The Rolling Stones: c’est juste du rock and roll… mais on aime ça!
Samedi soir, dans le cadre du premier spectacle de la tournée 50 and Counting en sol américain, les Rolling Stones ont fait un pied de nez ou plutôt ont tiré la langue, à tous ceux qui disent qu’ils sont trop vieux pour rouler. Retour sur un concert événement.
Lorsqu’on se rend à une prestation du «meilleur groupe du monde», subsiste toujours un doute : en établissant leur playlist, Mick, Keith, Charlie et Ronnie ont-ils décidé de faire totalement plaisir aux fans ou plutôt de se faire davantage plaisir à eux-mêmes? Car, comme toute formation qui se respecte, les Stones rechignent parfois à jouer du vieux stock et s’acharnent un peu à en jouer du récent. Lorsque nous les avons vus à l’occasion de la tournée Bridges to Babylon en 1998, par exemple, le choix des morceaux était fortement marqué par le nouvel album. Tout comme durant la tournée A Bigger Bang, pendant laquelle les crowdpleasers, ou les «chansons qui plaisent à la foule», n’étaient pas toujours aussi présentes. Mais samedi, au Barclay’s Center de Brooklyn, presque tous les titres qui ont été joués tombaient dans la catégorie des «grands succès».
Le prix des billets était ridiculement élevé et, pour une somme absurde, nous avons réussi à obtenir une place tout en haut, dans le pit, à gauche de la scène. Mais on est fan ou on ne l’est pas! «Bienvenue dans la section des télescopes!» criait sans arrêt un joyeux spectateur derrière nous. Eh oui, c’était peut-être haut, mais c’était aussi là que le party était pogné. Et qu’on a pu admirer attentivement le jeu de Keith. Souvent de côté!
Sans s’être fait trop, trop attendre, les légendes britanniques sont apparues vers 21 h sur la scène en forme de langue gigantesque. Puis, les musiciens ont démarré le bal avec un classique de 1965.
«-Hey!
-Hey!
-You!
-You!
-Get off of my cloud!» se sont lancé tour à tour Mick et le public.
Dans une forme olympique, le chanteur a gambadé toute la soirée sur toute la surface de la scène, se laissant aller à son célèbre pointage du doigt, exécutant ses danses du bassin démoniaques et faisant étalage de ses «moves like Jagger», comme dirait Maroon 5. Franchement, c’était épatant. Les nouvelles stars, tel notre Justin Bieber national, devraient vraiment apprendre de ce vieux routier qui aura bientôt 70 ans.
Du côté de Richards, c’était du solide. Il s’est donné en matière de solos, notamment pendant Midnight Rambler. Ron Wood, quant à lui, avait l’air d’avoir retrouvé ses 30 ans. Et Charlie, eh bien, c’était Charlie! Constant, efficace. Le fidèle saxophoniste Bobby Keys était bien sûr aussi de la partie.
Tout au long de la soirée, on a eu droit à des moments de grâce. Mick qui enfile un manteau de poil et devient possédé en chantant Sympathy for the Devil («Ouh! Ouh!» crie la foule). Paint it Black, qui prend des couleurs encore plus sombres lorsque interprétée en live. Keith qui se met au micro pour nous chanter Before They Make Me Run et réinventer, sans trop le vouloir, les paroles de Happy. Jagger qui nous interprète I Wanna Be Your Man, pièce que les Beatles ont donnée aux Stones et à laquelle ces derniers ont infusé sexualité et agressivité. Les garçons qui nous livrent un fabuleux Tumbling Dice… et ainsi de suite, pendant plus de deux heures.
Alors… magique, ce show? Marquant? Mémorable? Oui, oui et oui.
Le programme de la soirée
- Certains des 23 titres interprétés au cours du concert :
- Get Off Of My Cloud
- I Wanna Be Your Man
- The Last Time
- Gimme Shelter (avec Mary J Blige)
- Wild Horses
- All Down The Line
- Miss You
- It’s Only Rock ‘N’ Roll (But I Like It)
- Honky Tonk Women
- Start Me Up
- Brown Sugar
- En rappel : You Can’t Always Get What You Want, Jumpin’ Jack Flash et (I Can’t Get No) Satisfaction