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Legault et l’opinion publique: l’étau politique se resserre

Quelques jours après avoir dit que le Québec «résistait», François Legault reconfine. Dans deux conférences de presse d’urgence organisées la semaine dernière, le premier ministre a tour à tour resserré l’écrou. Une troisième vague de confinement qui pourrait entamer l’opinion publique pour de bon, selon des experts.

Québec a posé la première pierre le 31 mars: la situation était telle à Québec, Lévis et Gatineau, que le gouvernement Legault s’est dit forcé de mettre ces trois villes «sur pause» pour une dizaine de jours.

Puis, moins d’une semaine plus tard, le premier ministre allait un pas plus loin. Mardi dernier, François Legault ordonnait le retour en alternance des élèves de troisième, quatrième et cinquième secondaire. Les gyms se voyaient eux aussi forcés de fermer jusqu’à nouvel ordre.

Ce n’était pas la dernière annonce de la semaine. Jeudi, le premier ministre a confirmé le retour du couvre-feu à 20h à Montréal et à Laval. «On n’avait même pas eu le temps de complètement déconfiner qu’est arrivée la troisième vague», a convenu M. Legault, avançant du même coup que son gouvernement jouait un peu au «yoyo».

Populaire comme jamais

Le gouvernement Legault surfe sur une vague de popularité sans équivoque depuis le début de la pandémie. Un sondage récent – daté de février 2021 – donnait à la CAQ une avance allant jusqu’à 33% dans les intentions de votes provinciales.

À travers le Canada, rares sont les premiers ministres qui ont obtenu autant d’appuis pour leur gestion de crise. Hormis les premiers ministres des Maritimes, François Legault est le premier ministre avec le plus haut taux d’approbation au pays, selon l’Institut Angus Reid.

Vendredi, la firme d’analyse de l’opinion publique publiait une nouvelle étude sur l’approbation des décisions sanitaires. Selon des données du mois d’avril, le chef d’État québécois obtient encore l’appui de 63% de la population, le deuxième meilleur total derrière les premiers ministres des provinces maritimes.

«M. Legault a quand même réussi à incarner une figure rassurante. On a devant nous un père de famille», analyse l’expert en communication politique Olivier Turbide, qui enseigne au Département de communication sociale et publique de l’UQAM.

Mais le soutien, qui semblait par moment indéfectible, s’effrite. Selon les données récoltées la semaine dernière par Angus Reid, les autorités sanitaires au Québec passent au quatrième rang des taux d’approbation (63%), derrière les Maritimes, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan.

Les impacts d’un resserrement

Cet effritement s’observe dans l’opinion publique des Québécois, selon l’étudiant à la maîtrise en science politique Marc-Antoine Rancourt. Ce dernier participe au Projet Quorum, un site Web interactif créé par des membres des corps professoral et étudiant de l’Université Laval, et qui vise à prendre le pouls des Québécois, mais aussi des décideurs et des médias, face aux décisions du gouvernement.

Projet Quorum récolte l’opinion de la population grâce à des coups de sonde réguliers pour peindre un portrait de leur attitude. «On a accès à ces données-là depuis quelques mois déjà. Ce qu’on peut remarquer, c’est que, quand il y a des mesures de relâchement, on voit un bond significatif dans la mesure de l’optimisme des gens», constate-t-il.

Les données sur l’opinion publique du Projet Quorum ne sont pas encore disponibles publiquement – quoiqu’elles devraient l’être bientôt. Or, la mesure de l’optimisme dans la classe politique apparaît sur son site Web. Et l’humeur des politiciens, François Legault inclus, chute drastiquement depuis la fin mars, peut-on constater.

Dans la population, la même tendance est observable, observe Marc-Antoine Rancourt, en référence à des statistiques encore préliminaires.

«Surtout dans les derniers jours, il y a une hausse du pessimisme dans l’opinion publique», remarque-t-il.

«Ça vient avec la job»

François Legault a tenté de prendre le poids du blâme, jeudi dernier, après un point de presse mouvementé lors duquel il avait souvent référé au rôle de la santé publique dans ses décisions, deux jours plus tôt.

«Quand même que je voudrais plaire à tout le monde, c’est impossible. Comme dirait Bernard Landry, si tu veux te faire aimer, ne fait pas de politique, achète-toi un chien», a-t-il lancé.

Selon Olivier Turbide, les annonces rapides des dernières semaines ont resserré l’étau de l’opinion publique sur François Legault. D’où cette sortie hors de l’ordinaire, avance-t-il.

«C’est sûr que sur le plan de l’image, ça fait mal», lance ce professeur de l’UQAM.

«Il y a une semaine ou deux, on maîtrisait le virus, la vaccination allait bien, on était sur la bonne voie. Là, tout d’un coup, c’est le bouton panique», poursuit-il.

Marc-Antoine Rancourt ne serait pas surpris de voir ces décisions avoir un impact à long terme sur l’opinion envers François Legault et le gouvernement. «Depuis le 20, 22 mars, l’opinion publique [envers la gestion de crise] est presque en chute libre», observe-t-il.

Des effets électoraux?

Legault n’est pas le seul premier ministre qui doit composer avec une opinion publique méfiante. La semaine dernière, des médias albertains rapportaient que le premier ministre de la province, Jason Kenney, aurait menacé des députés dissidents de déclencher une élection d’urgence. Si elle devait se concrétiser, elle pourrait avoir des impacts importants sur l’homme politique conservateur, lui qui obtient des taux d’approbation de moins de 50% selon Angus Reid.

