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L’augmentation des loyers dans les ressources d’hébergement limitée

Le gouvernement du Québec a finalement décidé de limiter la contribution financière que doivent verser les usagers hébergés dans les ressources à assistance continue (RAC), et ce, depuis le 1er mars dernier.

En février dernier, Métro avait appris que Québec voulait augmenter de centaines de dollars le prix des loyers de ces ressources où vivent des personnes très vulnérables dépendantes de l’aide sociale.

En effet, ces usagers vivent avec un trouble mental ou ont un diagnostic de déficience intellectuelle, d’autisme ou de déficience physique.

Il était demandé aux établissements du réseau d’appliquer les modalités de la circulaire «Ressources intermédiaires et ressources de type familial : allocations financières, contribution des usagers et contribution parentale» dès le 1er mars.

Cela faisait en sorte que certains usagers qui payent entre 550$ et 650$ par mois auraient eu à débourser entre 850$ et 1025$ mensuellement, et ce, à quelques semaines de préavis.

Une hausse de la contribution au loyer des résidents augmentait leur risque de se retrouver à la rue, alors qu’ils ont besoin d’avoir une supervision 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, expliquait Cynthia*, une employée d’une de ces ressources.

Contribution désormais limitée

Or, la hausse de la contribution est maintenant limitée à partir de l’indice des rentes, qui correspond à 1,0 % pour l’année 2021, a annoncé le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant. Ce taux sera révisé le 1er janvier de chaque année.

La hausse devrait donc être graduelle pour éventuellement atteindre les modalités de la circulaire.

M. Carmant se dit «très sensible» aux conséquences de l’augmentation de la contribution exigée aux personnes hébergées dans ces ressources. «Nous avons à cœur de limiter cette augmentation de manière à ne pas aggraver les facteurs de vulnérabilité qui affectent ces personnes, de même que leur famille. C’est une question d’équité : collectivement, nous avons le devoir d’assurer l’accessibilité des services selon les besoins spécifiques de chaque usager», a-t-il déclaré.

La contribution exigée dans les RAC n’est actuellement pas encadrée par une réglementation. Un processus d’harmonisation de la contribution des adultes hébergés a été amorcé afin d’assurer l’uniformité dans tous les milieux de vie et dans un souci d’équité pour les usagers.

Les montants qui sont pris en compte dans le calcul de la contribution des usagers des milieux de vie sont indexés annuellement selon l’indice des rentes établi en conformité de l’article 117 de la Loi sur le régime de rentes du Québec.

Depuis janvier 2021, avec l’indexation, le maximum de contribution pour les adultes de moins de 65 ans hébergés dans une RAC est de 1025$ par mois.

La contribution que l’usager verse à l’établissement public sert à payer une partie du coût des biens et services offerts, soit le gîte et le couvert.

Comme l’indiquait Cynthia, le montant restant après la contribution sert d’argent de poche aux usagers qui sont dans l’impossibilité de travailler.

*Le nom de la personne a été changé pour conserver son anonymat

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Logement abordable: Montréal dévoile un programme de subvention

L’administration de Valérie Plante a dévoilé vendredi les détails d’un programme de subvention à la construction de logements abordables qui entrera bientôt en vigueur dans deux secteurs de la métropole. Son objectif: éviter que des ménages de la classe moyenne quittent Montréal, faute d’avoir les moyens d’y acheter une propriété.

Le programme en question, s’inscrit dans le Règlement pour une métropole mixte, qui entrera en vigueur le 1er avril. La dernière mouture de ce règlement, qui divise les conseillers municipaux, vient circonscrire les obligations en matière d’inclusion de logements abordables dans les projets immobiliers à deux secteurs en densification. Il s’agit d’une partie de l’arrondissement de Saint-Laurent, où passera le futur Réseau express métropolitain, de même que la Pointe-Nord-de-l’Île-des-Soeurs.

Dans ces secteurs, les promoteurs immobiliers devront inclure de 10 à 20% de logements abordables dans leurs projets. Pour les aider à atteindre cet objectif, la Ville propose de leur accorder une subvention équivalente à 10% de la valeur d’une unité. En échange, le promoteur devra réduire du même pourcentage le prix de vente de ce logement.

Prévenir l’exode vers la banlieue

L’acheteur éligible à ce programme, qui s’adresse aux ménages de la classe moyenne, pourra ainsi acquérir un logement dans ces deux secteurs pour une facture équivalente à 80% de sa valeur marchande. Un logement dont le prix de vente aurait normalement été de 500 000$ sera ainsi vendu à 400 000$, soit avec un rabais de 20%.

