Omertà, la loi du succès
Après son triomphe dans les années 1990 et une pause de plus de 10 ans, la populaire télésérie revient sous forme de film. Pour l’occasion, Michel Côté enfile de nouveau le costume de Pierre Gauthier, René Angélil se fait mafioso, et Luc Dionne en profite pour réaliser son premier Omertà.
- Michel Côté: le téméraire
Quel plaisir de retrouver Pierre Gauthier!
Il n’a pas changé, hein? Il aime ça, être au front! Ah! C’était le fun à faire! On aime ça jouer aux cow-boys, nous les gars!
Quand on vous a proposé de rejouer ce rôle, vous avez dit oui tout de suite?
Ben oui! Quand Luc Dionne t’appelle pour te proposer un quatrième Omertà – parce qu’au départ, ça devait être une série –, tu réponds : «Oui! Mets-en! N’importe quand!» Après, quand j’ai su qu’avec les coupures de budget, il fallait faire un film plutôt qu’une série, j’avoue que ça m’a un peu déçu, car j’aurais aimé qu’on ait plus le temps de rentrer dans la vie de Pierre Gauthier, de développer davantage le personnage.
Je me suis récemment replongée dans les vieux épisodes d’Omertà. Dans le premier, vous parliez dans un téléphone cellulaire qui était gros comme votre avant-bras! En visionnant le film, on voit à quel point la technologie a évolué, non?
Oui, c’est techno au boutte, on filme avec les téléphones intelligents et tout ça! Mais la technologie, c’est un aspect qui a toujours été important dans la série. Dans les premières saisons, on avait des caméras dans nos lunettes, je mettais des micros dans les prises électriques – on utilisait la fine pointe de ce que la police avait à l’époque.
Dans le film, vous avez de belles cascades.
Oui! Il a fait chaud et c’était long! Mais je ne me plains pas, parce que c’est très agréable. J’ai toujours dit à mes enfants : «Choisissez des métiers dans lesquels vous serez heureux. Parce que, si vous n’êtes pas à la bonne place, vous allez trouver le temps long…!» Nous, les acteurs, on est censés être à la bonne place. On est privilégiés de tourner. Même si on travaille fort!
Votre personnage dit : «On ne voit jamais ce qu’on pense qu’on voit». Vous le croyez vous aussi?
Oui! C’est une belle phrase à laquelle beaucoup de gens devraient réfléchir. Ne pas juger en fonction de l’apparence, c’est si important! Vivez donc votre vie du mieux que vous le pouvez avec les gens qui vous entourent. C’est tout ce qui compte.
- René Angélil: le parrain
Comment avez-vous trouvé l’expérience cinématographique?
Oh! Moi, j’ai eu du fun! C’est une expérience que je ne pourrais peut-être plus jamais revivre. C’est Céline qui m’a convaincu d’accepter le rôle! Quand Denise Robert et Luc Dionne sont venus à la maison pour me proposer le projet, je n’étais pas là. Ils ont persuadé Céline en lui disant qu’ils avaient besoin de quelqu’un avec une certaine prestance, avec un look de parrain qui impose le respect et que j’étais le gars parfait. Céline m’a dit : «À l’âge que t’as, t’as fait ben des choses dans le show-business, mais tu n’auras jamais l’occasion de jouer avec des acteurs aussi bons! Tu devrais le faire!» Après, je me suis dit : «Il ne faut pas que j’aie l’air fou!» Alors, j’ai appris mon texte vraiment à l’avance. Denise Robert a aussi été assez gentille pour m’envoyer une «coach». Je ne voulais vraiment pas avoir l’air fou à la première répétition…
On dirait que vous êtes né pour ce rôle de chef de la mafia…
À l’extérieur, je suis pareil, oui. Mais pas à l’intérieur!
- Luc Dionne: le créateur
Vous avez écrit tous les Omertà, mais c’est la première fois que vous réalisez un «épisode»… Vous l’avez fait en pensant à un public en particulier ou pour vous faire plaisir?
Il faut que je précise d’abord que ce n’est pas parce que j’ai été mal servi que j’ai décidé de réaliser ce film. Au contraire! J’ai été très, très bien servi par Pierre Houle et George Mihalka. Mais on fait, d’abord et avant tout, un film pour soi-même. Je ne sais pas trop ce que le public aime ou pas. Comme je suis moi-même assez bon public, je me dis que ce que j’aime, ça risque d’intéresser les gens aussi.
Une fois de plus, la musique occupe une grande place dans votre projet. Vous refaites d’ailleurs équipe avec Michel Cusson, qui a composé la musique de la télésérie…
Oui! Je me souviens qu’à l’époque, on m’avait demandé : «C’est vous qui avez écrit Omertà?» J’avais répondu : «Non monsieur, moi j’écris les paroles sur la musique de Cusson!» C’est encore le cas. Et je trouve que Michel s’est réellement surpassé cette fois!
Vous situez l’histoire dans de somptueux intérieurs et des maisons incroyables. Ces décors ont-ils été amusants à dénicher?
Écoute, après avoir fait Monica la mitraille, dont l’action se déroule dans les années 1960, Aurore, dans les années 1930, et André Mathieu [L’enfant prodige], dans les années 1940, je me suis dit : «Ça serait l’fun que je ne sois pas obligé de m’inquiéter d’un poteau de téléphone!» Alors, je me suis payé la traite. Toutes les maisons sont vitrées et situées au bord de l’eau. C’était extraordinaire!
Omertà
En salle mercredi