Voyager sans prendre l'avion
Le transport aérien est une des causes directes de la pollution atmosphérique. Un site web tente de changer les habitudes des voyageurs.
tourisme. Tom McMillan et son épouse Lorraine ont parcouru la distance entre Singapour et leur demeure située à Cupar, en Écosse, sans prendre un seul avion. Ils ont effectué leur périple, d’une durée de 85 jours, en empruntant 11 bateaux, 14 trains, 22 autocars et d’innombrables fourgonnettes. De plus, ce voyage a donné au couple le temps de concevoir et de lancer en janvier le site web de réseautage flightlesstravel.com, qui aide les internautes à faire le tour du monde sans avoir la tête dans les nuages.
«Il s’agit du seul site web qui porte seulement sur le transport terrestre et maritime, souligne M. McMillan. La plupart du temps, les forums de voyageurs manquent de renseignements honnêtes sur les itinéraires terrestres. Nous avons conçu une base de données où les membres indiquent leur point de départ et leur point d’arrivée, et expliquent comment ils se sont rendus à destination. Toutes les options sont énumérées, de la chaloupe au train, en passant par le pont à franchir. On ne parle pas seulement des endroits où manger, dormir et prendre un verre.»
Il a fallu près de huit semaines aux McMillan pour traverser l’Asie du Sud-Est en raison du réseau de transport médiocre de cette région. En Chine, ils ont pu aller plus vite grâce au chemin de fer transmongol, qui relie Beijing et Moscou. Ils ont fini par atteindre Amsterdam, où ils ont pris un bateau pour Newcastle. «Les gens en ont assez du transport aérien, soutient M. McMillan. À cause des mesures de sécurité rigoureuses et des retards, il a perdu son éclat. Jusqu’à maintenant, notre site web compte des membres de toutes sortes, aussi bien des étudiants en sabbatique que des personnes de plus de 50 ans qui sont séduites par le défi.»
Inutile de préciser que nous sommes de plus en plus conscients des conséquences de nos déplacements individuels sur l’environnement. «Les gens doivent considérer l’expérience de voyage sous un autre angle. Pensez à la durée, indique M. McMillan. Si vous avez deux semaines de vacances et vivez en France, pourquoi aller en Asie? Le transport par voie de terre permet de rencontrer des gens et de s’imprégner des cultures. Prenez un train vers une destination à votre portée.»
Selon M. McMillan, un autocar à faibles émissions est la forme de transport public la plus respectueuse de l’environnement. «Il faut tenir compte de tous les facteurs, notamment du pays où l’autocar a été fabriqué, des émissions et des places assises, explique-t-il. Il n’y a rien de plus important que le nombre de passagers. Si l’autocar compte 50 places et qu’elles sont toutes prises, il est économique sur le plan de la consommation de carburant. S’il transporte 10 passagers sur la même distance, il n’est pas économique.»
Transport aérien
Quelques faits sur les avions tirés du site www.flightlesstravel.com :
Plus de CO2
Les avions produisent environ 4 % des émissions de CO2 de l’Union européenne.
Plus de gaz à effet de serre
Les avions émettent de l’oxyde d’azote, un gaz qui contribue à la formation de l’ozone, un autre gaz à effet de serre.
Un avenir sombre
Au Royaume-Uni seulement, les émissions de CO2 associées à l’aviation ont doublé entre 1990 et 2000. Elles devraient doubler de nouveau d’ici 2030.
Moins pire au sol
En raison de la sensibilité de la haute atmosphère, les effets des émissions des avions sont 2,7 fois plus considérables en altitude qu’au niveau du sol.
Voir la galerie photos pour les cinq moyens de transport les plus respectueux de l’environnement.