«Ce programme constitue une [option] pour les nouveaux acheteurs et les jeunes familles de la classe moyenne qui pensent s’exiler en-dehors de la ville parce que leur capacité financière ne leur permet pas d’accéder au logement ou à la propriété qu’ils souhaitent», a évoqué vendredi le responsable de l’habitation au comité exécutif, Robert Beaudry. Ce dernier a accordé une conférence de presse virtuelle en avant-midi au sujet de ce programme.

Dans les dernières années, la valeur des propriétés a augmenté rapidement à Montréal, stimulant l’attrait de la banlieue pour certains acheteurs.

«Il y a beaucoup de personnes qui veulent rester à Montréal, mais qui ne peuvent pas se le permettre actuellement.» -Robert Beaudry, responsable de l’habitation au comité exécutif

14 M$

D’ici 2023, la Ville espère que ce programme permettra de faciliter la mise en marché de 150 à 315 unités de logement abordable dans ces deux arrondissements. Elle prévoit ainsi débourser plus de 14 M$ en subventions, si elle atteint la cible maximale. La Ville tirera cette somme des contributions financières que devront effectuer les promoteurs dans le cadre du Règlement pour une métropole mixte.

«On parle de centaines d’unités pour les trois prochaines années. Pour un nouveau produit, c’est intéressant», a fait valoir M. Beaudry.

Ce programme laisse toutefois un «goût amer» aux promoteurs, qui devront en assumer la facture, estime le vice-président aux affaires publiques de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), François Bernier.

«Le plus désagréable, c’est de penser que pour un ménage qu’on va aider, il y a tous les autres ménages qui vont payer pour ça», laisse-t-il tomber en entrevue à Métro. Selon lui, les promoteurs n’hésiteront pas à compenser les impacts de ce programme en augmentant le prix de vente des unités qui n’auront pas à respecter les exigences de la Ville en matière de logements abordables.

Dans les prochaines années, l’accès à ce programme devrait d’ailleurs s’élargir à d’autres secteurs en développement dans la métropole. Ce sera notamment le cas de Lachine-Est, du quartier des Faubourgs et, éventuellement, du site de l’ancien hippodrome Blue Bonnets, entrevoit la Ville.

«C’est un projet qui va croître et suivre l’évolution du marché», a indiqué M. Beaudry.

Contrôle des prix

Les ménages qui bénéficieront de ce programme devront toutefois faire certains compromis. Le programme prévoit notamment de limiter à 3% la hausse annuelle de la valeur à la revente des unités qui auront bénéficié d’une subvention de la Ville. Un pourcentage bien en-deçà de la croissance annuelle des prix dans les dernières années, à Montréal.

«Quelqu’un achète un condo aujourd’hui alors que les prix augmentent de 10-15% par année, il s’attend à faire un profit intéressant», souligne M. Bernier. Il se réjouit toutefois que la Ville permette tout de même aux propriétés éligibles à ce programme de prendre un peu de valeur.

«Au terme de quelques années, on permet quand même aux [propriétaires] de se bâtir un petit capital», constate-t-il.

Ainsi, après sept ans, la Ville analyse que le propriétaire d’un logement dont il a fait l’acquisition pour 400 000$ grâce à cette initiative pourra revendre celui-ci au plus à 491 950$. À l’inverse, si on le laissait prendre de la valeur librement, ce même logement se vendrait à plus de 703 500$ dans sept ans, indique-t-on.

La Ville espère ainsi pouvoir conserver l’abordabilité de ces logements pendant 30 ans. Par la suite, elle aura d’ailleurs l’occasion de racheter ces unités pour les revendre elle-même, si elle le souhaite.

«Cette approche va assurer qu’à mesure que le temps passe, on conserve ces logements abordables à plus long terme», a souligné M. Beaudry.

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Relance du centre-ville: une «cellule» pour faciliter le développement immobilier

La Ville de Montréal a créé une «cellule» afin de faciliter le développement immobilier du centre-ville dans le contexte de la relance économique, sans laisser de côté ses objectifs en matière d’inclusion et de verdissement.

Dans les dernières années, plusieurs frictions sont nées entre la Ville et différents promoteurs quant au développement du centre-ville. Le chantier du Square Children’s, près de la station de métro Atwater, compte parmi les projets immobiliers où les discussions entre les deux parties ont achoppé dans les dernières années, notamment sur la question de l’inclusion de logements sociaux sur le site.

Or, dans le contexte de la relance économique du centre-ville, plusieurs développements immobiliers pourraient voir le jour au coeur de la métropole, notamment dans le secteur Bridge-Bonaventure et à l’Île-des-Soeurs. Une «cellule facilitatrice» a donc pris forme cette semaine pour permettre à la Ville et aux promoteurs de collaborer davantage à l’avenir pour accélérer la réalisation de tels projets.

«La Ville veut vraiment faciliter les projets de développement immobilier au centre-ville au cours des prochaines semaines et des prochains mois», a d’ailleurs affirmé mercredi après-midi la mairesse de Montréal, Valérie Plante, lors d’une conférence adressée aux membres de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU).