Nul ne peut dire ce que sera l’enjeu de l’urne aux prochaines élections provinciales québécoises. La gestion de crise pandémique? Si c’est le cas, Marc-Antoine Rancourt doute que cette conjoncture désavantage M. Legault, même si 10 700 personnes sont décédées des suites de la COVID-19.

«La plupart de nos répondants sont en accord avec les différentes politiques mises de l’avant pour protéger la vie des Québécois. Si la question de l’urne est la gestion de la pandémie, les chances sont que beaucoup de gens vont considérer que François Legault a la note de passage», affirme le chercheur en sciences politiques.

Des points de presse politiques?

Selon le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, M. Legault «profite» des points de presse gouvernementaux pour récupérer des appuis perdus durant la pandémie.

À la fin du mois de janvier, à peu près un an après le début de la crise sanitaire, François Legault a tenu à assurer les Québécois de son intention de remplir ses promesses électorales.

«Depuis un an, la pandémie a pris beaucoup de place, mais je veux rassurer les Québécois, avait-il dit. On est tous convaincus que toutes les promesses électorales qu’on a faites, lors de la campagne de 2018, on va être capables de les respecter.»

St-Pierre Plamondon évoque un «monopole du message» par le gouvernement.

«Les points de presse, on en profite pour faire de la politique, rétorque Paul St-Pierre Plamondon. Lorsqu’on qualifie la gestion de la vaccination d’extraordinaire, clairement, il y a un manque d’objectivité. On est devant une infopub.»

La semaine dernière, le PQ a demandé au gouvernement de François Legault de revoir le format de ses conférences de presse. Les avis de la santé publique, ainsi que les communiqués de presse du gouvernement, doivent être rendus publics avant l’heure, a demandé la formation indépendantiste.

Puis, à l’avenir, il faudra une enquête publique et indépendante sur la gestion de crise, réitère M. St-Pierre Plamondon. Les deux autres partis d’opposition, le Parti libéral et Québec solidaire, le demandent également depuis des mois.

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Coronavirus: le nombre de personnes hospitalisées franchit le cap des 200 à Montréal

Le nombre de personnes hospitalisées pour le coronavirus à Montréal a récemment franchi le cap des 200, une situation qui inquiète la Santé publique à l’approche du temps des Fêtes.

Actuellement, Montréal enregistre une moyenne de 270 cas quotidiens de coronavirus, a indiqué mercredi la directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, lors d’une conférence de presse tenue en après-midi à l’hôtel de ville de Montréal. Le taux de reproduction du virus se situe d’ailleurs sous la barre du 1 actuellement dans la métropole.

«C’est encourageant. Ça démontre que les gens ont moins de contacts», a indiqué Mme Drouin. Le plus récent bilan de la Santé publique de Montréal fait d’ailleurs état de 219 nouveaux cas en 24 heures.

La situation des hôpitaux préoccupe toutefois la Santé publique. Dans deux mois, le nombre de personnes hospitalisées pour la COVID-19 à Montréal a connu une hausse soutenue pour atteindre 207 actuellement, incluant 29 patients aux soins intensifs.

«Pour la première fois [depuis le début de la deuxième vague], nous avons franchi la barre des 200 patients hospitalisés dans les hôpitaux à Montréal», a déclaré la présidente-directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Sonia Bélanger.

Or, le réseau de la santé subit déjà, en temps normal, une croissance de son achalandage à cette période-ci de l’année, a-t-elle souligné.

«Pénurie de ressources»

En tout, la métropole compte 1000 lits d’hospitalisation, dont 150 en soins intensifs. «Donc, actuellement, on a encore de la capacité», a assuré Mme Bélanger. Elle prévient toutefois que si le nombre de personnes hospitalisées pour la COVID devait continuer d’augmenter dans les prochaines semaines, cela pourrait forcer le réseau de la santé à «délester certaines opérations».

«On est déjà dans une pénurie de ressources importantes et les employés sont fatigués», a ajouté Mme Bélanger, qui a qualifié les enjeux de main-d’oeuvre dans le réseau de la santé de «critiques» à Montréal. Ce sont d’ailleurs 350 employés du réseau de la santé qui ne sont actuellement pas au travail, soit parce qu’ils ont reçu un test positif à la COVID-19 ou qu’ils sont en attente du résultat d’un test de dépistage.

À partir de la première semaine de décembre, la Santé publique envisage donc de réduire progressivement l’offre de certains services dans les hôpitaux montréalais afin de pouvoir «donner des congés» aux employés de la santé, a indiqué Sonia Bélanger. Plusieurs d’entre eux risquent toutefois d’avoir un horaire qui ne leur permettra pas de bénéficier des journées permises par Québec pour tenir jusqu’à deux rassemblements, du 24 au 27 décembre.

Au plus fort de la première vague, le nombre de personnes hospitalisées à Montréal a atteint un sommet de 837, forçant la mise sur pause de nombreuses opérations, incluant des chirurgies et des traitements contre le cancer.

