Montréal
13:12 17 juin 2020 | mise à jour le: 17 juin 2020 à 13:25 temps de lecture: 4 minutes

La piétonnisation s’amorce progressivement sur l’avenue du Mont-Royal

La piétonnisation s’amorce progressivement sur l’avenue du Mont-Royal
Photo: Josie Desmarais/MétroAlors que la piétonnisation de l'avenue du Mont-Royal connaît un certain succès auprès des commerçants, la pression monte dans le Mile End pour réclamer une rue partagée dans le quartier.

Plusieurs citoyens ont constaté depuis lundi que l’avenue du Mont-Royal n’est pas encore complètement piétonnisée, malgré le fait que l’administration Plante l’avait promis pour le 15 juin. C’est que l’opération prend du temps, et que les défis logistiques sont grands, précise l’arrondissement, qui assure que les travaux devraient être complétés d’ici le week-end prochain.

«En ce moment, c’est déjà piéton. La rue est fermée, mais avec des aménagements temporaires. On estime toutefois que d’ici samedi, les installations fixes seront là, et que tout sera prêt pour l’été», explique à Métro le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Rabouin. La réalité, dit-il, est que les enjeux sont très variés et multiples, ce qui demande beaucoup d’ajustements.

«Normalement, on le fait pour cinq jours, mais là, c’est pour trois mois. Il faut aussi se préparer pour le long-terme. Sur la rue Sainte-Catherine dans le Village, où ils le font chaque année, ça ne se fait pas non plus en une journée.» -Luc Rabouin, maire du Plateau-Mont-Royal

Enjeux et défis prenants

Dans les derniers mois, l’arrondissement a effectivement fait face à plusieurs défis. Le plus urgent: trouver un moyen de laisser circuler les camions de marchandise, pour bien approvisionner les commerces.

«On a beaucoup discuté. La solution au final, c’est qu’on donnera accès aux livreurs de 7h à 11h tous les jours. Ça prendra donc quelqu’un pour retirer les bollards, et laisser passer les camions. Le défi, c’est surtout d’aviser l’ensemble des fournisseurs de ces nouveaux horaires, surtout ceux qui ne peuvent pas livrer par les ruelles», indique M. Rabouin.

Autre enjeu: la cohabitation avec certaines rues résidentielles qui sont perpendiculaires à l’avenue du Mont-Royal. Elles arrivent face-à-face avec la voie piétonne, et n’ont donc pas de sortie. L’arrondissement doit alors y modifier la signalétique, l’affichage, et s’assurer que le message soit bien compris. Ainsi, un résident de la rue Marquette, qui est bloquée dans un sens, devra faire demi-tour.

À terme, cet axe très achalandé du Plateau sera l’un des corridors piétons «les plus longs au monde», vante l’administration de Valérie Plante.

Piétonnisation de l'avenue du Mont-Royal
Piétonnisation de l’avenue du Mont-Royal

Commerces sur la ligne de départ

À la SDC de l’avenue du Mont-Royal, le directeur général Claude Rainville espère voir des impacts significatifs sur les recettes des commerçants. «Il nous apparaît clair qu’un modèle de rue piétonne va donner la meilleure chance possible aux restaurants, bars et cafés d’exploiter leurs terrasses, en respectant les normes sanitaires», explique-t-il à Métro.

Selon un sondage effectué par l’organisme, seulement 11% des clients de cet axe très achalandé s’y rendent en voiture. Le reste y va en vélo (12%), à pied (54%) et en transport collectif (20%). «Il y a environ 90% de la clientèle qui, de toute façon, venait autrement qu’en auto. Quand on sait que la moitié des gens viennent du Plateau, et qu’un autre 40% est en provenance des quartiers à proximité, on se dit que c’était logique de procéder», ajoute M. Rainville.

«La décision a été difficile, parce qu’il y a peu de comparables. Mais ne pas passer à l’action aurait été une erreur. Il fallait bouger, même si on sort de notre zone de confort.» -Claude Rainville, de la SDC

Ce dernier dit d’ailleurs comprendre que certains commerçants soient «frustrés» par le manque de consultation. Dans les dernières semaines, plusieurs d’entre eux s’étaient dit inquiets pour leurs affaires. «En théorie, oui, c’est beau. Mais en réalité, ce n’est pas aussi facile que ça. Nous, les commerçants, on veut l’accès le plus facile», avait avoué le propriétaire du St-Viateur Bagel, Vincent Morena.

D’ailleurs, il était impossible de plaire à tout le monde dans un contexte de pandémie, souligne Claude Rainville. «Même dans le Village, il y avait une opposition forte au départ. Mais tranquillement, les gens ont fini par se rallier. On prend le même pari audacieux», conclut-il.

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