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Il faudra s'assagir en 2008

C’est le début janvier, le temps des résolutions. Et comme le projet de loi du provincial sur la sécurité routière a été adopté tout juste avant Noël, c’est donc, plus que jamais, le temps des… résolutions automobiles. Qu’on le veuille ou non, nos habitudes de conduite devront s’assagir.

Vroum-Vroum? Non, merci!
Promettez… Bon, d’accord, pas de morale, je vais donc parler pour moi : je promets de lever le pied et de toujours respecter les limites de vitesse. Et pas uniquement «quand j’ai le temps»!
Juste pour le plaisir, faites le test. Pendant toute une semaine, respectez les limites de vitesse. C’est aberrant, le nombre de regards qui vous mitraillent parce que vous ne roulez «pas assez vite»! Et dire que la vitesse fait, annuellement, presque autant de victimes sur nos routes que l’alcool au volant…

En Ontario, une nouvelle mesure a été adoptée l’automne dernier : pour tout dépassement de 50 km/h de la vitesse permise, le conducteur fautif voit désormais son véhicule saisi sur le champ. Le projet adopté par Québec n’a pas autant de mordant, mais il constitue tout de même un grand pas en avant : lorsque la loi sera en vigueur, les «grands excès» (de 40 à 60 km/h) seront punis d’amendes deux fois plus coûteuses et de deux fois plus de points d’inaptitude qu’actuellement.

Surtout, l’infraction s’accompagnera d’une suspension immédiate du permis de conduire – de sept jours pour une première offense, de 30 jours pour une récidive. «Nous voulons faire comprendre aux récidivistes de la vitesse que c’est la fin des comportements délinquants sur le réseau routier», a dit la ministre des Transports, Julie Boulet.

Pas de p’tit coup, mon minou
Autre résolution automobile : je promets de ne pas mêler conduite et alcool. Un «cinq à sept» bien arrosé ne devrait pas se clore par une séance au volant, un point c’est tout. Les statistiques sont implacables : en 2005, le tiers des conducteurs décédés dans des accidents de la route présentait une alcoolémie supérieure à la limite légale.

Cette limite, la ministre a bien tenté de l’abaisser de 80 mg à 50 mg (par 100 ml de sang), à l’instar de toutes les autres provinces canadiennes. Mais si elle a dû reculer sur ce point, elle a néanmoins pu accroître la sévérité des sanctions : 90 jours (et non plus 30) de suspension immédiate du permis. Le conducteur est un récidiviste ou présente une alcoolémie de 160 mg? Son véhicule sera saisi pour
30 jours.

Souriez, vous êtes filmés!
Il s’agira d’une première au Québec : en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité routière, des radars photographiques et des caméras aux feux rouges seront implantés sur une quinzaine de sites prédéterminés pour leur dangerosité, et ce, dans le cadre d’un projet-pilote de  18 mois.

Cette mesure est celle qui tenait le plus à cÅ“ur à Jean-Marie De Koninck, président de la Table de concertation sur la sécurité routière qui est à l’origine des nouvelles mesures.  M. De Koninck, aussi connu comme le père d’Opération Nez rouge, rappelle qu’en France l’utilisation de radars photographiques a permis une amélioration du bilan routier de 41 %. «Si vous me demandez laquelle des recommandations est la plus importante afin de rapidement améliorer notre bilan routier, je vous dirais que c’est le photoradar. Il a fonctionné dans au moins 70 pays – les Français affirment qu’il augmente le facteur de surveillance par 500 – et je ne vois pas comment l’on pourrait, ici au Québec, passer à côté.»
Pour ceux qui rechignent, la ministre Boulet a promis que toutes les sommes provenant des contraventions seront réinvesties dans la sécurité routière et dans le soutien aux organismes qui aident les victimes de la route.

Neuf morts par mille habitants
Parmi les autres mesures prévues dans la nouvelle loi, notons l’interdiction d’utiliser un téléphone cellulaire au volant (lorsque tenu en main), l’obligation de rouler avec des pneus d’hiver (du 15 novembre au 15 avril) et le retour des cours de conduite obligatoires.

Mine de rien, tout est en place pour que le bilan de 717 morts sur la route en 2006, qui constituait une malheureuse augmentation de 9 % en cinq ans, se réduise de façon marquée. «Je rêve que le ratio de morts sur nos routes, actuellement de neuf pour chaque millier d’habitants, se compare à celui des pays européens, soit plus ou moins cinq morts par mille habitants», confie M. De Koninck.

Ne manque plus que des conducteurs qui se disciplinent et qui promettent de bien se tenir. Je promets donc de commencer l’année du bon pied et de faire ma part «automobile». Oh, et je promets aussi de tenir mes promesses… 

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