Alexis Martin et son histoire d'hiver
Alexis Martin nous parle de son tout dernier projet, Invention du chauffage central en Nouvelle-France, une fresque historique signée de sa plume et présentée par le NTE.
Et puis, avez-vous découvert qui a inventé le chauffage central en Nouvelle-France?
Non! (Rires) Et ça va rester un mystère. C’est bien d’entretenir ça, des fois… En fait, l’invention du chauffage, pour Daniel [Brière, metteur en scène] et moi, c’était un moyen de faire une pièce sur les Québécois, mais aussi sur l’identité et sur l’idée de communauté. C’est très inspiré de la difficulté du climat, de l’hiver qui règne, oui, entre les gens, mais dans le cœur aussi. Ça ratisse assez large. Il y a des choses concrètes sur le chauffage, mais on décolle assez vite des technicalités!
Diriez-vous que vous êtes un homme du froid?
J’aime beaucoup l’hiver, oui, même si je trouve ça trop long. Je pense aussi que la ville a défait la relation qu’on entretenait avec cette saison. Passer l’hiver à la campagne, disons que ce n’est pas la même chose.
Votre pièce est une fresque historique. Vous êtes-vous replongé dans vos bouquins avant de l’écrire?
Oh oui! Avec passion, d’ailleurs! Je ne suis pas un historien professionnel et je n’ai certainement pas cette prétention-là. J’ai donc abordé ce thème comme un artiste. J’ai lu beaucoup d’ouvrages d’historiens patentés, par exemple. Et j’ai tripé comme un fou!
Avez-vous découvert des trucs que vous ne soupçonniez pas?
Oui. Il y a des choses dont je me doutais, mais, vous savez, des fois, on pense être au courant de quelque chose et, quand on se met à fouiller, on se rend compte qu’on connaissait à peine la surface. Ça m’est arrivé à plusieurs reprises. Les récits des premiers contacts entre les jésuites et les Amérindiens, par exemple, je ne savais pas que ça comportait une richesse de détails comme ça! Alors on a fait une scène qui se déroule en 1634, avec le père Lejeune qui essaye de convaincre les Amérindiens d’embrasser le christianisme. On a un extrait en innu! C’est tellement beau, cette langue. C’est dommage qu’on ne l’entende pas au théâtre plus souvent.
Invention du chauffage…
À Espace Libre
Jusqu’au 8 mars 2012