«Si on veut avoir une période des fêtes selon les lignes directrices de Québec, il va falloir faire attention. Dans les hôpitaux, on voit une augmentation [des hospitalisations] et ça nous fait peur parce qu’on doit donner des congés aux travailleurs de la santé.» -Sonia Bélanger, PDG du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Programmation hivernale

Afin d’inciter davantage les Montréalais à sortir dehors, où le risque de transmission du coronavirus est plus faible, Mme Plante présentera d’ailleurs jeudi la programmation hivernale de la Ville. Une patinoire ouvrira notamment en décembre au square Cabot, près de la station de métro Atwater.

«Bien sûr, il y aura des règles [sanitaires] à respecter pour les patinoires, mais on veut que les gens bougent», a lancé Mme Plante.

Des petites places publiques – baptisées «stations hivernales – verront aussi le jour à proximité d’artères commerciales afin d’«animer et d’agrémenter votre magasinage», a ajouté Mme Plante, qui souhaite ainsi faire la promotion de «l’achat local».

254 éclosions

La Santé publique rapporte actuellement 254 éclosions actives à Montréal, dont 109 en milieux de travail, 74 dans des écoles, 40 en milieux de soins et 21 en services de garde. Il s’agit, dans la vaste majorité des cas, de petites éclosions, a précisé Mylène Drouin.

Par ailleurs, bien que le taux de positivité ait diminué sous la barre de 5% en général à Montréal, la Santé publique rapporte toutefois «quelques quartiers chauds». Il s’agit entre autres de Parc-Extension, de Snowdon, de Rivière-des-Prairies, de LaSalle et de Saint-Léonard.

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Coronavirus: Montréal a atteint un «plateau inconfortable»

La situation du coronavirus s’est stabilisée à Montréal, mais à un «plateau inconfortable», a indiqué la Santé publique vendredi. Un assouplissement de certaines restrictions est toutefois envisagé dans la métropole pour donner un répit à la population.

La directrice régionale de santé publique de Montréal (DRSP), Mylène Drouin, a donné une conférence de presse vendredi pour faire le point sur la transmission du coronavirus dans la métropole, environ un mois après son passage en zone rouge.

«La situation demeure stable sur tous nos indicateurs […] Je pense que globalement, on peut se féliciter. Nos efforts ont porté fruit», a-t-elle souligné. Du même souffle, elle ajoute cependant que le plateau atteint «n’est pas confortable» alors que la transmission communautaire du coronavirus continue. Elle est particulièrement importante dans certains quartiers montréalais, incluant notamment Côte-des-Neiges, Côte-Saint-Luc, Saint-Laurent et Parc-Extension, où la Santé publique entend augmenter ses efforts en matière de dépistage.

«Infléchir» la courbe

Globalement, Montréal a enregistré au cours des sept derniers jours 1648 cas, soit «autour de 240-250 cas en moyenne par jour», ce qui est inférieur à la moyenne quotidienne enregistrée les deux semaines précédentes, qui tournait autour de 310 cas par jour, selon un récent rapport de la Santé publique de Montréal. Le nombre de contacts à retracer pour chaque cas positif a toutefois connu une certaine remontée récemment, tandis que le taux de positivité tourne autour de 5% dans la métropole actuellement.

«Je vous demande, comme le gouvernement, de ne pas baisser la garde. La transmission communautaire augmente. On est encore dans la zone rouge, donc on doit continuer à faire des efforts pendant encore quelques semaines», a ajouté Mme Drouin, qui aimerait «infléchir» la courbe épidémiologique d’ici au temps des Fêtes.

Plus d’éclosions dans les écoles

On rapporte par ailleurs 236 éclosions actives actuellement à Montréal. De ce nombre, 62 proviennent de milieux de travail, en baisse par rapport à la semaine dernière. La situation est plus préoccupante dans les écoles, cependant.

«C’est vraiment dans le secteur du milieu scolaire qu’on les plus fortes hausses en terme de nombre de cas et du nombre d’éclosions», a évoqué Mylène Drouin. Elle rapporte ainsi 25 éclosions actives dans des services de garde et 93 en milieux scolaires.

«On a même dû fermer une école hier parce que les cas étaient dispersés dans la quasi-totalité des classes», a-t-elle ajouté. Au moment d’écrire ces lignes, Métro n’avait pu préciser de quelle école il s’agit. Celle-ci serait située dans le nord de l’île.

La Santé publique s’inquiète par ailleurs de la hausse du nombre de cas positifs au coronavirus dans les CHSLD de Montréal, qui est passé en une semaine de 41 à 88. Il a aussi augmenté dans les résidences privées pour aînés, passant de 42 à 47 cas positifs.

«Il faut continuer d’être très vigilants, dans un contexte où notre réseau de la santé est en pénurie de personnel», a soulevé la présidente-directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Sonia Bélanger.

Cette dernière a d’ailleurs souligné que 45 000 personnes sont actuellement en attente d’une chirurgie à Montréal en raison du contexte de la pandémie.

«Pour les prochaines semaines, on doit faire un effort pour réduire nos contacts.» -Mylène Drouin, DRSP

Vers des assouplissements

Mme Drouin a toutefois reconnu la fatigue de la population montréalaise, alors que Québec a annoncé cette semaine une prolongation des restrictions dans les régions en zone rouge au moins jusqu’au 23 novembre. Dans les derniers jours, tant les restaurateurs qui les propriétaires de gyms – et leurs clients – ont fait part de leur opposition au prolongement de certaines de ces restrictions.

