Une bonne raison de voter pour Coderre
À la veille des élections municipales, tout porte à croire que les Montréalais mèneront sans grand enthousiasme Denis Coderre à la victoire. Et par une forte majorité, si l’on en croit les sondages. Comme le dit si bien le DGEQ dans ses publicités : «On a tous nos opinions; aux élections municipales, il faut aussi les exprimer.» En fin de campagne, on serait tentés de penser que nos opinions politiques se forgent hélas de la même façon que notre opinion sur la couleur des décors du Choc des générations.
Symptomatique du cynisme ambiant ou de la paresse citoyenne, la meilleure réponse que j’aie entendue jusqu’à maintenant pour justifier un vote à Denis Coderre fut : «Les autres, j’les connais pas.» Je sais que la participation citoyenne, c’est important et qu’on n’a pas à évaluer la capacité de chaque électeur à faire un choix éclairé, mais veut-on vraiment avoir une opinion, n’importe laquelle, pour le principe?
Surtout, avez-vous vraiment envie de vous exprimer au sujet de la personne qui devrait être le prochain maire si votre seul critère de sélection est «y a l’air smatte»? Si Denis Coderre est la seule personne que vous connaissez, donner votre avis vous démange-t-il tant que ça? Avez-vous un réel sentiment d’urgence de voter contre ceux que vous ne connaissez pas? C’est quand même pas une marque de céréales ou un chanteur populaire qu’on veut, c’est un maire.
Comme plusieurs, j’ai été séduite par la campagne virale du DGEQ mettant en opposition la futilité des nombreuses choses sur lesquelles on s’exprime et l’importance d’aller voter, droit dont trop peu se prévalent. Sympa comme campagne, mais le DGEQ ne devrait-il par nous inviter à nous informer plutôt qu’à nous exprimer en disposant de la même quantité d’information qu’il en faut pour critiquer la coiffure de Marie-Mai sur Twitter?
Je sais que le succès des campagnes publicitaires se mesure en chiffres et j’imagine qu’un taux de participation à des élections se chiffre mieux qu’un degré de probité, mais pour donner vraiment le goût aux gens d’aller voter, le DGEQ ne devrait-il pas nous convaincre que plus on en sait, plus il paraît nécessaire de voter? Il me semble que la connaissance est un moteur plus naturel à la participation citoyenne que l’absurdité.
Et puis bon, pour quelle autre raison que la notoriété voudrait-on voter pour Denis Coderre? Certainement pas pour son filtre.
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.