Soutenez

Malajube: gagner son pari

Marc-André Lemieux - Métro

Qui dit festif, ne dit pas nécessairement ringard. C’est du moins le pari qu’a fait Malajube, l’été dernier, quand il a décidé de pondre un album hop-la-vie. Après les méandres tortueux de Labyrinthes (2009), le groupe souhaitait renouer avec l’esprit sucré de ses débuts. «On y est allé à fond. On n’a pas eu peur de tomber dans le gros cheese. Anyway, ç’a l’air que, plus t’es quétaine, plus tu fais de l’argent!» s’exclame Julien Mineau en entrevue. «On me dit souvent que les paroles que j’écris, c’est n’importe quoi, pis que Mes Aïeux, c’est super intelligent. Mais pour moi, c’est quand c’est trop clair que ça devient quétaine.»

Comme tout bon disque de Malajube, La caverne propose des textes poéti­ques qui ne se laissent pas facile­ment décoder. Rares sont les pièces du groupe qui se révèlent dans toute leur clarté après une seule écoute. Car lorsqu’il a l’impression d’en dire trop, Julien Mineau s’amuse à brouiller les pistes. «Je m’ouvre à fond dans nos chansons, mais c’est tellement imagé que les gens ne peuvent pas vraiment savoir de quoi je parle», dit-il.

À l’occasion, l’artiste abaisse pourtant sa garde. «J’ouvre mon cÅ“ur le temps d’une chanson / Je le referme à clef, je rentre à la maison», souffle-t-il sur les rythmes éthérés de Stridor. «Je me sens souvent comme ça après un show. Tu joues devant 2 000 personnes et c’est l’extase totale : ça danse, ça sue, ça applaudit, ça crie… Pis deux heures plus tard, tu prends ton char, pis tu rentres chez toi ben tranquille dans le silence. Le contraste est bizarre», explique-t-il.

Côté musique, Thomas, Francis, Julien, Mathieu et Julien partageaient la même envie : celle de réduire leurs compositions à leur plus simple expression. Un défi de taille pour une formation friande d’arrangements complexes et touffus.

Le désir de faciliter le passage du disque à la scène a finalement eu raison des vieux réflexes du groupe. Souhaitant présenter en concert des versions fidèles à celles concoctées en studio, Malajube a mis fin à la surenchère d’instruments. Exit piano, violon et autre flûte traversière; le quatuor se contente dorénavant d’une batterie, d’une guitare, d’une basse et d’un clavier. «Pour Labyrinthes, il y avait trop de stock, on ne savait plus quoi choisir. Pour Trompe-l’Å“il, c’était encore pire! dit Mineau.  Je sentais toujours qu’il manquait quelque chose à nos shows. C’est fatigant d’avoir l’impression de ne pas pouvoir rendre justice  à ce qu’on a fait sur disque. Le but, c’était pas de faire quelque chose de plus dull; c’était de faire quelque chose qu’on allait pouvoir reproduire en concert.»

Malajube sait bien qu’il n’étonnera personne en retournant aux airs enjoués qui ont fait de lui un groupe-phare du rock québécois au milieu des années 2000. «On a baigné dans tellement de styles différents. Si on avait voulu surprendre, il aurait quasiment fallu sortir un album acoustico-égyptien!» blague Mineau.

Malajube foulera les planches du La Tulipe les 19 et 20 avril pour souligner le lancement de La caverne. Après coup, le groupe se dirigera vers l’Ontario pour une courte série de concerts. En mai, il parcourra la côte est des États-Unis pour quel­ques spectacles à New York, Boston et Philadelphie.

Comme un igloo
Malajube a enregistré les 10 titres de La caverne l’automne dernier à Morin-Heights. Pendant deux mois, le groupe a élu domicile dans une maison située au centre d’un grand terrain boisé de 25 acres, loin de tout voisin suscep­tible d’être incommodé par le bruit résultant du travail de la formation. «À l’origine, on voulait louer un chalet, raconte Mineau. On en a visité une dizaine, mais les proprios exigeaient tous le calme et le silence. On aurait eu de la misère à enregistrer un album rock dans un resort de chalets.» Au final, le quatuor semble avoir aimé son expérience puisqu’il s’est inspiré de ce studio aux allures d’«igloo géant» pour concevoir la pochette de l’album.

Malajube dans la pub
Le géant mondial Dell a récemment acheté les droits de Montréal -40 0C pour promouvoir sa nouvelle gamme d’accessoires pour ordinateurs portables aux États-Unis. Diffusée depuis quelques semaines, la publicité permet au groupe de jouir d’une belle visibilité chez nos voisins du sud.

Il ne s’agit pas de la première chanson du groupe à figurer dans une pub télé. À l’automne, on pouvait entendre Luna dans un message de Bud Light, une autre entreprise américaine. «Les compagnies québécoises aiment mieux payer un gars à l’heure pour copier nos tounes. Ils inversent un accord pis c’est réglé. Je trouve ça choquant», dit Julien Mineau.

La caverne

En magasin mardi

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.