Habitation et immobilier

Acheter, rénover, pas question de «flipper» 

Dans le cadre de la série Le Tour du proprio, Métro vous emmène chez de jeunes propriétaires millénariaux qui ont fait le pari d’investir en immobilier plus tôt que tard.
Camille Robert et Marc-André Lévesque ont acheté une propriété dans Hochelaga-Maisonneuve en pleine pandémie. Photo: Gracieuseté

En apprenant qu’ils allaient bientôt devenir parents, Camille et Marc-André ont décidé de quitter leur petit appartement pour avoir un toit à eux. Mais avec leur budget réduit, il leur a fallu s’armer d’outils et de patience pour transformer un logement inhabitable en la demeure de leurs rêves.  

Propriétaires: Camille Robert (31 ans), autrice et historienne, et Marc-André Lévesque (31 ans), poète et professeur de français au cégep.  

Secteur: Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal   
Date d’achat: mars 2020  
Type de propriété:  copropriété indivise (condo au rez-de-chaussée d’un triplex) 
Dimension: 1200 pi2 (2 chambres et un bureau ouvert)

Prix affiché: 275 000 $   
Prix payé: 240 000 $ et 70 000 $ de rénovations  
Gain estimé sur la propriété depuis l’achat: 250 000 $  


Dans le cadre de la série Le Tour du proprioMétro vous emmène chez de jeunes propriétaires millénariaux qui ont fait le pari d’investir en immobilier plus tôt que tard. Par ICI les judicieux conseils.


Comment avez-vous trouvé votre condo? 

Camille: «J’ai regardé sur Marketplace et j’ai trouvé notre condo. Il n’y avait pas de photo! On l’a visité en décembre 2019 et il était dans un état inhabitable, mais on a vraiment aimé l’espace. On a essayé de négocier le prix, mais le vendeur a refusé et on a continué nos recherches. En février, il m’a rappelée en disant qu’il était prêt à négocier.» 

Marc-André: «Avant ça, c’est arrivé deux fois qu’on fasse une offre et qu’on n’ait pas le condo ou la maison. Chaque fois, c’est un deuil. On s’est vraiment vus là, on a mis le paquet, on a écrit une lettre, envoyé une photo, dit qu’on avait un bébé qui s’en venait… Finalement, on a eu de la chance de visiter notre condo dans cet état, parce que tout ce qu’on pouvait voir, c’était l’espace et la localisation. Camille m’a dit : “C’est la maison parfaite, il faut juste toute la construire.”» 

Vous avez donc dû faire beaucoup de travaux. Comment vous êtes-vous organisés? 

C: «On a pris un prêt supplémentaire de 70 000 $ pour les rénovations inclus dans le prêt hypothécaire. C’était quand même assez complexe comme travaux [ils ont carrément tout refait, des portes aux planchers en passant par l’abattement du mur porteur et l’aménagement de la cour extérieure], mais on a eu les conseils de gens autour de nous qui avaient une certaine expérience, dont mon amie charpentière. En plus, c’était une course contre la montre, parce qu’on voulait déménager avant que j’accouche. On a déménagé deux jours avant que notre fille vienne au monde! On a fait des rénos pendant quatre mois, souvent sept jours sur sept.  

À cause du confinement, le chantier a été interrompu pendant quelques semaines, mais on pouvait quand même venir faire certains travaux, comme de la démolition et du calfeutrage.»  

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans un si gros projet? 

C: «En achetant une propriété, on ne voulait pas encourager des pratiques comme les rénovictions qui défont le tissu social d’un quartier. Les projets de flip immobilier ou des condos construits en série, ce n’était pas proche de nos valeurs. Pour nous, ça avait du sens de prendre un espace abandonné que personne ne pouvait habiter et s’y installer en l’adaptant à nos besoins pour y être bien pendant plusieurs années. On voulait surtout avoir la sécurité d’un toit, sans risquer de devoir partir éventuellement.» 

M-A: «Des fois, je me dis que notre condo aurait été le rêve des flippeurs. Ils auraient acheté ça à 240 000 $ et l’auraient déjà revendu à plus de 500 000 $. On n’aurait pas pu l’acheter!»

Comment avez-vous réussi à investir? 

C: «Le point névralgique de l’accès à la propriété, c’est la mise de fonds. Les prix montent, mais les salaires ne suivent pas. Moi, rendue au doctorat, j’ai eu une bonne bourse d’études. C’est vraiment ça qui m’a permis de mettre de l’argent de côté. Sans ça, je n’aurais même pas pu penser avoir une mise de fonds! En plus, on avait un loyer qui était assez bas, ce qui nous a permis d’économiser.» 

Avez-vous des conseils pour les premier.ère.s acheteur.euse.s? 

C: «Pour accéder à un prêt hypothécaire, il faut avoir des revenus stables et une bonne cote de crédit, et il y a des trucs qui aident à l’améliorer ou à la maintenir. J’ai découvert récemment le podcast Black Inc. et la page Instagram @elleinvestit, qui offrent des réflexions et informations super pertinentes sur l’immobilier et les finances personnelles.  

Aussi, quand on magasine, on a souvent l’image idéale de ce qu’on veut. Sauf que pour le prix qu’on peut mettre, il faut souvent faire des concessions et évaluer nos priorités. Mais le nerf de la guerre, ça reste la mise de fonds. Je pense que c’est une problématique sur laquelle les gouvernements vont devoir se pencher éventuellement, parce que l’explosion du prix des loyers et l’inflation rendent l’épargne très difficile, ce qui précarise encore plus les locataires et les premiers acheteurs.» 

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