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Harry Klein: cireur de chaussures et amuseur public

Le cireur Harry Klein est la preuve qu’il n’y a pas de sot métier… et qu’il est possible de refaire sa vie à 53 ans.


Ça fait longtemps que vous êtes cireur de chaussures?

Presque 10 ans. Avant, j’étais vendeur au téléphone, et avant ça, j’étais morning man à la radio. J’ai toujours utilisé ma voix et ma personnalité.


Comment êtes-vous devenu cireur?

À 53 ans, j’étais au bout du rouleau. Je me cherchais une nouvelle vocation quand j’ai eu l’idée de faire ça. Tout le monde a ri de moi, pensant que c’était un sous-métier, mais moi, je voyais ça grand. Je voulais avoir des succursales.

Et maintenant?

Je suis engagé dans les congrès et les cocktails et je suis régulièrement appelé à cirer des chaussures en Europe. Ce n’est pas parce qu’ils manquent de cireurs, c’est parce que je suis le meilleur. Je ne suis pas seulement un cireur de chaussures, je suis un amuseur.


Qu’est-ce que ça prend pour être le meilleur?

Les bons cireurs aiment tout le monde, qu’ils soient Noirs, Blancs ou juifs. Il faut être assez éduqué pour pouvoir parler à du monde comme Jean Chrétien. Aujourd’hui, les clients ne veulent pas que leur cireur leur parle de la météo, ils veulent pouvoir parler de politique. Les hommes qui s’assoient dans ma chaise ont des grosses jobs.


Y a-t-il des femmes qui s’assoient dans votre chaise?

Ici, pas tellement, mais dans les cocktails, c’est très populaire. Elles veulent montrer que les temps ont changé.


Est-ce qu’il faut faire plus attention à des souliers de femmes?

C’est la même chose. On utilise des cartes à jouer pour protéger leurs pieds. On en utilise aussi quand
les hommes ont des bas jaunes ou verts à 30 $. Ou blancs…Ben non! C’est des fermiers qui portent des bas blancs!


Ç’a été dur, apprendre le métier?

Oui. J’ai appris par essais et erreurs parce que chaque cireur veut garder ses trucs. Je suis en train de préparer un DVD pour que les gens apprennent de mes erreurs.

Avec votre look, on dirait que vous faites ça depuis 1920!

Oui, je suis très marketing. Les gens ont commencé à me prendre au sérieux quand je me suis mis un nœud papillon.


C’est quoi, le truc pour enlever le sel?

On a un produit spécial, mais honnêtement, de l’eau et du vinaigre, ça marche.


Ça vous dérange quand les clients arrivent les souliers tout crottés?

Je les traite de mauvais garçons, mais au fond, ça fait mon affaire!

Le site officiel du magazine Urbania.

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