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L’Homme derrière Miron

Photo: Photo fournie par la production

Rapailler l’homme n’est pas une biographie de Gaston Miron. C’est plutôt un portrait du poète, à travers la vision de 12 auteurs-compositeurs qui ont mis en chansons certains de ses plus beaux poèmes.

L’aventure commence en 2008, lorsque les 12 hommes rapaillés enregistrent leur premier album. C’est Gilles Bélanger, qui avait déjà mis en musique des poèmes de Miron pour la chanteuse Chloé Sainte-Marie, qui est à l’origine du projet : 12 poèmes de Miron, 12 chansons, 12 auteurs-compositeurs-interprètes différents, 12 hommes. Il faut absolument capter ce moment. C’est là qu’Antonio Pierre de Almeida entre en scène. Le directeur photo est mandaté pour tourner les images pendant que les artistes enregistrent leurs chansons. Celui qui connaissait à peine Miron à l’époque est frappé de plein fouet par la puissance de ses mots.

«Miron est un peu entré par la porte d’en arrière, se souvient le réalisateur. Quand je me suis buté aux enregistrements, je me suis dit : wow, c’est quoi ce bonhomme? Donc, je m’y suis intéressé, j’ai lu et j’ai relu.» Almeida suit donc les homme rapaillés lorsqu’ils se produisent en spectacle aux FrancoFolies, en 2009. C’est là que se produit le déclic dans sa tête : il en fera un documentaire. Il est également présent lors de l’enregistrement du deuxième album, en 2010.

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«J’étais quasiment le treizième homme rapaillé, lance-t-il en souriant. Je dirais que 99 % du temps, quand les 12 hommes étaient ensemble, j’étais quelque part derrière, dans l’ombre.» Deux refus à la Sodec et trois ans plus tard, Rapailler l’homme fait son entrée en salle. Une sorte d’alliage entre les mots de Gaston Miron et leur quasi-résurrection, des décennies plus tard.

En plus des séances d’enregistrement des hommes rapaillés, on a accès entre autres à des bouts d’entrevues qu’a données le poète avant son décès, en 1996. Et surtout, à des discussions entre les 12 auteurs-compositeurs. Sur les mots de Miron, sa vie singulière, ses combats.

S’amorce alors une réflexion sur la vie, la famille, l’identité, la langue, l’amour… et les femmes! «On parle beaucoup de femmes. Miron le dit lui-même : on parle beaucoup de mon engagement politique, mais la majorité de mes poèmes aborde l’amour, les femmes. Donc, j’ai voulu ramener ça.»

Le réalisateur, avant tout directeur photo, a su capter de beaux moments d’authenticité entre Louis-Jean Cormier, Martin Léon, Yann Perreau, Michel Rivard et les autres, qui se confient sur ce que le poète allume en eux.

Car en visionnant le documentaire, on se rend compte que le poète est plus d’actualité que jamais. Il suffit de quelques images de Miron en 1970, en pleine crise d’Octobre, suivies de quelques carrés rouges, 42 ans plus tard, pour le réaliser.
Il a dit…
Antonio Pierre de Almeida a su rapailler de magnifiques vers de la plume de Gaston Miron dans son film. En voici quelques-uns.

  • «Hommes
    l’Histoire ne sera peut-être plus
    retenez les noms des génocides
    pour qu’en votre temps vous n’ayez pas les vôtres»
    – Tiré de Demain, l’Histoire
  • «au nord du monde nous pensions être à l’abri
    loin des carnages de peuples
    de ces malheurs de partout qui font la chronique
    de ces choses ailleurs qui n’arrivent qu’aux autres»
    – Tiré de La route que nous suivons
  • «Chaque jour je m’enfonce dans ton corps
    et le soleil vient bruire dans mes veines
    mes bras enlacent ta nudité sans rivages
    où je déferle pareil à l’espace sans bords»
    – Tiré de Au long de tes hanches
  • «je marche à toi, je titube
    à toi, je meurs de toi
    lentement je m’affale de tout mon long dans l’âme»
    – Tiré de La marche à l’amour

Rapailler l’homme
En salle vendredi

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