Mix éclectique en ouverture du FME
Mix éclectique en ouverture du Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue jeudi soir, alors que Passwords, Gatineau et Vincent Vallières se succédaient sur la grande scène extérieure au centre-ville de Rouyn-Noranda.
Passwords a sonné la charge à 20h avec son rock psychédélique aux accents brit-punk. Le quintette montréalais a enfilé les titres de son album éponyme paru au printemps pendant une trentaine de minutes, révélant un univers sonore riche et truffé d’envolées instrumentales à l’emporte-pièce, mais dénué de mélodie instantanément accrocheuses, ce qui pourrait expliquer la faible réaction de l’enthousiasme tempéré de la foule.
De son côté, Gatineau a reçu des applaudissements beaucoup plus nourris – mais un peu trop polis – grâce à ses rythmes hip-hop entraînants au possible et ses textes tantôt provocateurs (Dégage), tantôt comiques (Toutes dépenses payées, un hymne aux Tanguy de ce monde), mais toujours savoureux. Fidèle à sa réputation, Séba, alias MC Brutall, s’est montré irrévérencieux en lever de rideau. «On est venu à Rouyn pour baiser les mères des filles!» a-t-il lancé avant d’attaquer l’irrésistible Motherlover. Accompagné d’un claviériste et d’un batteur, le charismatique duo a offert une prestation survoltée marquée par les bombes Karoké King – un hommage très kitsch à Claude François – et Révolutionnaire – un bel exemple de la chimie qui opérait à fond entre le rappeur/beat-boxeur et sa choriste à l’énergie communicative.
Comme il fallait s’y attendre, l’auditoire n’en avait que pour Vincent Vallières, qui s’est pointé le bout du nez aux alentours de 21h30, épaulé par ses fidèles complices, dont Jipé Dalpé à la trompette. Le chanteur n’a pas déçu ses fans qui étaient venus en grand nombre pour le voir. L’auteur-compositeur-interprète de 33 ans s’est montré solide du début à la fin de son tour de chant. Le monde tourne fort, En attendant le soleil, Le temps est long, Café Lézard (beaucoup plus musclé qu’à l’accoutumée), L’amour au coin de la rue (en version acoustique), Février… Vallières a le don de pondre des titres rassembleurs qu’il est impossible d’écouter sans taper du pied. Après une Je n’attends plus rien entonné en chœur avec la foule, le sympathique chanteur mis fin aux célébrations avec l’incontournable On va s’aimer encore, dont les premières notes ont créé un déferlement de téléphones cellulaires dans les airs.