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Cellule 211: les dessous de l'univers carcéral

Qu’est-ce qui arri­verait si une émeute éclatait dans une prison et qu’un nouveau gardien devait se faire passer pour un détenu afin de sauver sa peau?

C’est le point de départ de Cellule 211 qui a remporté un énorme succès commercial dans son pays d’origine, mettant la main sur huit prix Goya (meilleur film, réali­sation, acteur…), l’équivalent des Oscars en Espagne.

Bien que la popularité des essais sur le milieu carcéral ne faiblisse pas ces dernières années, le cinéaste Daniel Monzón voulait à tout prix s’éloigner des Prison Break et Un prophète de ce monde.

«Il n’était pas question de faire d’hommage au cinéma américain, français ou euro­péen, raconte le réalisateur, joint en Espagne. Mon co-scénariste et moi avons travaillé très fort pour que notre film soit spécial et singulier, qu’il offre quel­que chose de nouveau.»

Pour y parvenir, adapter le roman de Francisco Pérez Gandul n’était pas suffisant. Le metteur en scène a voulu s’investir davantage dans le processus de création en faisant des recherches exhaus­tives.

«La vie en prison est loin de toutes les idées préconçues, développées au cinéma et ailleurs. Les gens normaux ignorent ce qui s’y passe. Les détenus ont leurs propres règles, ce sont comme des royaumes au milieu de nulle part… Pour bien en parler, il faut être le plus réaliste possible», explique-t-il.

Et le meilleur moyen d’y arriver, croit-il, est d’aller sur le terrain : «On a parlé à des assassins, à des voleurs, à des gardiens, à tout le monde. C’est grâce à leurs commentaires que j’ai pu élaborer le style du film, son aspect documentaire.»

Le constat qui en ressort ne manquera pas d’alimenter les discussions. Surtout que Daniel Monzón rappelle que l’être humain n’est bien souvent qu’une bête sauvage lorsqu’il est confronté à des situations désespérées.

«On peut être normal et soudainement se transfor­mer face à des évé­nements tragiques qui surviennent… Les spectateurs comprennent les actions du personnage principal et ils réalisent que ça pourrait leur arriver, explique-t-il. C’est quelque chose d’effrayant et d’inté­ressant tout à la fois de savoir que, finalement, on ne se connaît pas tant que ça.»

En attendant Hollywood
Qui dit triomphe populaire et critique, dit souvent remake américain. Cellule 211 n’échap­pera pas à cette règle. La reprise devrait être assurée par Paul Haggis, qui a offert par le passé Crash, In the Valley of Elah et The Next Three Days, qui était déjà une variation sur le film fran­­çais Pour elle.

«C’est un compliment que Paul Haggis s’intéresse à ce projet, déclare le réalisateur Daniel Monzón. Lorsque mon film a été présenté au Festival de Toronto il y a quelques années, un producteur américain m’a demandé si j’étais intéressé à réaliser le remake. Je lui ai d’abord répondu non. Je ne voulais pas me ré­pé­ter et j’étais incapable d’imaginer d’autres co-médiens dans ces rôles.»

Le réalisateur se dit maintenant curieux de voir le résultat final. «Mais pour l’instant, j’ignore à quelle étape est rendu le projet», conclut-il.

Cellule 211
En salle dès vendredi

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