Culture

Le BITCHfest de Mona de Grenoble : une soirée Tupperware sur l’acide  

Mona de Grenoble animant son premier BITCHfest à Zoofest, le lundi 18 juillet 2022
Mona de Grenoble animant son premier BITCHfest à Zoofest, le lundi 18 juillet 2022 Photo: Myriam Frenette / Courtoisie Zoofest

Une soirée Tupperware sur l’acide : voilà à quoi ressemblait le BITCHfest qu’animait la drag Mona de Grenoble à Zoofest, lundi soir. Le titre annonce tout de suite les couleurs : dans un BITCHfest, on bitche. Avec «des vacheries, des amitiés brisées et du monde qui braille» en lieu et place des plats de plastique.  

Pour quiconque aime l’humour qui décape (beaucoup), ce BITCHfest était du bonbon. Oubliez le jeu de mots savant ou la tirade engagée féministe, au BITCHfest, on se balance des insultes, on pointe les parties du corps d’autrui, on sacre, on parle de sexe, on ne craint pas de faire de la peine… Et ça fait un bien fou!  

Jérémie Larouche, Justine Philie et Lady Guidoune étaient les « bitcheur.euse.s » du BITCHfest de Mona de Grenoble
Crédit : Myriam Frenette / Courtoisie Zoofest

«Mes host*es de cochons, vous autres!», a lancé Mona, alias notre «matante sur le party», en guise de mot de bienvenue à un Studio TD (l’ancien Astral) où certain.e.s spectateur.trice.s ont dû regarder la prestation debout, tant l’endroit était bondé.  

«Ça va être cave à souhait cet host*e de show-là! », a promis l’animatrice, à qui on venait de servir du champagne, dans lequel elle a presque craché, hauts standards de qualité obligent.  

«Cet host*e de show-là» mettait en vedette une autre drag, Lady Guidoune (au moins aussi vulgaire que Mona), Jérémie Larouche (qui pourrait servir de suppositoire à Christine Morency, dixit Mona), la scriptrice Justine Philie et l’invitée d’honneur Christine Morency, la chum de Mona, qui n’a aucunement été ménagée. Et qui, en cas d’offense grave, aurait pu casser ses interlocuteur.trice.s d’un coup de pubis, dixit encore Mona.  

Christine Morency, invitée d’honneur du BITCHfest de Mona de Grenoble
Crédit : Myriam Frenette / Courtoisie Zoofest

À ce stade-ci, doutiez-vous encore du niveau de salacité du rendez-vous? Grossophobie, homophobie, gags en bas de la ceinture : on s’est gâté.e.s dans les clichés, et le «politiquement correct» en a pris plein la gueule.  

«J’ai le droit de dire fifi. C’est le mot en f. Les straights dans salle, fermez vos gueules! (…) Host*e de génération de fragiles!», avait servi Mona en guise d’avertissement dans son introduction.  

Un buffet d’énormités 

Preuve de la popularité grandissante de Mona de Grenoble («drag queen, humoriste et évadée de prison» autoproclamée), vue à la télévision au Prochain stand up et au Fabuleux printemps de Marie-Lyne, une longue file d’attente longeait l’immeuble du Studio TD sous une pluie abondante, lundi, 30 minutes avant le spectacle. Et Son Altesse Mona règne en souveraine sur la programmation de Zoofest cette année, où on a dû ajouter deux supplémentaires à son premier spectacle solo d’une heure, Mes premières chaleurs… et où son BITCHfest est le spectacle qui a écoulé le plus de billets cette année.  

L’heure de la représentation, 21 h 30, laissait entendre d’emblée que le contenu ne s’adressait pas aux esprits prudes. En diva digne de ce nom, Mona de Grenoble (incarnée par l’humoriste Alexandre Aussant) a fait patienter sa cour, s’amenant sur scène à 22 h. 

Mona de Grenoble était très en verve à son BITCHfest, au Studio TD, lundi soir
Crédit : Myriam Frenette/Courtoisie Zoofest

Mais on ne perdait rien pour attendre. Les méchancetés aussi gratuites qu’hilarantes ont fusé pendant un peu plus d’une heure. Ça riait, voire hurlait souvent, à gorge déployée dans le public.  

Christine Morency devait être la victime principale de ce bien-cuit délicieusement de mauvais goût, mais tout le monde a finalement bitché un peu tout le monde.  

Chacun a eu droit à sa bouchée : la carrière qui peine à décoller de Jérémie Larouche, le look de Justine Philie  («Justine ressemble à une fille qu’on aurait vite faite en plasticine […], qui ressemble à Tristesse dans Inside Out ou la secrétaire dans Monster Inc…»), le poids de Mariana Mazza, Mère ordinaire, la passion des «gros bats» de Mona de Grenoble, le «vagin porte ouverte» de Christine Morency et ses «fantasmes vibratoires»…  

Christine Morency n’a pas été ménagée lors du BITCHfest qu’animait son amie Mona de Grenoble, lundi soir, à Zoofest
Crédit : Myriam Frenette/Courtoisie Zoofest

«Une madame de 60 ans dans le corps d’une madame de 70 ans», a illustré Justine Philie pour décrire son inséparable Christine Morency… qui s’est aussi fait comparer (ironiquement!) à Julien Lacroix. Des photos plus que compromettantes ont également défilé en projection, du genre de souvenirs qu’on ne voudrait jamais voir sortir de ses tiroirs…  

Et ce n’est là qu’un minuscule aperçu du buffet d’énormités dont on s’est régalé lors de ce mémorable BITCHfest, qu’on espère voir se répéter. Mona de Grenoble, s’il vous plaît, organise-nous d’autres soirées Tupperware dans ton genre, on veut toujours plus de tes petites bouchées piquantes! 

Mona de Grenoble présente à nouveau son one woman show, Mes premières chaleurs, les 20 et 26 juillet, à Zoofest. Le festival se poursuit jusqu’au 28 juillet.  

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