Susie Arioli à l'avant-scène
La célèbre «jazzwoman» montréalaise Susie Arioli voit son nouvel album,
All the Way, comme un premier pas vers une nouvelle étape de sa
carrière.
Un peu plus d’un an après Christmas Dreaming, son album de Noël qui a connu un succès bien mérité, Susie Arioli plonge à nouveau les auditeurs dans une ambiance enveloppante avec All the Way, son nouvel opus où elle reprend des standards de jazz et des ballades fifties. «Le côté smooth, c’est toujours un aspect de ma personnalité que j’aime mettre de l’avant dans ma musique, explique-t-elle. Je suis pas une punk-rockeuse, donc la musique est un bon moyen pour exploiter mon côté plus doux.»
En entrevue, c’est plutôt le côté spontané et rieur de la chanteuse, une femme qui n’a pas peur des mots, qui transparaît. Ainsi, elle nous annonce sans ambages qu’elle a fini de «s’excuser d’être là».
«On dirait que je n’ai jamais voulu me mettre à l’avant-plan, dit-elle. Je ne sais pas si c’est en rapport avec le stéréotype du Canadien qui s’excuse toujours d’être là, contrairement aux Américains qui, eux, trompettent constamment. Ça peut être vulgaire de trompetter, mais ça peut aussi l’être d’être trop modeste. Si tu te présentes devant les gens, il faut que tu aies une présence, quelque chose à dire.J’aime les chansons. L’important, c’est de les rendre aussi belles que possible. C’est juste une question de monter le volume!»
C’est littéralement ce qu’elle a fait sur All the Way, disque durant l’enregistrement duquel Susie Arioli a utilisé le micro «comme un instrument, plutôt que juste comme ambiance». «J’ai utilisé la proximité du micro pour vraiment exploiter l’intimité des pièces, explique la chanteuse. Je le faisais un peu moins avant. On a fait beaucoup de swing, ce qu’on appelle du « jazz hot », et moi je veux aller explorer du côté du jazz cool.» My Funny Valentine, Time after Time, Here’s to the Losers sont donc au nombre des pièces qu’on retrouve sur l’album.
«My Funny Valentine, je l’ai toujours connue, mais elle m’a toujours laissée un peu tiède. Je trouve le sujet bizarre, souligne-t-elle. En gros, ça dit : « T’es ben fine, t’es pas si belle que ça, pas si intelligente, mais change pas. » C’est pas nécessairement quelque chose que je voudrais me faire dire! Mais la musique est tellement belle, et c’est un grand classique, donc je voulais l’enregistrer. Plus je vieillis, plus je vis et plus je deviens ouverte, je crois!»
L’ouverture de Susie Arioli se manifeste également dans son désir de commencer à travailler avec des musiciens différents, elle qu’on associe depuis des années au guitariste Jordan Officer : «On a toujours été très minimalistes, intenses… c’est intéressant, mais je veux aussi voir ce que c’est que de jouer avec d’autres personnes, explique-t-elle. Ce disque, c’est une première phase qui ouvre mon produit à une autre configuration. Je ne veux pas être dépendante d’un ou deux musiciens. Je veux montrer de quoi je suis capable!»
All the Way
En magasin dès mardi