Ahuntsic-Cartierville
16:19 30 juillet 2020 | mise à jour le: 30 juillet 2020 à 16:22 temps de lecture: 4 minutes

Fort achalandage sur les voies cyclables et piétonnes de Montréal

Fort achalandage sur les voies cyclables et piétonnes de Montréal
Photo: Josie Desmarais | MétroLe responsable de la mobilité et de l'urbanisme au comité exécutif, Éric Alan Caldwell.

Les nouvelles voies cyclables et piétonnes mises en place par l’administration de Valérie Plante cet été dans le contexte de la pandémie du coronavirus connaissent un fort achalandage, selon des données présentées jeudi par la Ville.

L’administration municipale a présenté jeudi un premier bilan des voies actives sécuritaires (VAS), dont le plan d’aménagement a été annoncé à la mi-mai. À l’origine, celui-ci prévoyait la création cet été de 200 km de voies piétonnes et cyclables temporaires afin de faciliter le respect de la distanciation physique par les Montréalais dans le contexte de la crise du coronavirus.

Depuis, la Ville a dû s’ajuster à de nombreuses reprises alors que certains de ces aménagements ont soulevé la grogne de plusieurs résidents et commerçants. Elle a notamment reculé sur la piétonnisation de la rue Fleury Ouest et accepté de réviser le réaménagement d’une partie du boulevard Saint-Laurent. Le réaménagement de la rue Notre-Dame Ouest soulève aussi la colère de plusieurs commerçants.

Fort achalandage

Deux mois et demi après l’annonce de ce plan, l’administration Plante a toutefois dressé un premier bilan «très positif» quant à l’utilisation des VAS. À sa demande, l’organisme Éco-Compteur a comptabilisé une série de données sur l’achalandage qu’ont connu ces voies cyclables et piétonnes.

L’organisme a ainsi constaté une hausse moyenne de 36% de l’achalandage des pistes cyclables existantes qui ont fait l’objet d’un élargissement dans le cadre de ce plan. Un pourcentage qui grimpe à 52% sur la piste cyclable de la rue Rachel à 90% à un compteur situé sur l’avenue Christophe-Colomb, par rapport à 2019.

Pendant ce temps, la circulation automobile a chuté de 20%, a souligné en conférence de presse à l’hôtel de ville le responsable de la mobilité au comité exécutif, Éric Alan Caldwell.

«Avec la baisse de l’achalandage du transport routier et celle du transport en commun, on aurait pu penser qu’il y aurait eu une baisse aussi dans les autres modes de mobilité, bien ce n’est pas le cas», a souligné M. Caldwell.

«Visiblement, à Montréal comme ailleurs dans le monde, les modes de transport actifs ont été adoptés par la population.» -Éric Alan Caldwell, responsable de la mobilité au comité exécutif

Pas au centre-ville

Le bilan fait toutefois état d’une baisse d’achalandage dans les pistes cyclables du centre-ville. Le compteur situé à l’intersection des rues University et Milton note notamment une baisse de 57% du passage de cyclistes par rapport à la même période, l’an dernier. Une situation qui fait notamment écho à la faible présence de travailleurs dans les tours à bureaux du centre-ville et à l’annulation de la plupart des grands événements culturels et sportifs qui devaient y avoir lieu cet été.

«Dans le contexte où il y a moins de travailleurs qui se rendent au centre-ville, c’est une baisse à laquelle il fallait s’attendre», analyse le directeur d’Éco-Compteur, Jean-François Rheault.

La Ville n’a d’ailleurs présenté aucune donnée concernant l’achalandage de la rue Sainte-Catherine Ouest, qui est réservée aux piétons la fin de semaine cet été.

Rues piétonnes

Le bilan présenté jeudi fait aussi état de la popularité de plusieurs artères commerciales devenues piétonnes. En haut de la liste, on retrouve l’avenue du Mont-Royal, qui aurait accueilli environ 15 000 piétons par jour pendant la première semaine de juillet, suivie de l’avenue Wellington, où ce ce chiffre atteint environ 12 000.

«De façon générale, les chiffres démontrent qu’il y a plus de circulation piétonne que ce qu’il y avait quand on permettait la circulation automobile. Ce qui nous manque, ce sont les impacts sur les ventes», a réagi à Métro le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) de l’avenue du Mont-Royal, Claude Rainville. C’est d’ailleurs là que réside la principale critique de l’opposition officielle concernant ce bilan.

«Je veux entendre parler de chiffres d’affaires, pas d’achalandage qui ne se traduit peut-être pas par des ventes accrues», déplore le leader adjoint de l’opposition officielle, Francesco Miele.

La Ville assure qu’elle oeuvre actuellement à colliger de telles données, qui devraient être présentées dans les prochains mois.

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