Hochelaga-Maisonneuve
05:00 14 janvier 2020 | mise à jour le: 14 janvier 2020 à 08:15 temps de lecture: 4 minutes

Du vandalisme met en péril une navette pour itinérants dans Hochelaga

Du vandalisme met en péril une navette pour itinérants dans Hochelaga
Photo: Courtoisie CAP St-BarnabéPlusieurs fenêtres ainsi que l'habitacle du véhicule ont été abîmées.

Des organismes communautaires d’Hochelaga-Maisonneuve lancent un vibrant appel à l’aide après que leur navette destinée aux itinérants ait été vandalisée deux fois plutôt qu’une. Une enquête policière a été ouverte, mais le coût des franchises d’assurances met le projet en péril, disent-ils.

«On commence à avoir peur, surtout au niveau du temps, explique à Métro la coordonnatrice clinique au CAP St-Barnabé, Michelle Patenaude. Si ça continue comme ça, on va être obligés d’arrêter le service au début mars, alors qu’il fera encore très froid, qu’il y aura toujours un besoin et que les mesures hivernales pour l’itinérance seront toujours en cours à Montréal.»

La navette a été victime de vandalisme pour la première fois en novembre 2019, avant même de commencer ses premiers trajets.

«Nous étions découragés de la situation, mais nous avons relevé nos manches et effectué les réparations», ajoute le directeur du CARE Montréal, Michel Monette. Au-delà de son caractère criminel, dit le pasteur de profession, l’incident aurait pu carrément compromettre le lancement du projet. Celui-ci faisait effectivement l’objet de discussions depuis plusieurs mois déjà.

Steve Egesborg, le conducteur de la navette, est ici avec Michelle Patenaude. Photo: Josie Desmarais/Métro

Un second coup qui frappe fort

Un mois et demi plus tard, la navette a de nouveau été vandalisée alors qu’elle venait de reprendre le service. Et cette fois, les dommages matériels ont été beaucoup plus importants. Ce qui a carrément mis le projet en danger.

«Plus notre budget va être grugé, plus notre temps de navette va réduire. On se retrouve à bout de ressources pour effectuer les réparations, alors qu’on a déjà de la difficulté financière comme plusieurs autres organismes communautaires», lâche Mme Patenaude.

Une réalité d’autant plus «triste» que, selon elle, la navette pour itinérants fonctionnait très bien. Près de 150 personnes ont pu être emmenées vers un refuge en deux mois à peine. Souvent au Royal-Victoria, ou encore au pavillon Patricia-Mackenzie, réservé aux femmes, et au Chaînon.

La population d’Hochelaga-Maisonneuve sollicitée

Épuisés par la situation, les responsables communautaires demandent aujourd’hui l’aide de la population, particulièrement celle des résidents d’Hochelaga-Maisonneuve. Toute personne ayant été témoin de l’événement ou encore détenant des informations pertinentes sur le suspect est priée de communiquer avec le SPVM à ce sujet.

«Pour l’instant, on n’a aucune idée de qui il s’agit, mais on sait qu’il y a quelqu’un dans le coin qui s’amuserait à tirer sur des voitures avec un fusil à plomb, dit Michelle Patenaude. Il le fait en plein jour, dans des moments où personne ne s’y attend. On a besoin de plus d’informations.»

«C’est incompréhensible pour nous que quelqu’un puisse vouloir s’en prendre à un service d’urgence aux itinérants, en pleine période hivernale.» -Steve Egesborg, le conducteur de la navette

Le projet pourrait aussi être relancé dans l’immédiat à l’aide de dons aux organismes, soulignent les principaux intéressés. «On est capables d’avoir des projets comme ça, parce que la demande est là. Si on peut nous aider financièrement, ce sera toujours apprécié», conclut Mme Patenaude.

Le Cap St-Barnabé et le CARE Montréal sont les deux seuls organismes offrant des refuges pour les itinérants dans l’Est de Montréal.

Un peu plus de 1100 lits sont disponibles en ce moment dans les refuges de la métropole. L’unité de débordement pour itinérants de l’ancien hôpital Royal-Victoria a aussi été bonifiée en décembre. Elle avait accueilli 1500 personnes l’hiver dernier.

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