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À la découverte des «Alpes dominicaines»

Pascale Couture et Benoît Prieur, Guides de voyage Ulysse

La plupart des visiteurs qui séjournent dans les stations balnéaires des côtes de la République dominicaine ne peuvent imaginer que ce pays, d’abord connu pour la splendeur de ses plages, recèle aussi des paysages de montagne d’une grande beauté.

Or, il ne fait aucun doute que les montagnes de la cordillère Centrale sont l’un des témoignages les plus éloquents de l’étonnante diversité géographique de la République dominicaine. Depuis les vastes plaines de la vallée de Cibao ou du sud-ouest du pays, des routes en lacets grimpent jusqu’à cette région sauvage où se succèdent, à perte de vue, de hauts sommets verdoyants. Hormis quelques rares agglomérations nichées au creux des vallées ou sur d’étroits plateaux, dont Jarabacoa et Constanza sont les deux plus importantes, la cordillère Centrale est un immense territoire vierge.

Ces «Alpes dominicaines», comme on se plaît ici à désigner la cordillère Centrale, forment la plus impressionnante de toutes les chaînes de montagnes des Caraïbes. Perdue dans les nuages, sa cime la plus élevée, le Pico Duarte (3 175 m), dépasse d’ailleurs tous les sommets du pays, mais aussi de toutes les Antilles.

Depuis plusieurs années déjà, la cordillère Centrale est un lieu de villégiature populaire, mais qui n’a longtemps été connu que des Dominicains eux-mêmes, y allant surtout au cours des mois d’été pour profiter de la fraîcheur de la température, jouer au golf et monter à cheval.

L’engouement croissant pour les activités de plein air attire désormais de plus en plus de visiteurs étrangers dans la région; des excursions, organisées dans les grands complexes touristiques des côtes du pays, sont maintenant régulièrement effectuées ici, alors que les principales villes de la cordillère ont amélioré leur infrastructure d’accueil d’une façon remarquable.

  • Quelques incontournables

Constanza
Constanza, située à plus de 1 000 m d’altitude, occupe un site charmant au creux d’une vallée flanquée de chaque côté par les hauts sommets de la cordillère Centrale. Cette petite ville dynamique constitue le pivot d’une région reconnue pour sa grande production de fruits et de fleurs. On y produit environ 70 % des fleurs cultivées au pays, principalement des roses, des chrysanthèmes, des glaïeuls et des oiseaux du paradis, dont une partie importante est destinée à l’exportation. C’est aussi dans la région de Constanza que l’on produit plusieurs fruits qu’on ne retrouve nulle part ailleurs au pays, tels que framboises, fraises, pêches, poires, pommes et raisins.

Jarabacoa

Située dans les montagnes de la cordillère Centrale à plus de 500 m d’altitude, Jarabacoa bénéficie d’une température agréable tout au long de l’année. Plusieurs Dominicains fortunés y ont leur résidence secondaire, et la ville, aux nombreuses maisons luxueuses, respire l’aisance. Son centre-ville animé est agrémenté d’un petit parc très coquet, flanqué d’une élégante église de style colonial. Jarabacoa a du charme, mais ce sont surtout les magnifiques paysages vallonnés l’entourant de tous côtés qui ravissent les visiteurs et les nombreux artistes à la recherche d’inspiration. Sa région est également réputée être un important centre d’élevage de chevaux, et l’équitation y est un sport très populaire. On peut s’y adonner au golf, à la baignade au pied des chutes et dans les balnearios, ainsi qu’à une foule d’autres activités sportives. Jarabacoa est un centre de villégiature de plus en plus populaire.

Zone protégée
Dans le but de protéger la faune et la flore de la cordillère Centrale, le gouvernement dominicain créait, en 1956, le Parque Nacional Armando J. Bermúdez (766 km2) et, deux ans plus tard, le Parque Nacional José del Carmen Ramírez (764 km2). Situés l’un à côté de l’autre, ces deux parcs nationaux forment la plus grande zone protégée du pays. Territoires sauvages et très montagneux, ils cachent les plus hauts sommets des Caraïbes, dont le Pico Duarte (3 175 m), le Pico La Pelona (3 070 m), le Pico La Rusillia (3 030 m) et le Pico Yaque (2 760 m). Ces parcs sont également la source de certaines des plus importantes rivières du pays. On peut, par ailleurs, voir des pétroglyphes précolombiens dans la vallée de Telero, au cœur du Parque Nacional José del Carmen Ramírez. Ces parcs sont en fait de grands espaces sauvages, et aucun service ou installation n’y est disponible, hormis les cabañas et les terrains de camping. On ne peut les visiter qu’à pied ou à dos de mule, puisqu’aucune route ne les traverse. Pour pouvoir y pénétrer, même pour une journée, tout visiteur doit se munir d’un permis et être obligatoirement accompagné d’un guide.

La route des montagnes

Tout le long de cette route, qui relie San José de Ocoa et Constanza, défilent des paysages d’une beauté exceptionnelle. Aux montagnes verdoyantes couvertes de plantations de café succèdent d’étroites vallées au fond desquelles coulent d’impétueuses rivières. En certains endroits complètement inhabités, la végétation se transforme et les conifères envahissent le paysage. La piste est toutefois dans un état lamentable. Les plus hardis peuvent tout de même s’y aventurer en voiture à une vitesse excédant rarement les 30 km/h. Il faut au moins cinq heures pour effectuer ce trajet. Il est nécessaire de faire le plein d’essence avant de partir, puisqu’il n’y a pas de station-service entre San José de Ocoa et Constanza. Enfin, comme la route est très mal balisée, il faut éviter d’y circuler après la tombée du jour.

Accès

  • En voiture. On peut accéder à la région des montagnes à partir du sud-ouest du pays (région de Barahona) ou depuis la vallée de Cibao.
  • En autocar. Les autocars de Caribe Tours desservent cette région.

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