Simple Plan: éternels ados et fiers de l'être
Les membres de Simple Plan ne s’offusquent pas de l’étiquette d’éternels adolescents qu’on leur accole. Loin de là. «On vit dans un monde où on fait des vidéoclips, où on se déguise pour des photo shoots et où, chaque soir en show, on se pitche
partout, résume le batteur du groupe, Chuck Comeau. Ma job, c’est de frapper sur des cymbales! On est une gang de gars qui voyagent partout sur la planète. On a une licence pour s’amuser tout le temps. La musique, ça te garde jeune.»
Trois ans se sont écoulés depuis la sortie du troisième album du groupe, Simple Plan (2008). Durant cette période, Pierre Bouvier, Sébastien Lefebvre, Jeff Stinco, David Desrosiers et Chuck Comeau ont franchi une étape importante de leurs vies : la trentaine. Pour plusieurs d’entre nous, ce cap fatidique est synonyme de crise existentielle et de remise en question. Pas pour les gars de Simple Plan. Le titre de leur quatrième galette, Get Your Heart On! (un calembour légèrement grivois qui – de leur propre aveu – verse dans l’humour «pipi-caca»), montre leur penchant pour les blagues juvéniles. Et que dire de la pochette du disque, qui les présente comme un boys band cliché tapissant les murs de la chambre d’une adolescente?
«Ça traduit bien l’esprit de l’album, dit le guitariste Jeff Stinco. Cette couverture-là, on n’aurait pas pu la faire pour le troisième album : on n’était pas dans le même état d’esprit, on était dans une phase introspective, on voulait être matures, etc. Cette fois-ci, le mot d’ordre, c’est de s’amuser. C’est là où on en est en ce moment.»
Mixé à Los Angeles et enregistré entre Vancouver et Montréal, Get Your Heart On! s’inscrit dans la même veine que les précédentes offrandes de Simple Plan : une pop punk assumée où les titres rock musclés (Last One Standing, Loser of the Year) côtoient les ballades en puissance (Astronaut, Gone too Soon).
Et un grand nombre de collaborations ponctuent l’album : Rivers Cuomo (Weezer) prête main-forte au groupe sur l’effrenée Can’t Keep my Hands Off You, le rappeur canadien K’naan apporte sa touche à l’accrocheuse Summer Paradise (un hit-en-devenir à saveur reggae) et Marie-Mai pousse la note sur Jet Lag, la première chanson en français du quintette.
«On avait peur d’essayer, confie Chuck. Mais ça fait 10 ans qu’on existe. On a montré à tout le monde qu’on pouvait avoir du succès partout sur Terre. On n’a plus rien à prouver, donc pourquoi pas essayer?»
«Ça faisait une couple de fois que mes parents nous demandaient : « Quand est-ce que vous allez chanter en français? » poursuit-il. J’étais tanné qu’ils m’en parlent, donc on l’a fait!»
Réalisé par le Canadien Brian Howes, connu pour son travail avec Puddle of Mudd et Hedley, Get Your Heart On! compte aussi sur la participation de Natasha Bedingfield (pour la version anglaise de Jet Lag), d’Alex Gaskarth (Freaking Me Out) et d’une chorale composée d’une vingtaine de fans du band. Ceux-ci apparaissent sur This Song Saved my Life, une pièce que le groupe a écrite après avoir lancé un appel à tous sur Twitter. «On a demandé à nos fans : « En moins de 140 caractères, expliquez-nous comment nos chansons vous onttouchés», raconte le bassiste David Desrosiers. Chaque ligne de la toune vient d’un tweet.»
L’idée d’un tel concours est née de la correspondance soutenue que le groupe entretient avec son public depuis la sortie de Perfect, en 2002. «On a réalisé que notre musique avait un gros impact sur nos fans, plus grand qu’on aurait pu l’imaginer, souligne Chuck. On lit souvent des trucs comme: « Vos chansons m’ont permis de traverser une période difficile. » Des fois, tu trouves ça un peu intense. C’est triste de voir que des gens vivent des choses aussi dramatiques.»
Les gars d’à côté
Simple Plan a beau avoir vendu quatre millions d’albums en Amérique du Nord, donné des spectacles à guichets fermés partout sur la planète et pondu plusieurs tubes radio, ses membres gardent la tête froide. «On est les guys next door, dit Chuck Comeau. On n’a pas changé.»
Le succès a peut-être rempli leurs poches; il n’a pas gonflé leurs ego, assurent-ils. Les gars vouent un grand respect à leurs admi-rateurs. Ça se voit en spectacle et ça s’entend en entrevue. «On n’est pas Poison et Guns N’ Roses; on ne s’en fout pas, dit Chuck. Nos fans, on y fait attention. C’est ce qu’on a de plus précieux.»
Bonne fête!
Depuis la sortie de leur troisième album, en 2008, Pierre (32), Jeff (32), David (30), Sébastien (31) et Chuck (31) ont
tous franchi une étape cruciale de leurs vies: la trentaine. En entrevue, par contre, les membres de Simple Plan semblent accorder une plus grande importance à un autre anniversaire, les 10 ans du groupe.
«Ça fait 10 ans qu’on est dans un band professionnellement, rappelle Jeff Stinco. Le fait d’avoir fait le tour du monde et d’avoir eu des relations à longue distance durant toute ta vie adulte, c’est ce qui a le plus d’impact. Ce n’est pas l’âge.»
La formation est toujours restée unie depuis la parution de son premier disque, No Pads, No Helmets… Just Balls, en 2002. Le secret de son succès? «Il faut se parler beaucoup, dit Chuck.
La plupart des bands qui étaient là quand on a commencé ont eu des changements de line-up. Certains d’entre eux se sont séparés. Pour nous, c’est une grande fierté d’être restés ensemble.»