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Antoine Gratton: défense… de chialer!

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Antoine Gratton n’a pas eu trop de difficulté à écrire son quatrième album. «C’est comme sorti tout seul… Il faut dire qu’il y avait du stock à faire sortir! lance-t-il en riant. J’ai vécu des moments difficiles… et je peux dire que j’ai été chanceux, parce que ç’a été bon pour mon écriture.»

Aussi fertile en émotions ait été cette période, le mu­sicien s’est néanmoins interdit de verser dans l’apitoiement. «J’ai toujours fait l’effort de ne pas trop chialer, affirme-t-il. J’essaie de transformer ma peine en quelque chose de positif, par exemple en figurant c’est quoi, l’étape qui suit une peine d’amour? J’en ai profité pour me remettre sur pied.»

Pour la première fois, l’artiste et son éternel complice Éloi Painchaud ont chacun joué un rôle distinct dans le processus de la création de l’opus : Antoine se concentrait exclusivement sur la musique, et Éloi, sur la réali­sation.

«Avant, c’était moitié-moitié, explique le chanteur. On jouait tous les instruments, on réalisait à deux… J’avais envie de chan­ger de dynamique. Je crois que c’est une question de maturité; au début de la vingtaine, quand je commençais à faire des albums, je voulais tout contrôler, être le boss… Là, j’ai un peu lâché prise.»

La défense du titre est, de l’avis d’Antoine, son disque le plus «focussé» jusqu’ici. «Dans la vie, je fais beaucoup de musique, outre la mienne – je suis un peu accro à la scène, alors toutes les excuses sont bonnes pour trouver une façon d’y retourner! rigole-t-il. Je n’ai donc pas de style précis, je touche un peu à tout, et c’est sûr que ça se reflète dans la musique que j’écris. Mais cette fois, je trouve qu’il a quand même une direction mieux définie que ce que j’ai déjà fait.»

Parmi ces projets parallèles qui occupent l’artiste, il y a notamment eu un film, Le divan du monde, dans lequel il a tenu le rôle principal, et dont il a aussi composé la trame sonore. Des passages de cette bande ori-ginale se retrouvent sur La défense du titre sous forme d’interludes musicaux.

«Je trouvais ça un peu dommage que ça finisse là : j’avais tellement plus travaillé sur la musique que sur mon jeu! blague Antoine. Sinon, au-delà de ces pièces, j’ai tendance à écrire d’une façon assez imagée et d’arranger mes pièces de façon un peu cinématographique.»

Ce goût pour tout ce qui est imagé et créatif, on avait pu l’expérimenter avec la série de spectacles sur le thème des cinq sens, inspiré de son album précédent, Le problème avec Antoine. «Cette fois-ci, j’imagine qu’il faudrait que j’aille à l’opposé complètement et que je monte un spectacle très intimiste et épuré», hasarde Antoine Gratton, qui précise qu’en dépit de sa forte attirance pour la scène, il ne compose pas ses disques en fonction de la façon dont ils se traduiront sur les planches.

«J’essaie de m’éloi­gner le plus possible de l’album quand je fais un spectacle, assure-t-il. Moi, quand je vais voir un bon show, j’ai l’impression que l’artiste c’est la première fois qu’il joue la toune, qu’il se surprend. C’est pour ça que je ne fais jamais de mise en scène, je veux m’amuser avec les gens qui sont là à ce moment-là.»

Mais il est encore bien loin, cet éventuel spectacle, puisque pour le moment, Antoine travaille à Miami sur travailler à un projet… dont il ne peut encore pas dire grand-chose. «Ce sont des chansons, mais c’est pas du Antoine Gratton», ré­sume celui à qui les portes des États-Unis se sont ou­vertes il y a quelques mois grâce à un showcase à Los Angeles. Et c’est cool de prêter ta plume à quelque chose de complètement différent de ce que tu es.»

La défense du titre
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