C'est non
Au conseil de l’arrondissement de Saint-Laurent du mois de juin, Mme Bélanger a déposé une pétition, signée par 59 personnes, s’objectant à la présence des autobus de la Société de transport de Laval (STL) dont les moteurs demeuraient en marche sur le boulevard Édouard Laurin
Une réponse qui déçoit
Afin de ne pas «refiler le problème à d’autres Laurentiens» comme l’explique Mme Bélanger, elle a proposé que les autobus soient envoyés sur la rue Grenet dans un stationnement donnant sur les murs sans fenêtre de la compagnie pharmaceutique Pfyzer ou bien encore sur le boulevard Décarie ou le boulevard Édouard-Laurin, loin des secteurs résidentiels.
Or l’agence métropolitaine de transport (AMT), que l’arrondissement a consulté, a rejeté ces deux propositions jugeant que ces emplacements sont trop éloignés du terminus côte-vertu. «Les autobus devraient alors effectuer des détours majeurs, ce qui occasionnerait une pollution atmosphérique et sonore importante dans ces secteurs», est-il précisé dans la lettre.
Quant au boulevard Édouard-Laurin, «L’emplacement des parcomètres nécessiterait des aménagements substantiels qui ne pourraient pas être effectués à court terme. Cependant, une évaluation est en cours sur la possibilité de les réaliser à long terme» indique la lettre signée par le conseiller pour Côte-De-Liesse Maurice Cohen qui précise qu’AMT prévoit informer les citoyens des développements.
Dans la lettre de l’arrondissement envoyé le 20 juillet l’arrondissement déclare que la décision de déplacer les autobus vers le boulevard Édouard Laurin était motivée par un impératif de sécurité routière. Autrefois entre le boulevard Décarie et la rue Gohier, les autobus bloquaient l’entrée d’un résident, en plus de boucher la visibilité des véhicules sortant d’une ruelle fréquentée par de nombreux camions de livraison. Selon la lettre envoyée à Mme Bélanger, le segment entre les rues Gohier et Cardinal sur le boulevard Édouard-Laurin «représente le meilleur choix puisqu’il est situé à l’écart des résidences et offre suffisamment d’espace pour la circulation sans obstruer la visibilité des conducteurs.»
La Laurentienne estime qu’il y a eu de la mauvaise foi dans cette affirmation. «C’est faux, ce n’est pas à l’écart des résidences. Les chauffeurs d’autobus me font des bye-bye, je n’ai plus d’intimité. Ils sont très gentils, mais on n’est pas à l’écart. Il n’y a plus d’intimité sur le balcon avant de ma résidence», proteste-t-elle.
Ne se décourageant pas, elle continuera à se battre pour la tranquillité du quartier et la qualité de vie de ses habitants. Elle prévoit revenir au conseil d’arrondissement afin d’aller au fond du dossier. Si ça ne débloque pas, elle se promet d’écrire au député fédéral Stéphane Dion et au député provincial Jean-Marc Fournier. «Je vais probablement appeler Environnement Canada cet automne et cet hiver pour venir faire une évaluation de la pollution», annonce-t-elle,
Des moteurs qui tournent
Depuis le dépôt de la pétition, les chauffeurs de la STL ont reçu un avertissement les sensibilisant à l’importance de ne pas laisser leurs moteurs tournés plus de trois minutes. Lors du passage des Nouvelles Saint-Laurent News, le 9 juillet à 16h, des autobus de la STL étaient stationnés devant la maison de Mme Bélanger, le moteur éteint. À cette flotte de quatre autobus, s’ajoutait un autobus de la Société de transport de Montréal (STM) et un autre du Conseil Intermunicipal de Transport collectif (CIT). Les deux autobus avaient leur moteur était en marche.
Rejointes par téléphone, Marianne Rouette, porte-parole de la STM et Émilie Moquin, conseillère aux communications pour l’association québécoise du transport intermunicipal et municipal ont toute deux déclaré que leurs chauffeurs allaient être sensibilisés à cette problématique.
Mme Bélanger demeure quand même inquiète «Dès le départ, je sentais que peu de choses seraient faites. Si on laisse aller, ça peut empirer. Je sais que ça va être impossible de ne pas allumer les moteurs pendant l’hiver. Les chauffeurs vont avoir froid, c’est normal », dit-elle.