Full Flex Express Tour, un train d’enfer
La charismatique Grimes, de son vrai nom Claire Boucher, surfe sur une superbe vague depuis la sortie de Visions, son troisième disque solo. À partir de vendredi, elle parcourt le Canada en train avec Skrillex, Diplo et compagnie dans le cadre du Full Flex Express Tour. Elle nous en donne un petit aperçu.
Deux secondes sont suffisantes afin de comprendre pourquoi en plus de tant aimer Grimes-la-musicienne, tout le monde aime Claire-Boucher-la-fille. Sympathique et énergique, celle qui crée une synth-pop inclassable et éthérée dégage instantanément une impression de gentillesse.
Aujourd’hui, avec les grands noms de la scène électro que sont Skrillex, Diplo et quelques autres, l’artiste vancouvéroise basée à Montréal embarque à Toronto à bord de la tournée Full Flex Express, qui s’arrêtera également au parc Jean-Drapeau ce dimanche. Une tournée pancanadienne – en train! – qui se veut un hommage au Festival Express Tour ayant suivi une route similaire en 1970 avec Janis Joplin, les Grateful Dead et The Band à son bord. «J’avoue que je n’ai pas trop lu au sujet de la tournée originale, mais ma mère m’a dit que c’était quelque chose de gros. Elle m’a fait : “Claire! C’était un événement his-to-ri-que!”» s’amuse la jeune femme.
Depuis la parution – et l’excellente réception – de Visions, son troisième disque solo, la musicienne vit à 100 à l’heure. Ce qui a changé le plus dans sa vie déjà mouvementée? «Les concerts, répond-elle d’emblée. Avant, quand je jouais, je me répétais souvent : “Il faut que tu fasses tes preuves parce que personne ne te connaît, que tout le monde s’en fout et qu’absolument tous les spectateurs sont là uniquement pour voir le groupe qui va jouer après toi.” Mais là, ça va mieux!» résume-t-elle humblement.
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Il faut dire que la vie sur la route suppose aussi les soundcheck, les photos, les entrevues… «Ça peut devenir épuisant à la longue, concède-t-elle. Mais je sens que j’ai besoin de dealer avec des choses plus pénibles. C’est étrange. Mon cerveau a besoin d’accomplir certaines tâches qui s’apparentent à du boulot afin que je ne me sente pas coupable de passer tant de temps à faire de la musique!»
Visions, qui succède aux plus doux Halfaxa et Geidi Primes, est un disque que Claire a conçu sur la route en pensant à la façon dont il sonnerait une fois transposé sur scène. Mais elle n’imaginait jamais qu’elle le jouerait pour une foule aussi grosse que celle qui envahira le parc Jean-Drapeau dimanche. «Quand je pensais à mon public, je pensais à 300, ou à 400 personnes maximum! Jamais à ce qui s’en vient!» s’exclame-t-elle, ébahie.
Après le Full Flex Express – un nom qui la fait rigoler à tous les coups –, Claire Boucher se rendra à New York pour enregistrer du nouveau matériel et y donner quelques shows. Elle s’envolera ensuite pour le Japon («J’ai trop, trop hâte!») pour s’y produire en live. En prévision de sa séance d’enregistrement new-yorkaise, elle prévoit se plonger dans les mêmes conditions extrêmes que pour la création de ses précédents disques. À savoir : en solitaire, dans le noir, enfermée chez elle pendant plusieurs jours d’affilée. «J’essaie de trouver une chambre pas trop chère à louer pour pouvoir procéder ainsi!»
Mais en attendant, pour dimanche, elle nous promet une prestation éclatante. «Je vais avoir des danseuses, une machine à bulles et une autre machine à fumée rose! Bref, je vais essayer de remplir l’immense scène. J’avoue que le défi me fait un peu peur… mais avec un peu de chance, ce sera nettement plus amusant qu’épeurant!»
Le Full Flex Express
Au parc Jean-Drapeau
Ce dimanche, dès 13 h