Les British mangent éthique
Les Britanniques sont obsédés par la bouffe éthique. Ils se soucient de la route que doivent parcourir les aliments avant d’arriver dans leur assiette et demandent de ne manger que des produits de saison, biologiques et écologiques.
Ils veulent que leurs poissons proviennent d’une source renouvelable, leurs Å“ufs, d’une poule qui a été élevée dans un champ et non dans une cage. Quant à leur viande de bÅ“uf, elle doit être issue de vaches heureuses élevées par des fermiers équitablement payés.
Même le chef anglais Gordon Ramsay a récemment demandé que les fruits et les légumes hors-saison soient bannis des tablettes pour encourager l’agriculture locale.
Les restaurants emboîtent le pas
À Londres, une nouvelle vague de restaurants qui satisfont les exigences des Britanniques est arrivée, celle de la gastronomie sans culpabilité! Des établissements qui prouvent qu’on ne doit pas nécessairement manger de la luzerne dans un habit grano pour être éthique.
Les premiers balbutiements du mouvement sont nés dans le resto-concept du célèbre chef Jamie Oliver, Fifteen, ouvert il y a cinq ans et qui donnait aux jeunes défavorisés – sans-abri, personnes sans emploi, toxicomanes – l’occasion de goûter à la gastronomie.
Deux employés du Fifteen ont ouvert les premiers écorestaurants de Londres. Des établissements qui détonnent dans une industrie qui commande des produits de partout dans le monde et qui génère habituellement des tonnes de déchets.
En plus des nombreux employés, le chef Arthur Potts Dawson et le gérant Jamie Grainger-Smith forment une dizaine de jeunes issus de la communauté de Londres au restaurant Acorn House. Ils y apprennent les rudiments de la cuisine et, par-dessus tout, de la cuisine responsable.
Le bar a été fait de matériaux recyclés et de peinture «verte». Les produits nettoyants sont tous écolos, et les employés s’assurent de produire le moins de déchets et d’utiliser le moins d’énergie possible.
Plus vert que vert
Leur deuxième resto, The Waterhouse, pousse le concept encore plus loin, se targuant d’être le seul restaurant «carbone zéro». Le bâtiment utilise la force de l’eau du canal Hackney, qu’il surplombe, pour activer son système de climatisation et sa génératrice. Les tables sont construites à partir d’arbres morts. Les restes de table sont compostés, puis réutilisés pour enrichir le jardin sur le toit du resto. Et le menu, bien sûr, comporte des plats créés à partir des produits locaux de saison.
Tout près, au Konstam at the Prince Albert, le chef Oliver Rowe offre l’expérience gastronomique la plus londonienne en ville. Plus de 85 % des ingrédients qu’il utilise proviennent de la région métropolitaine de Londres.
Rowe a conquis le cÅ“ur des Londoniens quand il est parti en croisade pour encourager l’élevage de poulets en pleine ville et l’utilisation des poissons de l’estuaire de la Tamise.
Son resto chic et hip est doté d’une cuisine ouverte, ce qui permet aux clients de voir les chefs préparer un plat d’agneau d’Amersham, au nord de Londres, ou de poulet de Waltham Abbey, aussi au nord de la capitale. Le tout accompagné d’un vin produit… au Royaume-Uni.
Plusieurs autres adresses
Il y a aussi le restaurant Tom’s Place, à Chelsea, qui ne propose que des poissons pêchés à l’intérieur de bancs renouvelables et par des familles de pêcheurs locaux.
Bien sûr, gastronomie responsable ne rime pas nécessairement avec bas prix. Les restaurants cités proposent des repas coûtant en moyenne entre 20 et 40 euros (de 30 à 60 $). Toutefois, en solution de rechange à l’éternel McDo, la nouvelle chaîne Leon propose un «éco-fast-food» qui suggère, à prix raisonnables, des repas santé conçus à partir d’aliments locaux et de saison.
Sur le web
www.acornhouserestaurant.com
www.waterhouserestaurant.co.uk
www.konstam.co.uk
www.tomsplace.org.uk
www.leonrestaurants.co.uk