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Koriass: le goût du risque

Photo: 7ieme ciel records

«Pour être un bon rappeur, il faut être un bon showman», affirme Koriass. Le charismatique artiste, qui réunit ces deux qualités, nous a piqué une jasette avant son passage à Jean-Drapeau, ce week-end.

Vous produire à Osheaga, c’était un espoir, une surprise…?
C’était inattendu! Ce n’est pas le type de festival qui se prête tellement à ce que je fais. C’est davantage un festival indie-rock, même s’il y a du hip-hop de façon marginale. Donc, je suis content d’en faire partie, et je vais essayer de livrer la marchandise!

Vous qui aimez beaucoup Eminem, avez-vous assisté à son passage au festival l’an dernier?

Non! J’étais trop occupé… Ça m’a fait un petit pincement au cœur parce que n’importe quel rappeur de mon âge a été influencé par lui. Mais il paraît que c’était épique!

Vous dites parfois que les artistes hip-hop québécois n’ont pas la complicité des grands médias. Trouvez-vous que c’est en train de changer un peu? Lentement? Sûrement?
Oui. Je pense que les gens sont de plus en plus habitués à entendre du hip-hop. C’est quand même un des styles musicaux les plus consommés dans le monde! C’est rendu beaucoup plus accepté qu’avant, même si ici, on est un peu en retard sur le reste du monde. Mais ça s’en vient. (Rires)

Vous avez commencé à écrire à 14 ans et ça fait presque autant d’années que vous êtes dans le milieu. Sentez-vous que votre carrière a démarré d’un coup ou plutôt de manière progressive?
Ç’a été graduel. J’ai fait des erreurs, j’ai essayé des trucs…. Quand je réécoute mon premier album [Les racines dans le béton, 2008], je trouve que c’est un bon produit, que c’est bien fait, mais ce n’est pas nécessairement la carte de visite que j’aurais aimé présenter en premier. Reste que je ne dénigre pas ce que j’ai fait; je ne regrette rien.

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Si vous le pouviez, qu’est-ce que vous changeriez sur votre premier disque?

J’aurais pris plus de risques, comme je l’ai fait sur mon second album [Petites victoires, 2011], qui me ressemble beaucoup plus. Il y a plus d’humour, c’est davantage autodérisoire et cinglant. C’est plus moi!

Vous dites parfois que vous ne voulez pas avoir à composer avec la pression d’être un rappeur engagé. Sentez-vous qu’on vous catégorise comme tel, un peu malgré vous?
C’est sûr que je suis quand même quelqu’un de politisé dans mon quotidien, mais j’aime aussi parler de choses plus éclatées et m’amuser un peu. Je ne veux pas être obligé constamment d’être un rappeur engagé et d’avoir à défendre mes idées sur la place publique. Je n’aime pas beaucoup les étiquettes de toute façon! (Rires)

Qu’est-ce qui fait un bon rappeur, selon vous?
Je pourrais dire la technique dans l’écriture, le flow, blablabla, mais je pense qu’il n’y a rien de plus important que le talent naturel. Et le charisme! C’est très large, mais aussi très sous-estimé, le charisme. (Rires)

Koriass
Sur la scène des Arbres
Dimanche à 15 h 10

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