Politique

Valérie Plante remporte la victoire

Les Montréalais ont choisi d’accorder, à nouveau, leur confiance à Valérie Plante. La mairesse a donc une bonne raison de sourire, l’emportant avec 49,4% des voix (résultats préliminaires).

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Déjà, lors de la dernière journée de campagne, Valérie Plante prenait la tête des intentions de vote dans un sondage publié vendredi. La tendance s’est confirmée dans le vote samedi et dimanche.

Si la mairesse remporte la victoire, la campagne électorale n’a pas été de tout repos. Surtout dans les deux derniers jours, lorsqu’une allégation d’inconduite sexuelle lui a coûté un élu bien installé.

Pour la professeure associée en gestion municipale à l’UQAM Danielle Pilette, Mme Plante aura convaincu les Montréalais par «son côté studieux, bonne élève et tenace» qui lui a permis de dresser des diagnostics et des portraits justes des défis de la métropole. Alors que Denis Coderre, de son côté, était plus «impulsif, pugnace» et formulait des critiques à l’égard de l’administration qui «n’étaient pas toujours mesurées».

Valérie Plante a mené une campagne rationnelle. Elle faisait toujours un état de la situation qui n’était pas exagéré, qui présentait des faits. Ça vaut sur la sécurité ou la contamination des terrains par exemple. Ses actions sont fondées sur des diagnostics, ces diagnostics-là apparaissent rationnels, elle apporte des solutions à des problèmes documentés.

Danielle Pilette, professeure associée en gestion municipale à l’UQAM
Rassemblement de Projet Montréal à l’Olympia. Crédit: Rosanna Tiranti

Une campagne positive

Hormis sur l’enjeu de la fluidité automobile, cristallisé par la réplique de Denis Coderre pour qui «même l’escouade mobilité est pognée dans le trafic», Mme Plante n’a pas «démérité» juge la politologue.

Alors que Valérie Plante reprochait à son adversaire de mener une campagne «négative» en affublant la métropole de qualificatifs tels que «sale, non sécuritaire, au bord de la faillite financière», la mairesse a, quant à elle, misé sur le positif, avec rationalité.

«Mme Plante est capable de jouer sur le positif, de ne pas voir ce que Montréal a perdu mais plutôt le mouvement de reprise économique.»

La transparence a fait pencher la balance

L’enjeu de la transparence aura fait pencher la balance lors du vote, croit Mme Pilette. Lors de la dernière semaine, alors que Valérie Plante a dévoilé spontanément l’ensemble de ses revenus pour les quatre dernières années, son adversaire Denis Coderre, lui, a trainé des pieds, prétextant que des ententes de confidentialité l’empêchaient de dévoiler la liste de ses clients.

Et lorsqu’il a enfin dévoilé cette liste, elle était partielle. Cette situation aura permis à la mairesse sortante de «le définir en repoussant aux limites la transparence quant à ses activités». Ramenant du même coup le spectre de la Formule E au-devant de la scène municipale.

Une course à deux

La campagne électorale s’est finalement avérée être un duel entre Denis Coderre et Valérie Plante.

Balarama Holness, le fondateur de la «troisième voie» chef de Mouvement Montréal, n’aura jamais été réellement dans le coup. Sa fusion échouée avec Ralliement Montréal et son «obsession» pour l’instauration d’un statut bilingue à Montréal lui aura coûté plusieurs votes, considère Mme Pilette. Toutefois, à la question de savoir si «un vote pour Balarama Holness est un vote pour Plante», Danielle Pilette estime que «M. Holness, en mettant l’accent sur le projet linguistique, s’est trouvé en porte-à-faux avec M. Coderre» sans que cela nuise à Mme Plante.

En vue des prochaines élections municipales, il serait nécessaire d’avoir une troisième option valide, explique Mme Pilette. «On l’a vu avec les élections fédérales, il est de plus en plus difficile d’obtenir un consensus. Dès qu’il est question d’une population assez nombreuse, il y a de la place pour une troisième option crédible», estime-t-elle.

En regardant vers l’avenir d’une administration Plante, le principal défi, selon la politologue, sera, en matière d’habitation, de faire accepter aux promoteurs le règlement 20-20-20 et de le faire «fonctionner». Comme autres défis, la professeure note la nécessité de rétablir une certaine fluidité de la circulation, de mieux communiquer au sujet des entraves ou encore celui de l’entente entre tous les membres du parti. Des controverses, poursuites et départs ont en effet ponctué le premier mandat de Projet Montréal.

Avec la collaboration d’Eric Martel.

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