«Même si on reste dans la zone rouge pour une longue période, et j’espère que ce ne sera pas le cas, on va devoir modérer notre intervention parce que la population aura de la difficulté à supporter ces restrictions pendant un long moment», a-t-elle évoqué.

Questionnée par Métro, Mme Drouin a indiqué vouloir prioriser la reprise des activités où le risque de transmission du coronavirus est le plus faible. Elle a ainsi évoqué la réouverture possible des bibliothèques publiques. Certaines activités sportives pourraient aussi reprendre, a-t-elle dit, sans toutefois donner d’exemples précis.

«Il y a sans doute des sous-groupes et des types d’activités qui sont moins à risque et c’est ce qu’on est en train d’identifier pour voir ce qu’on pourrait rouvrir», a-t-elle ajouté.

Mme Drouin a aussi souligné l’importance de trouver des moyens d’inciter les Montréalais à prendre l’air cet hiver, les risques de transmission du coronavirus étant plus faibles à l’extérieur qu’à l’intérieur.

«On se doit de regarder avec nos partenaires comment on peut développer une offre d’activités qui vont permettre aux gens de socialiser et d’ainsi vivre une vie plus normale», a-t-elle dit.

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Aide aux commerces: Montréal rendra le stationnement gratuit la fin de semaine

À l’approche du temps des Fêtes, une période cruciale pour les commerces de la métropole, la Ville de Montréal annonce ce jeudi un plan d’aide de 6 M$, qui prévoit notamment de rendre le stationnement sur rue gratuit la fin de semaine pendant un mois et demi.

Ainsi, tous les espaces de stationnement tarifés sur rue seront gratuits chaque weekend, du 14 novembre au 31 décembre, partout dans la ville.

Cette mesure, qui s’appliquera à environ 18 000 places de stationnement à Montréal, dont 7500 au centre-ville, devrait faire perdre environ 1,7 M$ en revenus de parcomètres à la Ville.

«C’est très positif parce que ça va aider les clients à se rendre au centre-ville et à s’y stationner», a réagi à Métro le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) Montréal centre-ville, Émile Roux. La semaine dernière, un sondage mené par cette SDC montrait d’ailleurs que les automobilistes ont été les plus grands consommateurs sur la rue Sainte-Catherine Ouest, cet été.

Une mesure temporaire?

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’est montrée évasive vendredi quant à la possibilité de prolonger cette initiative au-delà du 31 décembre, voire de la rendre permanente.

«Il y a des études qui laissent penser que des stationnements gratuits, ça règle tout. Il y a une espèce de penser magique. Ce n’est pas nécessairement le cas, mais peut-être que oui. Donc, on va prendre le temps  d’aller chercher l’information pour mieux comprendre les comportements des consommateurs et les impacts que cela a sur les commerces», a indiqué Mme Plante, lors d’une conférence à l’hôtel de ville jeudi avant-midi.

Pour le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez, cette décision de l’administration Plante «est un aveu d’échec».

«Pendant des années, ils ont supprimé des centaines d’espaces de stationnement avec la prétention que ça n’affecterait pas les commerçants […] Et là, aujourd’hui, elle dit qu’elle va rendre le stationnement gratuit pour aider les commerçants», ironise-t-il, en entrevue à Métro.

L’élu d’Ensemble Montréal croit par ailleurs que la Ville «aurait la marge de manoeuvre» pour conserver les espaces de stationnement gratuits «au-delà du Temps des Fêtes». Il rappelle que la Ville a reçu récemment un montant de plus de 263 M$ de la part de Québec pour l’aider à faire face à la pandémie.

Les fonds qui permettront de financer l’ensemble du plan annoncé jeudi proviennent d’ailleurs de Québec, via l’entente Réflexe Montréal.

Heures d’ouverture prolongées

Le Ville prolongera aussi les heures d’ouverture des détaillants de la métropole, là aussi du 14 novembre au 31 décembre. Ils pourront ainsi rester ouverts jusqu’à 22h la fin de semaine et jusqu’à 19h, du  lundi au vendredi. Puisque les commerces du centre-ville disposent déjà d’une telle flexibilité depuis quelques années, cette mesure bénéficiera essentiellement aux établissements situés ailleurs dans la métropole.

«On va être capable d’avoir une plage horaire beaucoup plus grande pour répartir la clientèle», a souligné le président de l’Association des SDC de Montréal, Billy Walsh, présents aux côtés de Mme Plante jeudi. Il voit donc là une manière «d’atténuer la courbe» dans le contexte de la lutte contre le coronavirus.

«Si on n’aide pas les commerçants pendant le temps des fêtes, certains ne passeront pas au travers.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Aménagements hivernaux

La Ville financera aussi la tenue d’animation et la mise en place d’aménagements adaptés à l’hiver au centre-ville. Il pourrait s’agir, par exemple, de nouvelles places publiques ou de tronçons de rue réservés aux piétons.

«On veut que ça soit les arrondissements et les sociétés de développement commercial nous fassent des propositions», a précisé la mairesse. Cette dernière a d’ailleurs pu confirmer que le tronçon de la rue Sainte-Catherine Ouest situé devant le Complexe Desjardins demeurera réserver aux piétons cet hiver, à la demande notamment du Partenariat du Quartier des spectacles et de la SDC Montréal centre-ville.

