Célébrer la différence avec La soirée
«On ne veut pas que les gens croisent leurs bras et leurs jambes et restent assis gentiment. On a besoin qu’ils fassent partie de l’expérience», ordonne Brett Haylock. Le maître de cérémonie de La soirée a parlé.
Comme tous les artistes qui font partie de La soirée, Brett Haylock se montre à la fois charmant, ouvert et très drôle. Contrairement à bien des créateurs qui aimeraient qu’on écoute leur spectacle en applaudissant poliment, maître Haylock, à la fois producteur, directeur artistique et hôte du spectacle, exige que, pendant le sien, les gens boivent, rient, crient et hurlent.
«L’expérience débute dès qu’on ouvre les portes, dit-il. Il n’y a pas de quatrième mur. On compte sur les spectateurs pour mettre de l’ambiance aussi! Car chaque représentation est différente. Et unique.»
Haylock et ses comparses, tous plus attachants les uns que les autres, ont charmé Montréal en 2006 et en 2007 avec La clique. Ils sont de retour dans La soirée. Ce spectacle, que Haylock qualifie de «petite sœur de La clique», porte drôlement bien son nom. Car c’est une soirée avec un grand S (sexy, suave, singulière et séduisante) que nous font vivre les artistes. Eh oui, tout est possible durant les deux heures que dure ce cabaret. Même Haylock, qui a pourtant vu les numéros des centaines de fois, soutient qu’il ne cesse d’être surpris par le show. «C’est comme au tout début, dit-il. Ça me fait sourire à tous les coups!»
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Son rôle d’«homme hospitalier», Brett le voit comme celui d’un chef. De cuisine, s’entend. «Je prends les ingrédients, puis je les mélange et je les laisse mijoter afin d’en arriver au produit final, explique-t-il. Cela dit, ç’a toujours été clair que, moi, je ne suis pas dans le spectacle. Que je suis là pour accueillir les invités, les mettre à l’aise et faire en sorte que tout le monde soit fin prêt à vivre l’expérience.» Et justement, comment se prépare-t-on à vivre une Soirée? «Il faut être ouvert», répond-il.
Pour conclure, Brett Haylock confie que c’est un peu malgré lui qu’il occupe aujourd’hui ce chouette poste qui est le sien. «Je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle j’ai pris un jour ce chemin; je ne viens même pas d’une famille circassienne! s’étonne-t-il. Je ne sais pas non plus pourquoi la vie nous a tous rassemblés ainsi. Mais ce qui est intéressant, c’est que tous les performers qui font partie de notre troupe ont la même vision de la vie. Ils ont tous commencé leur carrière dans l’underground, que ce soit dans les clubs queer de Londres ou dans les rues. Tout le monde est différent et, plutôt que de la renier, La soirée célèbre cette différence.»
Chic Soirée
C’est vraiment une bonne Soirée à laquelle nous convient les artisans de ce cabaret.
Ça commence tout en paillettes et en voix, avec Le Gâteau chocolat, une diva toute d’or vêtue qui nous chante ses airs d’opéra dans un nuage de fumée à l’effet très dramatico-romantique.
Puis on a droit à un numéro des English Gents, mettant en scène deux parfaits gentlemen en costume qui font des acrobaties épatantes. Exemple : un d’entre eux arrange tout bonnement sa cravate, ou lit son journal, pendant que l’autre se tient en équilibre sur une main… et sur sa tête.
On est aussi séduit par Bret Pfister, un jeune acrobate qui offre un numéro de trapèze new-wave au son de Touch Me. Very sexy.
Et puis, il y a Nate Cooper, un équilibriste qui n’a absolument aucun équilibre, et Ursula Martinez, qui signe un streap-tease amusant durant lequel elle fait disparaître, puis réapparaître, puis disparaître à nouveau son petit mouchoir rouge. Hop!
C’est rythmé, marrant, différent et attrayant. Bref, c’est une bien belle Soirée.
La soirée
À l’Olympia
Jusqu’à dimanche