À table

Le pèse-personne aux oubliettes pour la Journée internationale sans diète

Staff - PasseportSanté.net

Personne ne devrait se soucier de son poids jour après jour. «Si c’est votre cas, reléguez votre pèse-personne et les diètes aux oubliettes, et cultivez plutôt le plaisir de manger sans culpabilité», indique Fannie Dagenais, directrice du groupe d’action sur le poids ÉquiLibre, à l’occasion de la Journée internationale sans diète (JISD).

La soixantaine d’activités prévues en mai visent principalement les mères et leurs filles. «La préoccupation excessive à l’égard du poids touche surtout les femmes, et elle peut apparaître à un jeune âge», explique la diététiste-nutritionniste.  Chez les fem­mes qui ont recours à des produits ou à des services pour maigrir, 39?% ont commencé à se préoccuper de leur poids avant l’âge de 19 ans, et peu d’entre elles imaginent pouvoir vivre sans devoir contrôler leur poids. Plus encore, une fillette de neuf ans sur trois a essayé de perdre du poids.

«Le corps parfait n’existe pas»
Plusieurs raisons peuvent mener une personne à accorder une attention excessive à son poids. Fannie Dagenais en a particulièrement contre le culte de la beauté et le mythe de la minceur entretenus par l’industrie de la mode. «Les corps parfaits qu’on nous montre dans les magazines n’existent pas. Les images sont truquées par ordinateur, dénonce-t-elle. Moins de 5 % des femmes ont ce genre de silhouette.»

Par ailleurs, la lutte menée contre l’épidémie d’obésité pourrait aussi avoir l’effet pervers d’inciter les gens à croire qu’ils doivent perdre du poids. «L’obésité est un problème de santé publique préoccupant, mais l’obsession du poids en est un aussi parce qu’il a des conséquences néfastes sur la santé, poursuit Mme Dagenais. La véritable épidémie n’est pas tant celle du poids que celle de la malbouffe, de la sédentarité et de la quête de méthodes miracles pour maigrir.»

Opposée aux changements alimentaires draconiens, elle propose de cultiver le plaisir de bien manger, de se fier aux signaux de faim et de satiété, de ne s’interdire aucun aliment qu’on aime, de bouger pour le plaisir et de s’accorder des moments de détente.

Adolescentes préoccupées
D’après le groupe ÉquiLibre, une adolescente sur deux saute un repas par jour. Une sur quatre jeûne toute la journée pour les mêmes raisons. Et jusqu’à une sur dix recommence à fumer pour combattre la faim.

Carol-Ann Fortin, qui aura bientôt 16 ans, confirme qu’à son école secondaire la plupart des jeunes souhaitent, à différents degrés, projeter une image conforme aux stéréotypes véhiculés par l’industrie de la mode.

«Toutes mes amies se préoccupent de leur poids, confie-t-elle. Même celles qui n’ont pas de poids à perdre cherchent à maigrir. Pour nous, les ados, suivre la mode et les tendances, c’est important. Mais il faut cesser d’envier les autres et d’être influencés par les publicités.»

Selon Fannie Dagenais, les parents ont un rôle primordial à jouer. «Il faut qu’ils aident leurs adolescents à retrouver l’équilibre, en mettant de côté les modèles de beauté irréalistes et en les incitant à respecter les différents formats corporels, en commençant par le leur», conclut-elle.

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