Regard sur des réfugiés du climat
«Les périodes de forte chaleur risquent à l’avenir de devenir plus intenses et de se produire plus souvent en raison du changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre», soutient dans un récent rapport le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat créé par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’environnement. «Le bien-être des populations vulnérables et appauvries vivant dans les parties du monde les plus exposées aux catastrophes alimentées par le changement climatique, sera durement affecté au cours du siècle à venir.» Avec l’exposition Les réfugiés du climat présentée jusqu’au 18 décembre à la maison de la culture Marie-Uguay, le photojournaliste François Pesant met des visages sur les conséquences de ces changements.
Ce diplômé en sociologie de l’Université Concordia, qui décrit sa démarche comme étant «socio-artistique», s’est rendu en Inde pour tenter de donner un visage à ces gens chassés de chez eux par les bouleversements environnementaux. Au cours de son séjour de six mois, il a visité plusieurs camps de réfugiés. Il a vécu dans un camp où s’entassaient plus de 1000 personnes dans les conditions les plus rudimentaires. Le photographe en a rapporté des images fortes relatant la vie quotidienne, témoignant de la dure réalité de ces hommes, femmes et enfants.
Il nous propose une série de photos grand format en noir et blanc. Pas de couleurs pour distraire l’œil et atténuer la force du sujet. Toute la place est laissée à l’être humain.
Le travail de François Pesant s’inscrit dans la grande tradition du photojournalisme. Il veut nous informer, nous faire réfléchir et, éventuellement, faire changer les choses.
Celui qui s’est retrouvé en Haïti au lendemain du séisme privilégie des projets qui demandent un investissement de longue haleine, une recherche approfondie de même que l’établissement d’une relation de confiance entre le photographe et son sujet.
L’expression «réfugié environnemental» désigne généralement une personne ayant fui l’endroit qu’elle habite à cause d’une grave dégradation environnementale: désertification, hausse du niveau des mers, catastrophe naturelle, etc. On compterait aujourd’hui de 30 à 40 millions de réfugiés environnementaux. François Pesant souligne qu’ils pourraient être plus de 250 millions en 2050.
Textures du présent
Également jusqu’au 18 décembre, la maison de la culture présente l’exposition Textures du présent.
On peut y admirer le travail des finissants du programme d’arts visuels, option photographie et arts graphiques, du cégep André-Laurendeau en 2010 et 2011.
Les deux expositions peuvent être visitées de 13h à 19h les mardis et mercredis, de 13h à 18h le jeudi et de 13h à 17h du vendredi au dimanche. La maison de la culture est située au 6052, boulevard Monk. Renseignements au 514 872-2044 et au www.ville.montreal.qc.ca/sud-ouest/marie-uguay.