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David: une simple confession

Peut-on poser un regard simple sur le conflit qui divise depuis si long­temps les communautés juives et musulmanes dans le monde? À en croire le réalisateur Joel Fendelman, la réponse est oui. Laissant de côté les questions politi­ques, le cinéaste new-yorkais propose avec David, son dernier long-métrage, la représentation enfantine d’un problème complexe.

Afin de réduire à sa plus simple expression un sujet aussi délicat, Fendelman a choisi de le montrer à travers les yeux de Daud, un jeune musulman de 11 ans. Fils d’un imam, le personnage interprété par Muata­sem Mishal se trouve pris entre les traditions familiales et ses désirs d’enfant le jour où il se lie d’amitié avec Yoav, un Juif de son âge. 

Le premier défi a été de s’assurer de l’authenticité du film. Campé à Brooklyn, où différentes confessions se côtoient chaque jour, le film a bénéficié du support des communautés locales. «J’ai passé un an et demi à Brooklyn, explique le réali­sa­teur. Puis, je suis allé quelques mois en Israël et à Beyrouth, au Liban. Par souci de réalisme, je devais m’imprégner du quotidien des gens et de leur culture.»

Pour le rôle de Baba, un imam strict mais bienveillant, l’acteur Maz Jobrani a profité de la collaboration des habitants du quartier. «Les gens de la mosquée nous ont ouvert leurs portes sans hésiter. Avec l’aide de leur imam, je me suis assuré que mon jeu était conforme aux usages», se souvient Jobrani.

Tout ça sans verser dans les clichés de l’islamis­me. «C’était très important de ne pas oublier le côté humain. Baba est très intransigeant, mais c’est un homme de cœur, comme toutes les personnes que nous avons rencontrées durant le tournage», insiste l’acteur.

Pour éviter les stéréotypes, Fendelman a préféré jouer sur les similarités plutôt que sur les différen­ces. Au fil du récit, on oublie presque les éléments qui séparent les deux communautés tant leurs liens sont étroits.

«Si Daud peut devenir ami avec un groupe de juifs, c’est que leurs pratiques et leur héritage culturel respectifs se ressemblent beaucoup, fait valoir le cinéaste. Malheu­reusement, les identités fortes sont aussi synonymes d’exclusion.»

Un peu ironique, donc, d’apprendre que les deux enfants choisis pour jouer cette difficile cohabitation étaient réticents à travailler ensemble au départ. Issu d’une famille juive très traditionnelle, le jeune Binyomin Shtaynberger (Yoav) était nerveux à l’idée de partager la scène avec Muatasem Mishal (Daud).

«Mais sur le plateau, la tension s’est vite dissipée et les enfants ont fini par s’intéresser l’un à l’autre», confie Fendelman, soulagé que son film ait réussi à abattre certaines barrières. «D’après ce que j’ai su, ils sont maintenant amis sur Facebook!»

David
Présenté vendredi soir au Théâtre Maisonneuve.
Et le 21 août au Cinéma Impérial.

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