«Nous sommes convaincus que cela va contribuer à attirer des visiteurs au centre-ville de Montréal», a affirmé Mme Plante.

Aide financière

La Ville ajoute aussi 1,5 M$ à un fonds de PME MTL dédié à aider les commerces à entamer leur virage numérique ou à adapter leur établissement aux mesures sanitaires mises en place par les autorités publiques.

«Le message qu’on envoie aujourd’hui, c’est que les artères seront ouvertes pendant le temps des Fêtes et que ça se fera dans le respect des règles sanitaires», estime Émile Roux.

Les mois de novembre et de décembre sont cruciaux pour les commerces de la métropole. Pendant ces deux mois, ils réalisent en moyenne près de 20% de leurs revenus annuels, selon des données de la Ville.

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Coronavirus: le nombre d’itinérants a-t-il doublé à Montréal?

Le nombre d’itinérants aurait doublé à Montréal, principalement en raison de la pandémie, selon la mairesse Valérie Plante. Une estimation que remettent toutefois en question plusieurs organismes du milieu consultés par Métro.

«Selon notre commissaire aux relations avec les personnes en situation d’itinérance [Serge Lareault] et les refuges avec lesquels on travaille étroitement, le nombre d’itinérants aurait doublé», a déclaré Mme Plante vendredi. Elle répondait alors à la question d’un journaliste en marge d’une conférence de presse portant sur la conclusion d’une entente de principe entre Québec et Ottawa quant à la Stratégie nationale sur le logement.

Le dernier recensement des sans-abri au Québec, réalisé en 2018, faisait état de 3149 personnes en situation d’itinérance visible dans la métropole. Or, «il y aurait à peu près 6000 personnes en situation d’itinérance» actuellement, a affirmé Mme Plante.

Contacté par Métro, le directeur des communications du cabinet de Mme Plante, Youssef Amane, n’a pu fournir une estimation plus précise du nombre d’itinérants à Montréal. Il précise que la Ville est arrivée à ce constat «au fil des discussions avec les partenaires».

Deux fois plus d’itinérants?

Plusieurs organismes montréalais œuvrant auprès des personnes en situation d’itinérance à Montréal ont toutefois remis en question l’estimation de la Ville, vendredi.

«C’est certain que le chiffre [du nombre d’itinérants à Montréal] risque d’avoir augmenté. Mais honnêtement, je ne pense pas qu’on ait vraiment des données précises qui nous permettent d’arriver à cette conclusion», souligne à Métro le président-directeur général de la Mission Bon Accueil, Samuel Watts.

«S’il y a eu un calcul, j’aimerais qu’on le partage avec nous parce qu’on est sur le terrain», ajoute-t-il. Une demande que partage le président et chef de la direction de la Mission Old Brewery, Matthew Pearce.

«Je n’ai pas vu des statistiques qui assurent que la population itinérante a doublé. Je ne doute pas qu’on ait eu des augmentations, mais ces chiffres-là, j’aimerais bien les voir», indique-t-il en entrevue. 

Manque de lits

À la fin août, la Ville de Montréal a annoncé, en concertation avec la Santé publique, l’ouverture de trois refuges temporaires pour personnes en situation d’itinérance, portant à 850 le nombre de lits d’urgence temporaires déployés jusqu’à maintenant dans le contexte de la crise sanitaire.

Ces trois ressources, situées dans l’ancien hôpital Royal Victoria, dans l’ancien YMCA du quartier Hochelaga-Maisonneuve et au Complexe Guy-Favreau, totalisent environ 315 lits. Or, ceux-ci ont déjà atteint leur pleine capacité. Pendant ce temps, le campement de la rue Notre-Dame Est, qui compte plusieurs dizaines de tentes, a continué de prendre de l’ampleur dans les dernières semaines.

«Et présentement, malgré les ressources hivernales qu’on a mises en place, on pense qu’il va nous manquer 300 lits dès le début de l’hiver», a ajouté Mme Plante, qui est à la recherche de «solutions».

«Nous sommes très inquiets.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Les impacts de la pandémie sur les itinérants

Valérie Plante a associé cette situation à la pandémie, qui a mis plusieurs personnes dans une situation financière précaire dans les derniers mois.

«Si je me fie aux anecdotes, on peut dire qu’il y a des personnes qui se présentent à nos portes qui disent être tombées dans la rue récemment en raison d’une perte d’emploi. Et ils ont perdu leur emploi en raison de la COVID», commente M. Pearce.

Au Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), on souligne la possibilité que la pandémie ait amené dans la rue des personnes qui pratiquaient une forme d’itinérance cachée à Montréal.

«Les personnes qui vivaient chez des amis, bien peut-être qu’on leur a demandé de quitter les lieux parce que ce n’est plus sécuritaire [dans le contexte de la COVID-19]», illustre la directrice du RAPSIM, Annie Savage.

Plan hivernal

Alors qu’une deuxième vague du coronavirus se profile à l’horizon, la Ville prévoit augmenter le nombre de lits d’urgence dans le cadre de son plan sur les mesures hivernales en itinérance.

«On est en train de planifier les mesures hivernales et je prévois qu’on pourra bâtir entre deux trois cents lits d’urgence [supplémentaires] pour l’hiver. C’est ce qu’on avait prévu», indique à Métro Sam Watts, un des partenaires de l’administration Plante dans ce dossier.

