Montréal
13:44 2 mars 2020 | mise à jour le: 2 mars 2020 à 16:42 Temps de lecture: 5 minutes

COVID-19: l’Hôpital général juif prêt à affronter «la pire des crises»

COVID-19: l’Hôpital général juif prêt à affronter «la pire des crises»
Photo: Josie Desmarais/MétroUne affiche rappelle les mesures de précaution avant d'entrer dans une chambre, à l'Hôpital général juif.

Désigné pour prendre en charge un nombre grandissant de cas du COVID-19 chez les adultes à Montréal, l’Hôpital général juif (HGJ) assure que son personnel est prêt à faire face à une «aggravation de la crise». Au dixième étage du pavillon K de l’établissement, qui sera dédié aux patients testés positifs devant être hospitalisés, tout est mis en place.

«Les chambres de cette unité peuvent être en pression négative, donc l’air est filtré dès le départ. Ça nous permet vraiment de contenir le virus à l’intérieur. Et non de le propager dans nos systèmes de ventilation», assure la directrice de la qualité la responsable de la qualité des opérations du CIUSSS Centre-Ouest de l’île de Montréal, Joanne Côté.

Quelque 24 de ces chambres à «pression négative» se trouvent au dixième étage, qui constitue le principal foyer de mise en quarantaine de l’hôpital. Au total, celui-ci dispose de 87 espaces entièrement isolés pour accueillir des patients. À l’échelle du Québec, il y en a environ 700.

En entrant dans une chambre pareille, on ressent un «sentiment de succion», illustre la directrice des services professionnels de l’HGJ, Louise Miner. «Quand on ouvre la porte, on le sent. On pompe l’air dans la chambre et on retire l’air à plus grand volume. L’air sort plus vite qu’il n’entre», résume-t-elle.

«On a une capacité d’absorber beaucoup de personnes. Mais c’est très peu probable qu’on se ramasse avec 60 patients hospitalisés.» -La Dre Louise Miner

Joanne Côté et Louise Miner, dans une chambre à pression négative

Des exercices «en live» sur le COVID-19

Plusieurs simulations ont eu lieu avec les médecins, les infirmières et le personnel dans les deux dernières semaines, dans tous les départements. L’objectif serait de préparer le personnel à l’arrivée d’un patient déclaré positif, puis au bon déroulement de son traitement.

«Il faut bien déterminer où on passe, et quel ascenseur on utilise. Bref, la structure en place pour protéger tout le monde, dit Joanne Côté. C’est une approche très rigoureuse, avec un tracé précis. On prend le chemin le plus court.»

La directrice des soins infirmiers du CIUSSS Centre-Ouest, Lucie Tremblay, rappelle de son côté qu’aucun employé n’agira seul, afin de rassurer tout le monde. «Il y aura toujours une ombre derrière chaque infirmière, chaque médecin, donc une autre personne pour s’assurer qu’il n’y a pas de contamination au COVID-19. La préparation, ça aide à diminuer le stress», avance-t-elle.

Une pression «supplémentaire» à prévoir

Pour le microbiologiste et infectiologue à l’HGJ, Yves Longtin, le «plus grand défi» sera de planifier le mouvement des autres patients, si le nombre de cas du COVID-19 augmente à Montréal. «Il faudra faire de la place. Ça mettra une pression supplémentaire sur le réseau, donc ce n’est pas une décision qu’on pourra prendre unilatéralement», soutient-il.

Des discussions quotidiennes auront lieu avec Québec pour évaluer les besoins, selon lui.

«On a des scénarios pour faire face à la pire des crises, mais pas nécessairement de chiffres précis pour indiquer qu’on passe à un tel niveau.» -Yves Longtin, microbiologiste

Même son de cloche pour Louise Miner, pour qui l’ensemble du réseau devra être sollicité.

«Si l’étage ici se remplit de patients infectés par le coronavirus, ça veut dire que nos cas d’AVC vont devoir aller sur un autre étage. Et ce sont les patients sur cet autre étage qui devront être dirigés ailleurs. On ne peut pas faire ça tout seul», résume-t-elle.

Entre trois et quatre niveaux de contingentement sont prévus pour réagir à une hausse de cas du COVID-19.

D’autres centres à désigner?

Jointe par Métro, la porte-parole au ministère de la Santé et des Services sociaux, Marie-Claude Lacasse, affirme que d’autres établissements pourront être désignés si les besoins le demandent.

«La situation est gérée en temps réel. Il y a des scénarios examinés en fonction de l’évolution de la situation, assure-t-elle. Plusieurs autres établissements ont la capacité d’accueil nécessaire, et ce dans toutes les régions.»

L’attaché de presse de la ministre Danielle McCann, Alexandre Lahaie, abonde dans le même sens.

«Rien n’est exclu en matière de moyens s’il y a une escalade de la crise, conclut-il. On a évoqué la possibilité d’implanter des cliniques faites pour ça, en première ligne, si c’est nécessaire.»

Un premier cas d’infection au coronavirus a été confirmé vendredi au Québec, portant le total à 16 au Canada.

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