Valérie Plante rêve d’un réseau express de vélo
L’aspirante mairesse, Valérie Plante, s’est engagée à créer un Réseau express vélo (REV), complètement sécurisé, dans les rues de la métropole au cours de son éventuel premier mandat.
La chef de Projet Montréal envisage de mettre en place sept lignes, avec la création annuelle de 35 km de pistes, pour un total de 140 km d’ici 2021.
«Il y aurait moins de peinture et beaucoup plus d’infrastructures», a clamé vendredi Valérie Plante, en faisant référence au plan vélo dévoilé deux semaines plus tôt par l’équipe de son adversaire, Denis Coderre. Alors que ce dernier mise notamment sur 50 nouveaux km de pistes chaque année, avec parfois un simple marquage au sol ou en favorisant le partage de la chaussée entre cyclistes et piétons, Projet Montréal annonce miser «beaucoup plus sur la qualité que la quantité».
«On veut s’éloigner du concept de rajouter des kilomètres et de la peinture à tout prix, on ne sécurise pas un réseau comme ça et on ne rassure pas les gens craintifs», a ajouté la responsable vélo du parti et conseillère dans le Plateau–Mont-Royal, Marianne Giguère.
Ce REV, a expliqué Projet Montréal, viserait à améliorer les axes nord-sud et est-ouest avec des pistes qui seraient entièrement sécurisées et éventuellement unidirectionnelles. Il ciblerait principalement les utilisateurs de vélo pour aller travailler et serait également ouvert durant l’hiver.
«On veut aussi chercher les gens dans quartiers enclavés, aller à Tétreaultville, LaSalle, Saint-Michel et pourquoi pas vers l’aéroport, a détaillé Marianne Giguère. Il faut chercher un bassin de population qui ne pourrait pas se déplacer autrement qu’en voiture, ou qui prend des transports en commun déjà très engorgés.»
Même si on peut imaginer, dans le plan fourni par le parti, qu’un tel réseau pourrait éventuellement emprunter les rues Saint-Denis ou Notre-Dame, les détails du tracé restent néanmoins encore flous. En cas de victoire électorale, Valérie Plante compte préalablement «consulter» la population pour définir «le meilleur tracé, la meilleure largeur et les meilleurs détails». «Je n’imposerai rien», a-t-elle assuré.
Du côté de Vélo Québec, cette proposition est vue d’un bon œil. «Ça existe en Europe et c’est vraiment une bonne idée d’avoir ce que j’appelle des vélos-boulevards», estime la directrice de l’organisme Suzanne Lareau, avant de souligner les idées émanant de Projet Montréal et Équipe Coderre.
«Les deux partis font des propositions intéressantes et plus on parle de vélo, plus on est enthousiaste. On veut que tous les partis politiques se préoccupent de ce sujet, reprend-elle. On manque d’axes structurants à Montréal pour se rendre au centre-ville et il faut prendre au sérieux cette nouvelle réalité des déplacements, même si on sait que ça prendre du temps avant de changer le visage de la Ville.»
Projet Montréal a également présenté le coût de ces mesures en cas de succès dans les urnes. Près de 25M$ seraient consacrés, durant les 10 prochaines années, pour la construction de ce REV, mais aussi pour la consolidation du réseau local ou encore pour ajouter des supports à vélo, notamment dans le centre-ville. Du côté d’Équipe Coderre, un investissement de 150M$, au cours des cinq prochaines années, a été promis.