Les trois organismes consultés se montrent confiants que la Ville et la Santé publique réussiront à déployer suffisamment de lits d’urgence pour l’hiver. Ils rappellent toutefois l’importance de mettre en place des mesures plus pérennes pour faciliter la réinsertion sociale des itinérants.

«La solution, c’est le logement permanent», conclut M. Watts, qui voit d’un bon oeil l’entente de principe conclue entre Québec et Ottawa jeudi.

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COVID-19: Chloé répond à toutes vos questions

Vous avez été en contact avec une personne atteinte de la COVID-19 et vous ne savez pas quoi faire? Vous devez vous isoler et avez besoin de soutien? Chloé peut vous aider!

Le leader montréalais des soins de santé virtuels Dialogue apporte aux Canadiens des réponses en temps réel à ces questions et à bien d’autres en lien avec le coronavirus grâce au lancement d’une assistante médicale virtuelle baptisée Chloé pour la COVID-19. Facile à utiliser et automatisée, cette ressource s’appuie sur l’intelligence artificielle pour apporter une aide quotidienne aux personnes en isolement et leur indiquer où et quand se faire tester pour le virus.

«Lorsque la pandémie a frappé, nous nous sommes demandés ce que nous pouvions faire pour aider le public», déclare Alexis Smirnov, cofondateur et directeur de la technologie de Dialogue. «Nous fournissions déjà des services de santé virtuels à des millions de Canadiens par l’entremise de notre service d’entreprise, mais nous estimions avoir une plus grande responsabilité d’appuyer le public au
sens large.»

L’évolution du service Chloé pour la COVID-19

L’équipe a commencé par développer Chloé pour la COVID-19 en mars en tant que ressource d’information permettant aux gens d’accéder à des données pertinentes et précises et d’alléger le volume d’appels du 811. Lancée en juin grâce à l’appui financier de l’organisme national voué à l’innovation Mitacs, la dernière version propose des fonctionnalités utiles telles que des capacités de questions-réponses très larges, un accompagnement quotidien pour les personnes qui doivent s’auto-isoler pendant 14 jours et des informations en temps réel sur les tests du coronavirus, y compris les centres de test les plus proches dans tout le pays et s’il est nécessaire ou non d’avoir un rendez-vous.

«Si vous devez vous auto-isoler, Chloé vous contactera chaque jour afin d’effectuer un suivi de vos symptômes et vous fournir des conseils pour savoir à qui vous adresser si vous avez besoin d’aide.» Alexis Smirnov, cofondateur et directeur de la technologie de Dialogue

Accessible sur la page web covid19.dialogue.co, l’assistante virtuelle Chloé pour la COVID-19 se présente sous la forme d’un avatar inspiré de la première infirmière embauchée par l’entreprise lors de son lancement en 2016. Elle s’appuie sur des informations issues de sources médicales et gouvernementales canadiennes.

Des étudiants contribuent

Des étudiants à la maîtrise de l’Université de Montréal et de Mila, l’Institut québécois d’intelligence artificielle, participent au développement de cette technologie en partageant leur expertise. Leur stage est financé par Mitacs, qui offre actuellement une promotion spéciale aux entreprises canadiennes développant des solutions pour lutter contre la COVID-19: celle-ci leur permet d’investir seulement 3  750$ sur un financement total de 15 000$ qui couvre l’allocation d’un stagiaire jusqu’à six mois.

Ce projet peut accueillir d’autres stagiaires de recherche. Les étudiants en génie logiciel, intelligence artificielle ou télémédecine de partout au Canada peuvent contacter l’équipe de développement des affaires de Mitacs.

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Coronavirus: exagère-t-on la désinfection des surfaces?

Les autorités sanitaires et les entreprises ont-elles exagéré l’importance de désinfecter régulièrement les surfaces afin de prévenir la propagation du coronavirus? Un expert en santé publique remet en question les études portant sur la durée de vie du virus sur celles-ci.

Le professeur Emanuel Goldman, du département de microbiologie, de biochimie et de génétique moléculaire à l’Université Rutgers, au New Jersey, a publié vendredi dernier un commentaire scientifique sur le site web de la revue médicale The Lancet. L’expert y souligne que plusieurs études réalisées dans les dernières semaines ont fait état d’une survie du coronavirus sur les surfaces sèches et les objets pouvant varier de deux à six jours.

Or, «aucune de ces études ne présente des scénarios s’apparentant à des situations de la vie réelle», soulève M. Goldman. Les chercheurs à l’origine de celles-ci auraient alors utilisé un «très large» échantillon du virus par rapport aux gouttelettes qu’émettent les personnes contagieuses lorsqu’elles éternuent, par exemple.

«Dans une étude où les auteurs ont tenté de recréer les conditions actuelles dans lesquelles une surface pourrait être contaminée par un patient, aucun [coronavirus] n’avait été détecté sur les surfaces», ajoute l’expert. D’autres recherches font pour leur part état d’une survie du virus de quelques heures seulement sur différentes surfaces sèches.

«Les chances de transmission par les surfaces inanimées sont très minces.» -Emmanuel Goldman

Trop de précautions?

