Jim Carrey et les vilains pingouins
Même s’il gagne une fortune avec son visage élastique depuis des années, Jim Carrey réussit encore à faire de nouvelles mimiques, quoiqu’elles ne soient pas toujours intentionnelles. «Aujourd’hui, mon visage fonctionne de façon indépendante, confie-t-il. Il fait ce qu’il veut. Parfois c’est approprié, parfois non. À l’occasion, dans la salle de montage, on se dit : « Ce n’est pas humain. Il faut couper cette scène ; des sourcils ne sont pas censés faire cela. Cela va carrément distraire les gens. »»
Après l’interprétation de personnages réels qui nécessitait moins de gymnastique faciale, Jim Carrey revient dans son dernier film aux grimaces qui l’ont rendu (très) célèbre. Mr. Popper’s Penguins (M. Popper et ses manchots) oppose un courtier immobilier obsédé par l’ordre à six nouveaux invités qui se dandinent, incarnés par une combinaison de robots, de doublures générées par ordinateur et de véritables manchots. L’environnement de travail a posé de multiples problèmes. «La température du plateau était tellement froide que je combattais tout le temps une pneumonie, affirme-t-il. Au moins, comme je suis Canadien, je suis un peu habitué au froid. Le pire, c’est que ce n’était même pas pour la santé des manchots. C’est parce que les réalisateurs sont adeptes de la méthode de Stasnislavski et qu’ils veulent que le jeu soit vrai.»
Les conditions loin d’être hivernales à New York n’ont fait qu’accroître la confusion. «On devait ensuite aller dehors, où il faisait entre 24 et 27 °C, avec cinq couches de vêtements et un parka, se souvient-il. Il fallait composer avec ces extrêmes.» Défis d’acteur à part, Jim Carrey avoue avoir constaté une ressemblance entre ses covedettes incapables de voler et lui. «Je crois que nous aimons les manchots parce qu’ils ne sont jamais à leur place, soutient-il. Ils sont branlants et vulnérables. Ce ne sont pas ni des poissons ni des oiseaux.
Je me reconnais en eux, comme beaucoup de gens probablement.» Le retour à une comédie physique a été synonyme de retour à l’enfance pour l’acteur de 49 ans. «Je fais encore des trucs, des petits tours et des choses amusantes que j’ai inventés quand j’avais 10 ans, confie-t-il. Les jeux auxquels on joue lorsqu’on est enfant sont super importants. Je suis tellement chanceux que ma vie n’ait pas été chamboulée avant mes 11 ans, car j’avais beaucoup de jeux et de créativité, laquelle me sert encore aujourd’hui.»
Outre l’interprétation, Jim Carrey a trouvé d’autres exutoires à sa créativité. «Il y a Twitter, dit-il en riant et en secouant la tête. Non. Mais je peins. Je peins beaucoup. C’est une grande passion pour moi. Lorsque je ne joue pas, je me réveille, je bois un café et je prends mon pinceau chaque matin. Ce n’est pas seulement une activité que je pratique sur la véranda.»
Carrey peint la plupart de ses toiles dans son studio de New York. Même s’il est trop gêné pour dévoiler ses œuvres, l’un de ses tableaux est accroché dans l’appartement du personnage qu’il incarne dans Mr. Popper’s Penguins. Il soutient que ce n’est qu’un avant-goût de ce qui s’en vient.
«À New York, je suis en train de peindre une toile qui mesure 4,9 m sur 3,7 m, spécifie-t-il. À vrai dire, c’est une toile à lumière noire. Elle est visible à la lumière du jour, comme une toile ordinaire, mais lorsque l’on allume les lumières noires, tout s’éclaire et les personnages émergent du noir. C’est assez intéressant. Oui, il existe tout un monde que je garde caché, mais que je dévoilerai un jour.»
Mr. Popper’s Penguins
En salle dès vendredi