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08:00 15 juin 2021 | mise à jour le: 14 juin 2021 à 16:18 Temps de lecture: 4 minutes

Conseil d’arrondissement en virtuel: le pour et le contre

Conseil d’arrondissement en virtuel: le pour et le contre
Photo: ArchivesDepuis quinze mois, tous les conseils d’arrondissement de Verdun ont lieu virtuellement.

Pour cause de pandémie, la dernière fois qu’un conseil d’arrondissement a eu lieu dans les locaux de la mairie de Verdun, c’était au début du mois de mars 2020. Depuis, les séances se déroulent en virtuel. Cela nuit-il à une saine démocratie?

De manière générale, on constate qu’en mode virtuel, il y a davantage de résidents qui posent des questions lors des séances du conseil d’arrondissement de Verdun.

Ceux-ci ainsi que les assemblées publiques virtuelles accommodent certains résidents. Par exemple, des personnes qui ont de la difficulté à se déplacer, les familles, ceux qui n’ont pas d’auto et qui sont mal desservis par le transport en commun. «Pour ces personnes, la technologie est un outil pour élargir la démocratie», évoque une professeure de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Caroline Patsias.

Toutefois, les vidéoconférences désavantagent ceux qui n’ont pas accès à Internet ou qui sont malhabiles avec la technologie.

Retour en salle en septembre?

Lorsque la crise sanitaire a frappé, seules les questions écrites étaient retenues lors des séances virtuelles du conseil. «Lorsqu’on a vu que la pandémie allait durer plus longtemps que prévu, il y a eu une adaptation de certains conseils qui ont permis la présence du citoyen en direct via [des plateformes de vidéoconférence]», souligne Mme Patsias.

À Verdun, c’est toujours uniquement les questions écrites qui sont adressées aux élus lors de la période de questionnements. La conversation y est limitée puisqu’il n’y a pas la présence du citoyen. Il ne peut pas intervenir s’il est insatisfait de la réponse d’un élu.

Selon le maire de Verdun, Jean-François Parenteau, l’atout principal du virtuel est la conciliation travail et famille. Lors de la dernière soirée publique qui portait sur le lac Lacoursière, le maire estime qu’il n’y aurait pas eu autant de participants (150 citoyens) si cela avait été en présentiel.  «Les gens se branchent dans leur maison. Il y a une accessibilité et une facilité à l’espace démocratique, et ce, autant pour les conseils d’arrondissement que pour les soirées publiques», soutient-il.

«Ce n’est pas parce qu’on a eu un état d’urgence sanitaire que les citoyens n’ont pas contesté leurs élus au sein du conseil d’arrondissement. On a eu une conversation démocratique limitée, mais on l’a eue.»

Caroline Patsias

À Verdun, les séances étaient déjà accessibles virtuellement avant la pandémie, mais cela était peu populaire. M. Parenteau croit que plusieurs citoyens auront adopté la formule en ligne, et ceux qui désirent assister à la séance sur place pourront éventuellement le faire. La participation citoyenne sera ainsi bonifiée.

Le maire de Verdun apprécie la relation humaine d’un conseil à la mairie. Avec les assouplissements des mesures sanitaires, il compte «tout faire» pour avoir un conseil à l’hôtel de ville en septembre.

Discussion bonifiée

Chaque municipalité et arrondissement organisent le conseil à sa manière. «Ce n’est pas standardisé parce que chaque arrondissement a sa propre culture politique, explique Mme

Patsias. Aussi, Montréal est une ville assez décentralisée, c’est-à-dire que les élus sont [choisis] par les citoyens de leur arrondissement. C’est à eux de décider de la norme de participation dans leur [territoire].»

En théorie, lors d’un échange entre le citoyen et le maire en personne, il ne devrait pas y avoir de débats. «Mais dans les faits, surtout à Montréal, il y a de plus en plus de citoyens qui reviennent à la charge. [En présentiel], on peut avoir bien plus qu’une simple reddition de compte», souligne l’experte, ajoutant que le conflit bien géré fait partie d’une saine démocratie. 

Dans une salle, les résidents peuvent se rendre compte que d’autres citoyens pensent comme eux. Ils peuvent se soutenir.  

Pour l’avenir, la population n’est pas à l’abri d’autres virus. Par exemple, pour la grippe en l’hiver, il serait préférable qu’un résident ait l’option de poser sa question de chez lui. Bref, la technologie est un outil d’élargissement qu’il serait souhaitable de continuer à intégrer dans l’exercice démocratique après la crise.

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