M. Goldman termine son commentaire en remettant en question les mesures de désinfection prises dans plusieurs lieux publics. À Montréal, par exemple, la Ville a décidé pendant la pandémie de fermer les modules de jeux pour enfants dans ses parcs parce qu’elle ne pouvait assurer leur désinfection régulière. De nombreuses entreprises, incluant les épiceries et les pharmacies, ont aussi accru le nettoyage des surfaces à contacts multiples. La Société de transport de Montréal a également augmenté considérablement la fréquence de nettoyage de son réseau de bus et de métro en raison de la pandémie.

«Je ne suis pas en désaccord avec le principe de la prudence, mais cela peut aller à des extrêmes qui ne sont pas justifiés par les données», ajoute M. Goldman. L’expert reconnaît néanmoins la pertinence d’appliquer des protocoles de nettoyage accrus dans les hôpitaux.

Le principe de prudence

De plus en plus d’études penchent en effet pour un risque faible de contamination par les surfaces. C’est notamment le cas d’une recherche effectuée en mai par le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies. Celle-ci souligne que la contamination au coronavirus par des objets, bien que possible, est plutôt rare.

«En tant qu’épidémiologiste, le premier réflexe demeure la prudence quand on connait mal un agent infectieux émergent. Alors, peut-être en faisons-nous un peu trop, mais honnêtement, cette option est nettement préférable à une alternative de ne pas en faire assez», a réagi à Métro la professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Hélène Carabin.

Le professeur au département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal, Benoit Barbeau, estime également que la désinfection «à outrance» au début de la pandémie était «louable», compte tenu de l’information dont disposaient alors les experts en santé publique. Il est maintenant temps de revoir certaines de ces pratiques à la lumière des récentes études, estime-t-il toutefois.

«Il faut peser le pour et le contre et revoir l’utilité d’une décontamination exhaustive», souligne l’expert, qui rappelle qu’une exposition régulière à certains produits nettoyants peut avoir des effets nocifs sur la santé. Si l’expert reconnaît la pertinence de nettoyer fréquemment les surfaces dans le métro, il questionne celle de désinfecter régulièrement des aires de jeux pour enfants ou encore les rampes d’accès aux piscines publiques, par exemple.

«Il n’y a pas lieu d’avoir des mesures de précaution si exhaustives», tranche l’expert, qui souligne que le port du masque, le lavage des mains et le respect de la distanciation physique sont les mesures sanitaires à privilégier dans les lieux publics fermés.

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Militaires dans les CHSLD: Québec lève le ton et demande plus d’Ottawa

Le premier ministre du Québec, François Legault, accentue la pression sur le gouvernement Trudeau. Il réitère qu’un «minimum» de 1000 soldats doit être maintenu dans les CHSLD jusqu’au 15 septembre, pour combler le manque de personnel. Actuellement, 750 militaires s’y trouvent toujours, mais seulement 400 sont dans les milieux de soin, alors qu’ils étaient plus de 1300 à la fin mai.

«Je ne comprends pas le ratio», a martelé jeudi le chef de la CAQ. Il presse Ottawa de garantir que les 350 superviseurs restants, qui travaillent à l’extérieur des CHSLD, soient rapidement envoyés en renfort sur le terrain. «On demande que plusieurs superviseurs aillent dans les CHSLD, car ce sont surtout des bras dont on a besoin», illustre-t-il.

Selon M. Legault, le problème n’en est pas un d’argent, mais surtout de choix politiques. Il soutient que la situation demeure encore très «difficile» dans les résidences pour aînés. Quelque 218 d’entre elles étaient toujours infectées, pour un total de 1126 résidents, en date de jeudi.

«On veut avoir 10 000 nouveaux préposés dans les CHSLD. Il y a une formation qui commence lundi, jusqu’au 15 septembre. D’ici là, ça va rester difficile. On a besoin des gens qui sont là, incluant les soldats.» -François Legault, premier ministre du Québec

Plus de 80 000 candidatures ont été reçues pour la nouvelle formation de préposés aux bénéficiaires, rémunérée à 21$/heure. Pour ne pas surcharger le réseau privé et intermédiaire, le gouvernement n’exclut pas de retarder certains échéanciers. «Il n’est pas impossible qu’un certain nombre de personnes suivent une formation dans un deuxième temps, pour ne pas nuire aux opérations dans les trois prochains mois», a fait savoir M. Legault.

Des confinements «localisés»?

Alors qu’une deuxième vague de propagation n’est pas impossible cet automne, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, soutient pour sa part qu’un retour à un «confinement total» est peu probable, surtout en ce qui concerne la fermeture de secteurs essentiels.

«On en a appris davantage sur le virus, et ce qui se passe chez les enfants notamment.» -Le Dr Horacio Arruda, selon qui le Québec a «tiré des leçons» qui lui permettra de ne pas revivre les mêmes phénomènes d’éclosion

Cela dit, si un deuxième confinement devait survenir, il le serait beaucoup plus par régions, selon le Dr Arruda. «Plutôt que le faire pour tout le Québec, on aurait des confinements localisés. Ça va dépendre de beaucoup d’éléments toutefois. Plusieurs scénarios sont regardés. On essaie de voir comment ça se passe ailleurs dans le monde aussi», assure-t-il.

L’expert de santé publique a également commenté le certain «relâchement» observé par plusieurs experts, ces derniers jours, au niveau du respect des mesures sanitaires. «De la même façon que les commerces vont rouvrir de façon différente, on se doit aussi d’essayer de suivre les consignes, par respect pour les travailleurs de la santé, et ceux qui sont morts», témoigne M. Arruda. Il dit vouloir revenir à une «certaine normalité, mais transformée».

