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New York Times: un an plus tard…

Jessica Émond-Ferrat - Métro

C’est de façon indirecte que le documentariste Andrew Rossi a eu l’idée de consacrer un film au New York Times. Il interviewait alors le chroniqueur Médias du journal, David Carr, pour un autre projet sur les médias sociaux et les avenues alternatives de transmission de l’information à l’heure de l’internet. «C’était quelques semaines après la publication de l’article du Atlantic Magazine voulant que le New York Times puisse faire faillite, se souvient Rossi. La conversation revenait sans cesse au rôle que pourrait tenir le New York Times dans le futur, si, bien sûr, il existait toujours à ce moment.»

C’est donc cette discussion avec David Carr qui a permis au cinéaste de réaliser à quel point le New York Times serait un bon observatoire des médias… et que le chroniqueur serait un excellent «personnage principal». «J’ai toujours trouvé que son histoire personnelle en faisait un bon protagoniste de film – c’est un ancien junkie qui est maintenant un journaliste drôle, plein d’esprit, au verbe acéré», raconte Rossi.

Pour le tournage de Page One: Inside the New York Times, Andrew Rossi a passé un an avec un accès privi­légié au New York Times, à un moment où celui-ci connaissait de grands bouleversements – tout comme de nombreuses autres institutions de la presse écrite. Obtenir cet accès n’a cependant pas été une mince affaire : «Ça a pris environ six mois de discussions et de rencontres, explique le cinéaste. Je crois que ce qui a poussé Bill Keller, l’éditeur du journal à l’époque, à me laisser faire le film, c’est que je voulais observer, et non tenter de prouver quoi que ce soit à propos de l’avenir des médias. Cela a aidé pour que Bill Keller me laisse entrer.»

Pendant un an, il s’est particulièrement intéressé à quatre journalistes de la section Médias: David Carr, le jeune blogueur Brian Stelter, le chef de pupitre Bruce Headlam et Tim Arango, maintenant chef du bureau du journal à Bagdad. Et, question observation, Andrew Rossi en a eu pour son argent : «Pendant que je faisais le film, j’ai commencé à utiliser Twitter de façon plus intensive, et Wiki­­Leaks a émergé pendant l’année de tournage.

Je n’aurais pas pu prévoir la montée de ces deux im­menses forces qui sont devenues si importantes dans notre culture. En tant que documentariste, on ne peut pas vraiment avoir de scénario planifié, alors on espère toujours être au bon endroit au bon moment.»

Page One: Inside the New York Times
En salle dès vendredi

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