Aurélie Cabrel: baigner dans la musique
Oui, Aurélie Cabrel est bien la fille de Francis. À 25 ans, la jeune femme lance un premier album aux accents très personnels et aux influences multiples.
Oserais-je? La question, Aurélie Cabrel s’en est servi pour titrer son premier album. Après les rejetons de Dutronc et Gainsbourg, c’est au tour de la fille Cabrel de se lancer dans le monde de la musique, une décision qu’elle a longuement mûrie. C’est entre autres le fait de travailler avec l’auteur-compositeur Esthen qui lui a donné la confiance d’aller de l’avant. «Il y a toujours des moments, dans n’importe quel projet, où on n’a qu’une envie : rester au fond de son lit et tout lâcher, dit-elle. Travailler avec Esthen m’a permis de ne pas me décourager, et j’en suis très heureuse.» Entretien.
Est-ce que l’envie de faire de la musique a toujours été présente?
J’ai toujours baigné dans l’univers musical, j’ai un papa qui nous y a très tôt initiés. C’est vrai que, quand on est dans un univers, on a souvent tendance à vouloir reproduire le schéma. Pour ma part, j’étais très attirée par le côté production, et j’ai géré pendant six ans des groupes de mon coin. Mais j’écrivais aussi beaucoup, comme tous les adolescents. Et puis un jour, j’ai osé montrer mes textes, et je me suis inscrite à un stage d’écriture à Astaffort, d’où je viens. J’ai interprété trois morceaux que j’avais écrits, et j’ai tellement aimé être sur scène que j’ai décidé d’en faire mon métier.
Avez-vous l’impression qu’il est plus difficile d’être perçu comme un artiste à part entière quand on porte le nom d’un artiste connu?
Honnêtement, je pense que, de nos jours, le métier de la musique est très compliqué. Avec l’Internet, les émissions de téléréalité, c’est devenu très abordable, mais ça fait donc qu’il y a beaucoup d’artistes sur les routes, chez les disquaires, à la radio… Est-ce qu’être fille d’artiste est plus simple? D’un côté, on a les rendez-vous plus facilement, c’est évident. Mais d’un autre côté, ça vient avec une réticence de la part des auditeurs, des gens de l’industrie… Quel que soit l’artiste, il y a des difficultés d’un côté comme de l’autre. Mais j’ai la chance d’être la fille de quelqu’un de bien, et les gens qui ont grandi avec ses chansons ont tendance à être protecteurs avec moi.
Vous n’avez pas forcément adopté le style de votre père; sur l’album, vous passez du rock à la ballade acoustique au piano…
Je suis une boulimique de musique, j’écoute de tout, du classique, du jazz, du rock, de la pop… J’avais vraiment envie, dans ce premier album, de présenter ce que je suis, et forcément, ça passait par toutes ces influences que j’ai modelées pour faire un disque de contrastes. C’est ce qui me plaisait.
Et en fait de présentation, vous signez aussi des textes très personnels…
Je pense que, quand on fait de la musique pour de bonnes raisons, on va souvent puiser dans ses souvenirs – et l’être humain a tendance à écrire davantage sur des choses qui lui ont fait mal que sur des sujets joyeux. C’est un peu une thérapie… comme parler à quelqu’un qu’on aime!