Culture
05:34 13 juillet 2021 | mise à jour le: 13 juillet 2021 à 16:14 Temps de lecture: 3 minutes

«Sa parole contre la mienne»: Chrystine Brouillet au cœur des «boys club»

«Sa parole contre la mienne»: Chrystine Brouillet au cœur des «boys club»
Photo: Josie Desmarais/MétroL'autrice Chrystine Brouillet

Ce n’est pas avec un nouvel opus de Maud Graham, célèbre héroïne de ses romans policiers, que Chrystine Brouillet nous revient en 2021. Cette fois, le viol et la domination masculine teintent le roman Sa parole contre la mienne, qui met en vedette une jeune journaliste en quête de vérité.

«J’ai eu peur que le mouvement #moiaussi disparaisse avec l’arrivée de la pandémie et le tsunami qu’elle a engendré, confie Chrystine Brouillet pour justifier le traitement romanesque du sujet. Mais j’ai été naïve, j’ai eu tout faux. Il y a eu beaucoup de dénonciations, j’étais dans l’erreur», se réjouit-elle.

Pour la romancière, il n’y a rien de plus important que de continuer à parler de ces scandales sexuels et des inconduites. Elle souligne d’ailleurs le film du moment, La parfaite victime de Monic Perron et Émilie Perreault.

«Il faut en parler, c’est essentiel. Pour que les lois changent. J’espère que les gens qui font les lois vont le voir», argue-t-elle.

Posture féministe

Chrystine Brouillet est féministe et elle souhaite participer à sa mesure à changer les choses et pourquoi pas, le système. «Je comprends que les victimes ne portent pas plainte. C’est facile de dire qu’il faut le faire, on ne peut pas les blâmer. On a beaucoup de questions à se poser, comme société», exprime l’autrice montréalaise.

«J’ai écrit ce roman dans l’espoir.» -Chrystine Brouillet

Elle s’estime satisfaite de son roman dans la mesure où elle a posé des questions nécessaires. Selon elle, la parole des victimes devrait être mieux entendue. «J’écris pour changer les idées et faire réfléchir à changer des choses. Cela doit rester un moment d’évasion.»

Selon elle, les clichés de la société sont responsables de ces comportements inadéquats ou carrément criminels. «C’est par l’éducation que ça va changer. J’ai envie que mes amies jeunes ne vivent pas ça. Ce n’est pas normal d’avoir peur de sortir le soir dans une ville», illustre-t-elle.

La touche Chrystine Brouillet

On retrouve habituellement dans les romans mettant en scène Maud Graham les plaisirs de la table si chers à sa créatrice. Même s’il y a moins de descriptions de repas et de bonnes bouteilles dans Sa parole contre la mienne, on retrouve la touche de Chrystine Brouillet, comme le petit sachet de tilleul que Myriam, la jeune journaliste, se verse dans sa tasse avec de l’eau bouillante, ou encore les petites bulles d’un bon champagne.

Les plaisirs simples sont aussi au rendez-vous, comme la présence du chat ou la neige fraîchement tombée. Tout cela bien sûr, lorsque le tumulte et les crimes d’ordre sexuel ne sont pas à l’avant-plan de l’intrigue. Sans oublier les scènes qui se passent à Québec, ville d’origine de l’écrivaine.


Une journaliste comme héroïne

Dans ce nouveau roman, Chrystine Brouillet a choisi de mettre de l’avant une jeune journaliste qui fait enquête. Voici pourquoi: «Les journalistes sont les gardiens de la justice. Vous remettez en question les lois, vous interpellez les gouvernements. C’est essentiel à une société démocratique, dit-elle. Vous donnez la parole à des gens qui ne l’ont pas et vous rendez vivantes les histoires des gens.»

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