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Le défilé de la Fierté, un outil toujours important, selon des organismes

Le défilé de la Fierté, un outil toujours important, selon des organismes
Photo: Pablo Ortiz/Métro

Il y a 40 ans, le militant LGBTQ+ John Banks organisait une marche pour les droits gais à Montréal, entre le carré Saint-Louis et le parc La Fontaine. Une cinquantaine de personnes étaient présentes. Aidé par son envergure nouvelle, le défilé de la Fierté continue à véhiculer ces valeurs, soutiennent des membres de la communauté. Photoreportage.

«Ce n’était pas une manifestation contre quelque chose, mais une parade pour nous amuser, raconte M. Banks, rencontré au défilé. Quand on pense à ce que Fierté Montréal a fait, c’est vraiment amusant!»

John Banks
Le militant John Banks

Dimanche, avant de faire son bilan, l’organisme Fierté Montréal estimait que 300 000 personnes se présenteraient au défilé. Les rues se sont d’ailleurs bigarrées dès 13h de nombreux drapeaux de la communauté LGBTQ+.

Un long parcours

«Ça me fait pleurer à chaque année, a affirmé M. Banks. Depuis le tout début, je veux qu’on soit LGBT dans la rue, ouvertement et fièrement. Il y a beaucoup de monde qui ne voulait pas faire partie de la première parade. Ils avaient peur d’être identifiés comme gais.»

Le directeur général de la Fondation Émergence, Laurent Breault, remarque lui aussi que la place de la Fierté à Montréal a énormément changé. «C’est devenu une véritable festivité où nos alliés sont présents. Ma famille, mes amis sont là, et ils ne sont pas nécessairement LGBTQ+», constate-t-il.

Les personnes transgenres en particulier ont dû attendre avant de pouvoir s’asseoir à table, explique le porte-parole de l’Aide aux trans du Québec (ATQ), Julien Leroux-Richardson.

«Il y a 12 ans, la fondatrice de l’ATQ était toute seule comme personne trans, lance-t-il. On est rendus à plusieurs organismes trans dans la parade. On voit qu’il y a plus d’inclusion dans la société.»

Le drapeau trans
Le drapeau trans, en rose, bleu et blanc

Influence importante

La militante Anne Morin, membre du Centre de solidarité lesbienne (CSL), a elle aussi vécu les premiers défilés dans la métropole. Elle croit toujours au pouvoir de cette démonstration.

«C’est important d’être nombreux au défilé, à cause du climat politique. Il faut montrer qu’on est présents et qu’on ne perdra pas nos droits acquis», soutient Mme Morin.

Même son de cloche chez Laurent Breault, qui rappelle que la marche ne s’adresse pas qu’aux Québécois et aux Canadiens.

«On marche pour ceux qui ne peuvent pas marcher. On leur envoie un message d’espoir. 70 États criminalisent encore l’homosexualité.» – Laurent Breault, directeur général de la Fondation Émergence

Selon l’ambassadrice de Fierté Montréal, Sandy Duperval, «les défis changent» avec le temps.

«Au début, c’était une question de liberté, de décriminalisation, rappelle-t-elle. Aujourd’hui, on essaie de rassembler les gens. Il faut tenter de faire avancer les choses dans la communauté, parce qu’on parle de différents groupes marginalisés qui essaient de créer un ensemble.»

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– Photos de Pablo Ortiz