Elle a alors évoqué l’intérêt de la Ville pour simplifier certains «processus» menant à la concrétisation de projets immobiliers. «On veut couper dans le red tape», a-t-elle laissé tomber, en reprenant une expression anglaise qui fait généralement référence à la lourdeur bureaucratique.

«C’est une volonté réelle de faciliter la vie [des promoteurs], mais aussi de plus se parler pour mieux se comprendre.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Manque de communication

Cette cellule a d’ailleurs tenu sa première rencontre jeudi matin. Selon nos informations, une dizaine de personnes y ont pris part, dont des représentants des développeurs immobiliers Broccolini, d’Allied Properties et du Fonds immobilier de solidarité FTQ. Des fonctionnaires des services responsables de l’habitation et de l’économie de la Ville ont aussi siégé à ce comité virtuel, de même que le directeur d’arrondissement de Ville-Marie, Marc Labelle.

Cette première rencontre a été présidée par le responsable du développement économique à la Ville, Luc Rabouin.

«On veut être capable d’améliorer l’accompagnement que la Ville offre aux promoteurs immobiliers. Il y a toute sorte d’obstacles que rencontrent les promoteurs quand ils veulent réaliser des projets», a expliqué l’élu de Projet Montréal à Métro, en marge de cette rencontre.

Celle-ci a d’ailleurs donné l’occasion de soulever un manque de communication entre la Ville et les promoteurs dans le processus d’approbation des projets immobiliers.

«Parfois, les promoteurs déposent un projet et il y a un long délai où c’est le silence […] Ça peut créer des tensions inutiles», constate M. Rabouin, qui souhaite améliorer la «fluidité de la communication» entre les promoteurs et la Ville.

Pour ce faire, la Ville envisage d’avoir «un intervenant pivot» vers lequel les promoteurs pourraient se tourner pour avoir réponse à leurs questions, sans avoir à passer par ses différents services. Une mesure qui pourrait faciliter le processus d’approbation de projets immobiliers.

«On veut s’assurer que pour les investisseurs, le chemin soit plus précis», a d’ailleurs souligné Mme Plante devant l’IDU.

Accélérer «les bons projets»

La Ville conserve toutefois des attentes élevées à l’égard des promoteurs, prévient M. Rabouin. Dès le mois d’avril, le règlement pour une métropole mixte obligera notamment les promoteurs à inclure un plus grand nombre de logements sociaux, abordables et familiaux dans leurs projets.

La Ville a aussi entamé une révision de son plan d’urbanisme, qui prend du vieux, afin que celui-ci tienne davantage compte des enjeux actuels de verdissement et de mobilité.

«On veut que les bons projets puissent se réaliser plus vite et que les moins bons projets puissent devenir de bons projets», résume M. Rabouin, qui rappelle que la Ville doit s’assurer que les impacts du développement immobilier «seront positifs pour la communauté».

Au cours des quatre prochaines semaines, deux ateliers de travail auront lieu en présence d’experts de la Ville et du secteur immobilier. L’ensemble des membres de cette cellule se réuniront ensuite à nouveau d’ici six semaines, indique M. Rabouin.

«On aura alors des pistes de solutions concrètes à proposer», promet-il.

Métro a tenté de joindre plusieurs promoteurs immobiliers pour commenter cette initiative, jeudi. Au moment d’écrire ces lignes, aucun d’entre eux n’avait retourné nos appels. Le président de l’IDU a pour sa part salué cette démarche.

«Si on peut faciliter la réalisation de projets, en tout temps, c’est positif, mais dans un contexte de relance, ça l’est encore plus», estime Jean-Marc Fournier.

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Logement: les besoins sont criants auprès des jeunes à Montréal

Les jeunes locataires se retrouvent dans «l’angle mort» des politiques publiques en matière de logement à Montréal, constate un organisme, qui demande à la Ville de tenir compte des besoins de ceux-ci dans sa gestion du marché locatif.

Dans un rapport étoffé dont les élus du comité exécutif ont pris connaissance mercredi matin, le Conseil jeunesse de Montréal (CJM) dresse un portrait des nombreux défis auxquels font face les étudiants post-secondaires et les jeunes familles dans leur quête d’un logement abordable dans la métropole.

«Essentiellement, ce que l’avis dit, c’est que la jeunesse, c’est un angle mort des politiques publiques [de la Ville] pour faciliter l’accès au logement», résume à Métro le président du CJM, une instance consultative de la Ville, Benjamin Herrera.

Le document, de plus de 120 pages, fait d’ailleurs état d’une «situation précaire» pour un grand nombre de jeunes âgés en moyenne de 17 à 30 ans. Étant dans bien des cas aux études, ceux-ci logent dans les quartiers centraux de la métropole, où se concentrent les principaux cégeps et universités. Les étudiants locataires se retrouvent donc à payer un loyer nettement plus élevé que la moyenne, à Montréal, alors même que leurs revenus oscillent généralement entre 10 000 et 15 000$, illustre le rapport.

