Culture

Bird People: Oiseau rare du cinéma

Photo: collaboration spéciale
Marilyne Letertre - Métro France

Après une longue absence, Pascale Ferran, la réalisatrice de Lady Chatterley, revient au cinéma avec Bird People.

Un peu plus de sept ans se sont écoulés entre le césarisé Lady Chatterley et Bird People. Le temps nécessaire pour que la réalisatrice Pascale Ferran puisse se ressourcer, se nourrir de nouvelles images et avoir un déclic.

«Cette fiction est née de l’envie de filmer les zones aéroportuaires des grandes villes, ces endroits sans identité où on ne fait que passer», a-t-elle confié à Métro au Festival de Cannes, où le film était présenté dans la section Un certain regard. Un de ses héros, ingénieur informatique américain (Josh Charles, de la série The Good Wife), est ainsi en transit à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. «Ces zones de passage, où tout va vite, où on ne communique pas, sont pour moi le reflet de la pression constante dans laquelle nous vivons et à laquelle nous essayons tous d’échapper.»

Et comment tente-t-on d’y échapper? En plaquant femme et boulot, comme le fait ce personnage américain, ou en regardant le monde d’en haut, comme le protagoniste de la seconde partie: un moineau curieux «interprété» par Anaïs Demoustier, qui prête sa petite voix espiègle au héros à plumes.

«Ces zones de passage, où tout va vite, où on ne communique pas, sont pour moi le reflet de la pression constante dans laquelle nous vivons et à laquelle nous essayons tous d’échapper.» – Pascale Ferran, réalisatrice de Bird People, à propos des aéroports

Singulier et onirique
Après une première moitié réaliste et concrète, Bird People change radicalement de ton et se mue en un conte d’apprentissage poétique et fantastique qui s’envole sur les ailes d’un petit oiseau. Un défi de chaque instant pendant le tournage. «Les huit semaines avec les moineaux ont été terribles: tous les matins, j’avais peur de ne pas avoir les plans dont j’avais besoin. Nous travaillions avec des oiseaux dressés, mais c’est une notion toute relative: ils n’en faisaient qu’à leurs têtes de moineaux.»

Quinze mois de montage auront ainsi été nécessaires pour trouver l’expression et l’attitude parfaites des oiseaux dans les rushes ou pour bidouiller les images à l’aide d’effets spéciaux. Ce travail titanesque a payé: malgré quelques légers problèmes de rythme, ce Bird People, singulier et onirique, surprend, enchante et émerveille.

Bird People
En salle dès vendredi

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