Culture

Bad Religion: garder le feu vivant

Bad Religion: garder le feu vivant
Photo: Corey Perrine/Getty ImagesFormé à Los Angeles en 1980, Bad Religion continue d’arpenter les scènes punk du monde entier

À ce stade-ci de sa carrière, on peut presque imaginer à quoi ressemble le nouvel album de Bad Religion sans même avoir à appuyer sur «Play». Et ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

Depuis 40 ans, les rockeurs de Los Angeles portent le flambeau du punk californien en y injectant une sensibilité pop qui a inspiré de nombreux groupes au fil des années.

Le groupe, qui a récemment été l’une des têtes d’affiche du festival ’77 au parc Jean-Drapeau, a fait paraitre cet été son 19e album, Age of Unreason.

Métro a profité de l’occasion pour discuter avec Brian Baker, guitariste de longue date du groupe.

Vous avez enregistré avec Bad Religion sous quatre administrations présidentielles différentes. Lorsqu’on est dans un groupe aussi politisé que Bad Religion, est-ce que le processus créatif est nécessairement influencé par le climat politique?

En fait, non. Bizarrement, le processus d’écriture n’a rien à voir avec la politique. Il est certain que le tableau général est marqué par l’état du monde actuel, mais Brett [Gurewitz] et Greg [Graffin] (auteurs des textes du groupe et respectivement guitariste et chanteur) écrivent sur leurs expériences quotidiennes. Il n’y a pas de grand plan. On ne se dit pas: voici, on va faire un album sur Trump. Il y a, bien sûr, quelques critiques légères sur la présente administration, mais ce n’est que le produit de l’ère actuelle et du moment auquel l’album a été écrit.

Donc pas besoin de rentrer un message politique dans la tête des gens?

Exactement. Et il n’y a pas de «timing» particulier. On fait un album lorsqu’on a suffisamment de bonnes chansons pour faire un bon album. Parfois, ça peut se faire rapidement, en un an et demi par exemple. Et dans d’autres cas, comme celui-ci, ça peut prendre cinq ans. Je crois que c’est parce que Bad Religion a le luxe de ne pas avoir la pression de toujours sortir quelque chose de nouveau. Ça nous libère et nous permet de sortir les albums quand nous sommes complètement satisfaits.

«Amener de nouvelles personnes dans le projet injecte toujours une bonne dose d’air frais.» -Brian Baker, guitariste de Bad Religion, à propos de l’arrivée dans le groupe de deux nouveaux membres, Mike Dimkich à la guitare et Jamie Miller à la batterie.

 

 

Vous n’avez donc pas non plus de pression pour faire des tournées, contrairement à certains groupes de la scène punk?

On fait des tournées parce qu’on aime ça. C’est très agréable de jouer de la musique et selon moi, nous sommes encore le meilleur groupe pour jouer les chansons de Bad Religion! On joue le plus de spectacles possible sans que cela perturbe trop nos vies normales, sans que ça devienne un travail. C’est un privilège incroyable de pouvoir faire cela. La dernière chose que je voudrais faire, ce serait de rentabiliser cette expérience et d’en retirer tout le plaisir. Notre calendrier de tournée reflète cette volonté. C’est formidable de pouvoir visiter tous ces endroits que je n’aurais jamais visités si je n’avais pas fait partie de Bad Religion. Je crois que la longévité du groupe s’explique en grande partie par cette volonté d’équilibre entre la tournée et le temps passé à la maison. Il n’y a aucune pression. Ça aide aussi qu’un des membres du groupe [Brett Gurewitz] possède notre maison de disques, Epitaph Records.

Justement, est-ce que les choses sont différentes lorsqu’un des membres du groupe est le propriétaire de votre marque?

À part les blagues que cela suscite, pas vraiment. Peut-être que ça change les choses au sein de l’organisation d’Epitaph. Mais dans notre interaction au sein du groupe, ça ne change rien. Brett fait partie du groupe, comme tout le monde. S’il ne veut pas faire une tournée, il ne la fait pas. Il joue avec nous lorsqu’il a envie, qu’il se sent bien. Je suis très content qu’il soit à la tête d’Epitaph, parce que je crois que c’est la meilleure maison de disques indépendante de la planète. Et ça fonctionne bien.

Est-ce que votre tournée actuelle se compare avec vos tournées des années 1990?

C’est étonnamment semblable. Je crois que nous meilleurs aujourd’hui qu’à cette époque. Nous sommes mieux rodés et plus professionnels. Nous travaillons avec des techniciens qui sont avec nous depuis les années 90. L’équipe est primordiale pour créer un bon spectacle. Ça ne pourrait pas fonctionner sans eux. Certains sont avec nous depuis très longtemps. Nous avons également beaucoup appris en tant qu’humains. Jay Bentley [le bassiste] et moi sommes maintenant sobres, et je crois que ç’a beaucoup à voir avec notre volonté d’avoir une vie équilibrée. Nous sommes meilleurs ainsi.