La motion de webdiffusion tombe au conseil
«La webdiffusion, c’est un mouvement bien enclenché à la Ville de Montréal. Il y a d’autres arrondissements qui se sont lancés. C’est le moment de partager le fruit des positions en toute ouverture avec les citoyens. Certains de mes collègues font de la fuite en avant sur ce dossier-là, mais à un moment donné il faut trancher», pense Mme Lefebvre.
Le maire, Anie Samson, n’est pas contre l’idée de la webdiffusion du conseil, mais estime ne pas avoir toutes les informations nécessaires pour prendre une décision éclairée. «On a demandé à notre greffière de faire le tour des arrondissements qui diffusent leurs conseils sur le web. Les seules données qu’on a reçues sont celles de Rosemont, où le conseil n’est visionné que par 14 personnes. Je ne prendrais pas une décision sur 14 personnes. Il faudrait aller en appel d’offres avant aussi», explique Mme Samson.
La conseillère de Villeray s’est dite extrêmement déçue de l’issue de ce dossier. «Je ne comprends pas leur refus de favoriser plus de transparence et je me demande ce qu’ils ont à cacher.»
Colère et déception
Pendant la période de questions du conseil, avant le vote, Elsie Lefebvre a demandé aux élus de se positionner publiquement, chose qu’ils n’ont pas appréciée. Le débat a ensuite dérapé à un point tel qu’Anie Samson, comme présidente d’assemblée, a présenté des excuses aux citoyens pour ce spectacle disgracieux.
Selon elle, la motion comprenait des propositions qui n’avaient pas été discutées entre élus et que la façon de faire de Mme Lefebvre était un manque de respect à leur endroit. «Je sais que, politiquement, c’est plus payant de le faire publiquement, mais ce dossier-là est encore en cours. Quand on prendra notre décision, elle sera mûrie et réfléchie», a lancé Mme Samson.
De son côté, Mary Deros, conseillère pour le Parc-Extension, se sentait très mal à l’aise. «Nos citoyens m’ont dit qu’ils ne veulent pas venir ici pour voir de la chicane. Je souhaite retourner à cette façon de faire où l’on gagne des points politiques sur le terrain, pas au conseil… C’est monstrueux», a-t-elle conclu.
Le conseiller Frantz Benjamin, conseiller pour Saint-Michel a réagi lorsqu’Elsie Lefebvre a demandé à tous les élus de se positionné sur sa motion pendant la période des questions. «On ne fait pas de politique à coup de menace et de chantage. Je déplore cette nouvelle façon de faire de la politique», a-t-il dit en ajoutant que cette façon de faire étant un manque de respect pour les citoyens présents.
Elsie Lefebvre a alors répliqué qu’elle n’avait pas de leçon à recevoir d’eux. «Je ne vous manque aucunement de respect en voulant débattre devant la population. Si on veut partager les débats avec le reste de la population, il y a des espaces démocratiques pour le faire.» Elle croit qu’il est normal d’avoir des opinions divergentes au sein d’un même conseil et que les élus aient parfois des échanges vigoureux.
La conseillère de Villeray se dit isolée, elle croit tout de même que la collaboration sera au rendez-vous aux tables de travail. «Elle s’isole elle-même à cause de ses actes», pense Anie Samson. Elle rappelle qu’il existe une entente tacite au conseil depuis 2005. Après une forte mobilisation citoyenne, les élus se sont entendus pour parle de dossiers locaux au conseil d’arrondissement. «Les attaques politiques c’est au conseil municipal» précise le maire.