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Michel Courtemanche: au bord du gouffre

Marc-André Lemieux - Métro

En pleine gloire au milieu des années 1990, Michel Courtemanche a contemplé l’idée du suicide. N’eût été l’intervention in extremis de son entourage, l’humoriste québécois aurait commis l’irréparable alors qu’il se trouvait en France pour une tournée. Fait à mentionner : sur le chemin de l’hôpital, à bord d’un camion de pompiers, il a pris le temps de signer des autographes à des fans en délire qui ne réalisaient visiblement pas le drame qui se déroulait sous leurs yeux.

Le comique relate cette incroyable histoire dans Michel Courtemanche : L’homme qui faisait des grimaces, un documentaire en deux parties dont la première sera diffusée lundi à Canal Vie. Réalisée par Guy Boutin, l’émission lève le voile sur le parcours du célèbre mime, un périple marqué par une ascension fulgurante et une descente aux enfers pour le moins foudroyante. Au-delà des détails croustillants qui auraient fait la joie des journaux à potins de l’épo­que, cette série de deux épisodes vise à démystifier la maladie mentale. Car Courtemanche souffre de troubles bipolaires, une maladie qui touche 4 % de la population et qu’il a héritée de son père.

Tourné au printemps dernier, le documentaire s’ouvre sur des images de Michel Courtemanche, errant dans la ville, la tête enfouie sous la capuche de son manteau, tel Eminem dans 8 Mile. Tout de suite, on entre dans le vif du sujet.

«J’avais beau avoir du succès, je ressentais un malaise», l’entend-on dire à l’écran. Intitulée La rançon de la gloire, la première heure retrace, au moyen de témoignages, la tortueuse odyssée du bouffon : de son enfance tumultueuse à sa cure de désintoxication, en passant par sa réussite professionnelle et ses nuits de débauche. «Je suis parti sur une balloune qui a duré trois ans», dit-il à propos de la période qui a suivi son fameux spectacle au Hangar 16, le dernier de sa carrière, en juillet 1997.

Parmi les amis de Michel Courtemanche qui donnent leurs impressions sur le che­min emprunté par l’artis­te, citons Martin Petit, Michel Drucker, Lise Dion et Claude Legault. «J’ai long­temps cru qu’il allait se tuer», déclare ce dernier à la caméra.

Bien qu’il aborde des thématiques plutôt graves, le documentaire n’est pas lourd et ne verse pas dans le pathétisme, grâce entre autres au sens de l’humour de son sujet principal.

«Moi, je l’ai all dressed en tabarnak!» s’exclame Michel Courtemanche en montrant le cocktail de pilules qu’il doit avaler chaque matin : Lithium, Prozac, Wilbu­trin, testostérone, oméga-3, etc. Aujourd’hui, Michel Cour­­te­manche va mieux. «Je suis un gars extrêmement heureux, mais je roule dans un char qui fonctionne très mal», dit-il en entrevue.

Et quand on lui parle d’un éventuel retour sur scène, le comique se montre catégorique.

«Il n’en est pas question. Je ne serais jamais capable.  J’angoisserais beaucoup trop, affirme-t-il. Cela dit, quand je vois qu’un de mes amis humoristes a le trac avant un show, je le trouve niaiseux!»

Michel Courtemanche : L’homme qui faisait des grimaces
À Canal Vie

Les 17 et 24 octobre à 23 h
En rediffusion les 23 et 30 octobre à 20 h

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