En Nouvelle-Écosse, sur la route des phares…
Tout en révélant des scènes maritimes parmi les plus pittoresques de la province, la route des phares longe la côte sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Ici, la belle nature sauvage se marie avec harmonie au chapelet de villages pleins de charme.
En se baladant sur la route des phares, on traverse des hameaux et des ports de pêche aux maisons de bois datant du XIXe siècle, époque où la région prospérait grâce à la construction de goélettes servant à la pêche. Le long de cette côte, on découvre, sur la pointe des caps rocheux, la silhouette d’une trentaine de phares, dont celui de Peggy’s Cove, le plus célèbre des provinces maritimes. La côte sud-ouest de la Nouvelle-Écosse est ponctuée d’une multitude de petites îles et d’anses, ce qui en fait une région idéale pour la pratique du canot et du kayak de mer. Voici des villages à ne pas manquer.
Shelburne
Shelburne a été fondée en 1783, l’année de la fin de la guerre de l’Indépendance américaine, dès l’arrivée d’une trentaine de navires ayant à leur bord des milliers de loyalistes. L’année suivante, elle comptait déjà plus de 10 000 personnes, formant ainsi une des communautés les plus populeuses d’Amérique du Nord.
Aujourd’hui, Shelburne est un paisible village. Dock Street, qui borde le port naturel, est flanquée de beaux bâtiments anciens constituant un ensemble harmonieux. Au mois de juillet, Shelburne commémore le débarquement des loyalistes au cours d’une importante reconstitution historique. Durant une fin de semaine, les visiteurs sont invités à assister (et à participer) à plusieurs activités, notamment une parade militaire, une reconstitution d’un campement loyaliste et des mises en scène historiques.
Lockeport
Lockeport, une jolie bourgade située quelques kilomètres après Shelburne, possède certaines des plus belles plages de sable blanc de la province. Il est possible de loger dans quelques bed and breakfast ou dans des chalets près de la mer.
On trouve plusieurs plages dans les environs immédiats de Lockeport, dont Crescent Beach, qui s’étend sur 1,5 km. Cette plage spectaculaire était auparavant représentée sur les billets de 50 $ canadiens. Évidemment, Crescent Beach est très populaire et peut parfois être littéralement envahie par les véhicules des vacanciers, qui se stationnent sur la plage même. Pour une plage plus tranquille (et sans véhicule), il faut opter pour celle du Rissers Beach Provincial Park, un peu plus au sud, près de Petite-Rivière.
Lunenburg
Lunenburg est certainement un des ports de pêche les plus pittoresques des provinces atlantiques. Fondé en 1753, ce deuxième établissement britannique de la Nouvelle-Écosse, après Halifax, comptait une population surtout composée de «protestants étrangers» originaires d’Allemagne, du Montbelliard et de Suisse.
L’allemand était d’ailleurs d’usage courant à Lunenburg jusqu’à la fin du XIXe siècle, et on a préservé certaines traditions culinaires jusqu’à aujourd’hui. Le village occupe un magnifique site sur les flancs escarpés d’une péninsule bordée par un port naturel des deux côtés. Plusieurs de ses maisons et de ses bâtiments colorés datent de la fin du XVIIIe siècle et du XIXe siècle.
En fait, Lunenburg a des airs qui rappellent quelque peu le Vieux Continent. Le village a d’ailleurs été classé patrimoine mondial par l’UNESCO en raison de son architecture. Port de pêche très actif, il a également une longue tradition de construction navale. C’est ici que fut construit, en 1921, le célèbre Bluenose, une goélette remarquable n’ayant jamais subi la défaite au cours de compétitions de vitesse, et ce, pendant 18 ans.
En été, Lunenburg est fort agréable à visiter. Ses rues sont bordées de commerces et de boutiques proposant des produits de qualité. Ses galeries d’art sont particulièrement intéressantes.
Mahone Bay
On reconnaît aisément Mahone Bay à ses trois églises, chacune plus que centenaire, construites une à côté de l’autre et faisant face à la baie. À l’instar de Lunenburg, elle a d’abord été colonisée par des «protestants étrangers» en 1754. Comme quelques autres communautés de la côte atlantique, son port servit de refuge aux corsaires. Ceux-ci pillèrent jusqu’en 1812 les navires et les villages ennemis, rétribuant au passage les autorités britanniques pour s’assurer leur protection. Plus tard, jusqu’à la fin du XIXe siècle, Mahone Bay a connu une période de grande prospérité grâce à la pêche et à la construction navale.
Les belles grandes maisons anciennes qui bordent les rues du village témoignent de cette période faste. Mahone Bay est dotée de plusieurs auberges et de gîtes touristiques de qualité, ainsi que d’un joli port de plaisance.
Peggy’s Cove
L’aspect pittoresque de Peggy’s Cove, un minuscule village côtier, a charmé bien des peintres et des photographes au fil des ans. Son petit port protégé des eaux tumultueuses est bordé de hangars construits sur pilotis. Plus loin, on peut se promener sur des blocs de granit où s’élève le célèbre phare de Peggy’s Cove, qui, en été, abrite encore aujourd’hui un bureau de poste. En marchant sur ces blocs de granit, soyez prudent toutefois, surtout lorsque l’océan Atlantique est déchaîné. Même s’il reçoit de nombreux visiteurs chaque année, Peggy’s Cove a conservé un cachet bien particulier.
Au large de la côte sud-ouest évolue une faune marine variée. Phoques, baleines à bosse et macareux moines comptent parmi les espèces qu’il est possible d’observer en prenant part à une des excursions en bateau proposées au départ de Peggy’s Cove.