Culture

Total Recall: Kate Beckinsale, la méchante

Photo: Michael Gibson/Columbia Pictures
Ned Ehrbar - Metro World News

La vedette de Total Recall nous parle de la manière d’entrer dans la peau d’un personnage de vilain et de l’obligation de répondre aux sempiternelles questions sur son âge. Elle ajoute également qu’elle compte cesser de raconter des anecdotes salaces dans les talk-shows.

Vous avez dit que, même si vous jouez la méchante dans ce film, votre personnage croit qu’elle est l’héroïne.
Le fait est que, si vous jouez un personnage de fou, vous ne pouvez pas le jouer de manière folle. Si vous interprétez un personnage de méchant en vous disant qu’il sait être un vilain, vous finirez par tourner votre moustache entre vos doigts et par tomber dans ce genre de clichés. Je pense que les gens qui font des choses que les autres jugent mauvaises croient agir de façon correcte. Et je crois que mon personnage est également perturbé par sa propre situation, qui est celle d’une femme talentueuse et très entraînée qui se voit confier la mission, somme toute assez humiliante pour elle, de jouer aux épouses dociles. Il y a quelque chose d’horrible à ce que ce soit son travail.

Ça doit être exaspérant, pour quelqu’un ayant ces qualités et cette formation, d’être une femme à la maison.
Absolument, et de devoir avoir des relations sexuelles avec cet homme – qui est finalement sans envergure – et de lui préparer son souper. Ça me rendrait folle, et je ne suis même pas une super-agente! Je détesterais ça.

J’ai remarqué que, dans vos tournées promotionnelles, on vous pose souvent les mêmes questions, notamment au sujet de votre âge.
Un journaliste m’a déjà demandé si je ne rêvais pas de jouer des rôles comme Maggie Smith? Mais quelle question! N’a-t-elle pas 87 ans? Je suis retournée à ma chambre en me disant : «Est-ce qu’on demande à Colin s’il rêve de jouer les rôles de Mickey Rooney?» Est-ce que ça arrive? Probablement pas. Je dois dire que c’est là une obsession que je retrouve fréquemment dans la presse, alors que la question ne m’est pour ainsi dire jamais posée dans d’autres circonstances. Ça me choque quand elle ressurgit dans des situations mondaines et que je constate combien ça obsède les gens.

Devoir répondre sans cesse avec élégance et humour aux mêmes questions est l’aspect ingrat de la vie d’une actrice. Comment composez-vous avec cela?
Je ne sais pas si je suis si bonne que ça pour composer avec cette réalité, parce que la plupart du temps, j’ai l’impression d’être beaucoup trop honnête. J’entends fréquemment parler de séminaires auxquels les autres acteurs ont participé pour savoir comment faire face à tout cela, mais personne ne m’y a jamais invitée. De toute façon, il est trop tard maintenant pour ça. Ma façon de faire est d’être ouverte et de considérer une entrevue comme une conversation que j’aurais avec n’importe qui, mais je ne sais pas si c’est la meilleure façon de procéder.

C’est sans doute un peu naïf. Ce qui me fâche, c’est de prendre mon temps pour réfléchir à une question et d’y répondre, pour voir quelque temps après mes propos condensés en une sorte de synthèse grossière, qui me suit ensuite partout comme s’il s’agissait de choses que j’avais dites comme ça, sans y penser. Et souvent, les questions avec lesquelles j’ai le plus de mal à composer sont, vous savez : «Quel est votre routine beauté?», «Quels soins pour le visage utilisez-vous?» et des tas de choses qui ne m’intéressent pas le moins du monde et dont je n’ai évidemment pas envie de parler à tout bout de champ. Et tout cela est présenté comme si j’étais entrée dans une pièce pour déclarer : «Je dois vous dire que je fais sans cesse du yoga et que je bois beaucoup d’eau.»

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Anecdotes salées
Kate Beckinsale ne craint pas d’être salace quand elle raconte ses anecdotes, comme le prouve son passage plus tôt cette année au talk-show de Conan O’Brien, où elle a raconté avoir déjà dissimulé un «énorme» godemiché dans les bagages de sa mère.

«Ma maquilleuse m’a offert pour Pâques, je ne sais pas trop pourquoi, un énorme godemiché en caoutchouc, nous a répété Kate Beckinsale. Tout d’abord, je l’ai caché dans ma roulotte pour que ma fille ne tombe pas dessus. Puis, je me suis dit que j’allais simplement le mettre dans le bagage à main de ma mère quand elle irait à l’aéroport et que ça l’amuserait peut-être. Je dois vous dire que ma mère est très Anglaise et a 64 ans. Quand j’ai raconté ça à ma maquilleuse, elle a été horrifiée et s’est exclamée : “Tu dois l’appeler dans sa voiture.” Puis il y a eu ce moment vraiment bizarre où j’ai dit à ma mère au téléphone : “Je suis désolée, maman. Regarde dans ton sac.” Elle a répondu : “Mon Dieu, Kate. Je ne peux croire que tu aies fait cela. Que vais-je faire de cette chose?”»

L’actrice s’étant tue à ce stade de son histoire, nous avons bien été obligé de lui demander ce que sa mère avait fini par faire de l’article en question. «Eh bien, je crois qu’elle l’a jeté dans une poubelle de l’aéroport de Montréal. Je pense que c’est là qu’il languit depuis ce temps», nous raconte Kate Beckinsale en s’efforçant de ne pas pouffer. Puis, elle ajoute qu’elle évitera désormais les anecdotes sur les jouets sexuels. «J’ai ma leçon, déclare-t-elle. Il ne faut pas trop raconter ce genre d’histoire, sinon les gens pensent qu’on est fétichiste et se demandent : “Pourquoi n’arrête-t-elle pas d’en acquérir? Pourquoi en a-t-elle autant?”»

Lire aussi l’article : Un Total Recall sans Arnold

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