amenait au Mont Royal, à La Ronde, au Stade olympique… »
Du Manitoba à Montréal, en passant par Vancouver où sa famille vit maintenant, le chanteur et son groupe visitent aussi régulièrement l’Europe. Des lancements du dernier album, June in Siberia, ont d’ailleurs eu lieu en Allemagne et en Suisse. « Le groupe a un gérant en Europe, ce qui facilite grandement les choses. Pendant longtemps, j’ai voulu tout faire moi-même, pour apprendre. Mais ça enlève beaucoup de stress d’avoir cette aide », avoue-t-il.
Lorsqu’il ne sillonne pas le Canada et l’Europe pour partager ses mélodies folk-pop, l’Anglophone qui s’exprime dans un français impeccable donne des cours d’anglais dans une école de langue à Montréal. « Si je reste au Canada, c’est à Montréal que je veux rester », confie-t-il.
Pas de problème, on va le garder!
Mark Berube fera découvrir son « folk de chambre » à la bibliothèque de Saint-Léonard, dans le cadre des Soirées Ô Cabaret, le vendredi 15 mars, à 20 h. L’activité est gratuite, mais les intéressés doivent se procurer un laissez-passer au bureau Accès Saint-Léonard (8400, boulevard Lacordaire), en composant le 311 ou en communiquant avec le réseau Admission au 514 790-1245 ou en visitant leur site Internet, www.admission.com.