Pas de «chèque en blanc»

Plus tôt, jeudi, Ottawa soutenait que l’aide de 14 G$ qui sera offerte aux provinces pour la relance économique ne sera pas «chèque en blanc», en ce sens qu’elle viendra avec certaines exigences. L’investissement fédéral a surtout pour but de financer l’achat d’équipements de protection.

«Ce sont des choses très concrètes. Et si on est en train d’investir 14 milliards de dollars, les Canadiens s’attendent à ce que, à travers le pays, tous les Canadiens aient ces protections de base.» -Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Appelé à réagir sur le sujet, François Legault a semblé prendre un ton défensif.

«Il n’est pas question qu’on cède le contrôle de la stratégie de dépistage et d’approvisionnement, tranche-t-il. Que le gouvernement fédéral se fasse une réserve pour aider les provinces, c’est une chose. Mais s’il veut s’en mêler et que ça fasse partie du montant qu’on reçoit, il y a un problème», martèle-t-il.

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L’aide financière pour les aînés arrivera le 6 juillet, confirme Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé jeudi que les chèques d’aide financière pour les aînés pouvant aller jusqu’à 500$, promise il y a quelques semaines déjà, commenceront à arriver dès le 6 juillet prochain.

«Alors qu’on envisage la reprise, on ne peut pas oublier que nous ne sommes pas tous dans la même situation», a indiqué l’élu fédéral dans un point de presse, appelant les aînés à «continuer de rester chez eux, autant que possible».

Cette contribution financière s’étendra en deux temps; d’abord, un premier paiement unique «non imposable» de 300$ sera fourni à tous les prestataires de la Sécurité de la vieillesse (SV). Puis, une somme supplémentaire de 200$ sera réservée aux personnes recevant le Supplément de revenu garanti (SRG).

Ottawa, qui investit au total 2,5 G$ dans ce nouveau programme, estime que plus de 6,7 millions de personnes âgées pourraient être visées par l’aide, dont plus de deux millions qui pourraient toucher le montant maximal.

Mais la nouvelle ne fait pas que des heureux. Il y a quelques semaines, le réseau FADOQ, l’une des plus grandes organisations représentant les aînés au Canada, s’était dit déçu par la faiblesse du programme. Une hausse des prestations mensuelles, tel que promis par Justin Trudeau, aurait été bien plus pertinente, selon l’organisme. «Nous sommes également déçus que le gouvernement n’ait pas annulé les retraits obligatoires des fonds enregistrés de revenu de retraite (FERR) ni repoussé à 75 ans l’âge à partir duquel il est obligatoire de convertir les régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) en FERR», avait dit le groupe.

Le Canada «continue de progresser»

Alors que la santé publique fédérale doit publier sous peu de nouvelles projections sur la propagation de la COVID-19 au pays, le premier ministre Trudeau a soutenu que la situation s’améliore au pays, malgré le fait que plusieurs défis demeurent.

«Les données nous montrent que nous continuons de progresser contre ce virus. Dans bien des collectivités, nous pouvons le retracer.» -Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Selon lui, le gouvernement est en train de «ralentir la progression» de la COVID-19, mais il n’est pas pour autant sorti du bois. «La situation demeure grave, surtout dans les régions où on constate un grand nombre de nouveaux cas, dans les centres de soins de longue durée et les résidences pour aînés, a dit le chef libéral. Même si on commence à reprendre nos activités, on doit resserrer d’autres mesures, comme le dépistage et la recherche de contacts».

Avec plus de 93 000 cas confirmés de coronavirus, le Canada devrait bientôt atteindre le cap symbolique des 100 000 infections. Tout près de 7500 personnes sont décédées des suites de la maladie, jusqu’ici.

En ce qui concerne les militaires dans les CHSLD, Ottawa refuse toujours de confirmer si leur présence sera prolongée. Le gouvernement Legault, lui, espère une annonce rapide de l’extension de leur séjour, qui doit jusqu’ici se terminer le 12 juin. «Les discussions se poursuivent avec le gouvernement du Québec», a assuré M. Trudeau jeudi.


Un silence qui fait jaser

Le long silence de 21 secondes qu’avait pris Justin Trudeau en début de semaine, alors qu’il était interrogé sur la gestion des manifestations antiracistes par l’administration Trump, continue de faire couler beaucoup d’encre. Le premier ministre a dû répondre à plusieurs questions sur le sujet jeudi.

«Je pense que tout le monde regarde la situation aux États-Unis avec beaucoup de préoccupations et d’inquiétudes», a-t-il lancé, réitérant que sa responsabilité comme premier ministre est de «défendre les intérêts» des Canadiens.

Dans les derniers jours, plusieurs députés de l’opposition ont critiqué le chef du gouvernement pour son silence.

«Tout ça est l’objet d’un minutieux calcul, parce que quand il a pesé sur play, la cassette est partie. J’ai l’impression qu’il a passé 20 secondes à compter jusqu’à 20. Ça lui a donné l’avantage considérable de manger un cycle de nouvelles complet partout au Canada, et même un petit peu à l’étranger», avait dit le chef bloquiste, Yves-François Blanchet.

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