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05:30 14 août 2020 | mise à jour le: 14 août 2020 à 09:45 temps de lecture: 5 minutes

Course à la chefferie du PQ: St-Pierre Plamondon dévoile son plan de lutte au racisme

Course à la chefferie du PQ: St-Pierre Plamondon dévoile son plan de lutte au racisme
Photo: Josie Desmarais/MétroLe candidat à la chefferie du PQ Paul St-Pierre Plamondon

Caméras corporelles partout au Québec, curriculum vitae anonymes, rehaussement des sommes accordées aux services sociaux: c’est un plan de lutte au racisme en quatre phases que compte mettre en marche le candidat à la chefferie du Parti québécois Paul St-Pierre-Plamondon s’il est choisi par la formation, puis élu comme premier ministre en 2022.

L’un des quatre candidats de la formation indépendantiste dans son concours à la direction, l’avocat en a présenté les grandes lignes à Métro. Ce «Plan de lutte au racisme et à la discrimination» souhaite s’attaquer aux pratiques policières telles qu’on les connaît, aux enjeux du logement et de l’emploi, ainsi qu’aux problématiques d’inégalités sociales.

Selon M. St-Pierre Plamondon, le programme permettra d’éviter au gouvernement de «pelleter par en avant». «On est encore pris avec un gouvernement qui met en place un comité de discussion au lieu d’adopter des mesures», ajoute-t-il, en référence au Groupe d’action contre le racisme mis en place par le gouvernement de François Legault en juin.

Des caméras partout

M. St-Pierre Plamondon, qui avait participé à une première course au leadership en 2016, veut d’abord universaliser l’utilisation de caméras portatives dans les corps policiers, une pratique adoptée dans plusieurs États, mais rejetée jusqu’à maintenant par la SQ et le SPVM.

«On sait que les caméras corporelles permettent un sentiment de sécurité accru dans la population. Et d’une certaine manière aussi, ça protège les policiers. Parce qu’on n’a pas besoin de retenir la version des faits d’une personne ou d’une autre», analyse le candidat péquiste.

Ce dernier souhaite par ailleurs la mise à l’arrêt des interpellations aléatoires, qui touchent selon un rapport un nombre disproportionné de personnes noires, arabes et autochtones.

Dans un contexte où les appels à désinvestir dans la police atteignent des administrations municipales comme Montréal, celui qu’on surnomme «PSPP» propose plutôt d’y injecter des sommes.

«Moi, je dis que c’est dans la formation des policiers qu’il faut investir. Le plus qu’on donne d’outils aux policiers pour avoir la réaction proportionnée et adéquate, le mieux», propose M. St-Pierre Plamondon.

Trop peu dans les services sociaux

Si la mort de George Floyd aux mains de policiers américains a fait le tour du globe, le Québec n’est pas à l’abri d’événements du genre. Récemment, la mort de Pierre Coriolan et d’Alain Magloire lors d’interventions policières ont fait les manchettes.

Dans les deux cas, l’homme tué par les policiers du SPVM était en crise, a conclu le Bureau du coroner. Paul St-Pierre Plamondon estime qu’un réinvestissement dans les services sociaux pourrait éviter de tels tragédies.

«On a désinvesti dans plusieurs domaines où aujourd’hui, les policiers ont la charge. Et des policiers surchargés peuvent faire preuve de fatigue, de difficultés», affirme l’homme politique.

À ses yeux, les «désinvestissements des libéraux» dans les quinze dernières années ont affecté les personnes immigrantes – et donc souvent les minorités visibles – de façon disproportionnée.

«Si on a de l’immigration qui arrive avec pas une fortune, ils se retrouvent pris dans une société qui n’est pas méritocratique. Avant ces coupures, il y avait de la mobilité sociale», avance le candidat à la chefferie.

«Là, ça crée une frustration parce qu’ensuite va venir la stigmatisation par quartiers, par couleur de peau. Lorsqu’on coupe dans nos écoles, nos hôpitaux, on crée de toute pièce l’environnement pour la discrimination.» – Paul St-Pierre Plamondon, candidat à la chefferie du PQ

Logement et accès à l’emploi

En décembre dernier, un rapport de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) concluait que l’accès au logement à Montréal était «discriminatoire».

Un avis que partage M. St-Pierre Plamondon. Pour y remédier, il veut financer des «forums de discussion» entre locateur et locataire. Un espace qui pourrait collaborer avec cette même CDPDJ ou avec la Régie du logement pour que le propriétaire entende les allégations de discrimination d’un potentiel locataire.

L’accès à l’emploi des personnes issues de la diversité occupe le dernier chapitre du plan de «PSPP». En plus de promettre un projet pilote de curriculum vitae anonymes, le candidat veut créer des incitatifs pour les employeurs.

«Il faut faire en sorte que les organismes respectent leurs plans d’accès à l’égalité. En ce moment, il n’y a pas de suivi. Pour que ça soit pris au sérieux, je propose de rendre les bonis des gestionnaires conditionnels à l’atteinte de ces objectifs», soutient-il.

Un chef le 9 octobre

Le Parti québécois officialisera le choix de son prochain chef à la mi-octobre. C’est lui qui fera campagne aux élections provinciales de 2022.

Entretemps, les quatre candidats, Sylvain Gaudreault, Guy Nantel, Frédéric Bastien et M. St-Pierre Plamondon présentent leurs visions. La permanence du PQ tiendra trois débats virtuels, le 26 août, le 8 septembre et le 22 septembre. Ils seront diffusés virtuellement.

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