Charlie Winston revient au bercail
Après nous en avoir fait voir de toutes les couleurs, Charlie Winston délaisse les grandes prouesses scéniques pour nous livrer un troisième album plus personnel et introspectif.
En 2009, l’auteur-compositeur britannique Charlie Winston ne s’attendait pas à cartonner en terre française avec son single de folk-pop bohème, Like a Hobo. Depuis, ce sympathique trentenaire, repéré très jeune par l’influent Peter Gabriel, sillonne la planète en vrai showman, en plus de devenir une des muses de Jean Paul Gaultier. Mais avec son troisième album, Curio City, lancé le 26 janvier dernier, Winston marque un réel tournant dans sa carrière.
«Vivre un énorme succès musical est une expérience émotionnelle très intense, nous confiait-il plus tôt cette semaine, lorsque Métro l’a joint à Toronto. On en apprend énormément sur la vie en très peu de temps, on découvre comment dire non et on comprend ce que c’est que d’être seul avec soi-même. Tout ça m’est arrivé, et je n’avais pas encore eu l’occasion de réfléchir sur la façon dont les changements s’étaient précipités dans ma vie. Je ne suis plus le même gars qu’avant, et il aurait été malhonnête de ne pas témoigner de cette transformation dans l’album.»
«Très tôt dans le processus, j’ai rassemblé les musiciens qui m’accompagnent désormais en tournée pour leur expliquer l’idée directrice du projet: un croisement entre l’acoustique et l’électro.» – Charlie Winston
Winston avoue d’emblée que le processus créatif fut semé d’embûches, lui qui s’était promis de retourner à Londres et de renouer avec ses racines anglaises après plus de quatre années passées en France et à l’étranger. Il s’est acheté une maison, s’est construit un studio dans le sous-sol… et s’est vite retrouvé en panne totale d’inspiration.
«Il ne me restait plus rien à dire après le dernier album. Mon inspiration était tarie. J’ai voulu atténuer l’aspect plus théâtral de ma musique, ne plus m’appuyer sur ce personnage plus grand que nature que les gens associaient au nom Charlie Winston. J’ai donc passé les six premiers mois à imaginer cette nouvelle direction encore indéterminée vers laquelle je souhaitais me diriger.»
Alors que ses albums précédents avaient été nourris de ce personnage improvisé, créé un peu à l’image de Tom Waits, une influence prépondérante sur son œuvre, il voulait que Curio City soit plus honnête et introspectif, et s’orienter vers des sonorités plus contemporaines, qui colleraient plus à son vécu.
Il avoue avoir puisé dans le bassin de jeunes talents anglais, plus précisément dans les moments de silence qui ponctuent l’électro atmosphérique de James Blake et le minimalisme envoûtant d’Alt-J. «Je voulais inclure de petits intermèdes dans mes chansons, à l’image de ces deux formations britanniques. Je voulais avoir l’impression de créer des paysages sonores, au lieu d’inonder l’album de ma voix. Ce projet m’a permis de faire un croisement entre l’acoustique et l’électro.»
Charlie Winston
Au Théâtre Corona
Jeudi soir à 20h
Première partie: Andrew Austin