Un enjeu qui prend de l’ampleur

La situation financière des jeunes locataires devient d’ailleurs de plus en plus précaire à mesure que les loyers continuent d’augmenter annuellement plus vite que leurs revenus, soulève M. Herrera, qui constate une «érosion de l’abordabilité» sur le marché locatif montréalais.

«Quand tu quittes le nid familial et que tu entres sur le marché locatif, tu n’as accès qu’aux logements disponibles maintenant. Ce qui fait que quand le marché locatif se resserre et que les loyers augmentent, les jeunes sont les premiers qui en écopent», soulève d’ailleurs à Métro le directeur général de l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE), Laurent Levesque.

L’an dernier, les loyers ont augmenté en moyenne de 4,6% sur l’île de Montréal. Il s’agit de la croissance la plus élevée depuis 2003 dans la métropole. La pandémie a d’ailleurs frappé durement les jeunes l’an dernier, ceux-ci étant nombreux à travailler dans des commerces, des restaurants et d’autres secteurs économiques qui ont écopé des règles sanitaires. Des emplois «fragiles» où les mises à pied sont fréquentes, rappelle M. Herrera, qui réalise actuellement une maîtrise en droit.

Dans des cas extrêmes, des jeunes peuvent même se retrouver à la rue, faute d’avoir les moyens de se loger. Selon un dénombrement effectué en 2018, les jeunes de 18 à 24 ans représenteraient 20% de la population itinérante de la métropole, souligne le rapport.

«Malgré une implication active de la présente administration en matière de logement ces dernières années, la réalité des jeunes ne cesse de se dégrader, accentuée par un double phénomène de crise du logement et de crise sanitaire.» -Extrait du rapport du CJM

Des logements sociaux inaccessibles

Par ailleurs, alors que 68% des étudiants de la métropole sont locataires, à peine 0,7% d’entre eux demeurent dans un logement social, peut-on lire. Une situation que l’on peut associer au manque d’offre en la matière, mais aussi aux contraintes auxquelles les jeunes font face dans l’accès à ce type de logement. Les étudiants à temps plein ne répondent par exemple pas aux critères d’admissibilité de l’Office municipal d’habitation de Montréal, sauf exceptions.

Ces jeunes locataires, souvent à faibles revenus, se retrouvent alors «prisonniers» du marché locatif privé, laisse tomber M. Herrera.

«Malgré cette grande précarité, les jeunes ont très peu accès aux logements sociaux, coopératifs ou abordables. Ils sont souvent dans l’angle mort de nos programmes en raison du caractère transitoire de leur statut d’étudiant et de leur statut de jeune», a d’ailleurs reconnu mercredi la responsable de l’inclusion sociale au comité exécutif, Nathalie Goulet.

Des logements abordables destinés aux jeunes

Afin d’éviter aux jeunes locataires de dépendre du marché locatif privé pour se loger, le CJM recommande donc à la Ville d’inclure «la réalité des jeunes» dans ses projets de développement immobilier. Pour ce faire, le rapport propose à l’administration de Valérie Plante de s’inspirer de Boston en se donnant une «cible ambitieuse», à l’horizon 2030, en matière de création de logements abordables destinés aux jeunes.

Dans les dernières années, quelques projets du genre ont vu le jour à Montréal, notamment dans l’écoquartier du Technopôle Angus et près de l’Université Concordia. Les besoins sont toutefois encore très grands, confirme M. Levesque.

«C’est une question d’innovation, surtout considérant qu’en ce moment, on ne réussit pas à répondre à la demande», indique-t-il.

Le rapport recommande aussi la création d’un registre des loyers pour éviter aux jeunes de subir des «augmentations abusives» de leur loyer. La Ville est aussi pressée d’améliorer «sa coordination» avec Québec et Ottawa en matière de financement du logement abordable sur son territoire.

Pendant la séance du comité exécutif, Mme Goulet a promis que la Ville donnera suite aux recommandations de ce rapport. Celui-ci fera par ailleurs l’objet d’un dépôt à la prochaine séance du conseil municipal, le 22 février.

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Montréal: plus de logements à louer, à un prix plus élevé

Après plusieurs années de resserrement, la pression diminue sur le marché locatif, alors que le nombre de logements disponibles pour les locataires sur l’île de Montréal a doublé en 2020. Les loyers ont malgré tout grimpé à un rythme record.

C’est ce qui ressort, en somme, de la dernière enquête annuelle de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Ainsi, après avoir dégringolé de 3,9% à 1,5% entre 2016 et 2019, le taux d’inoccupation des logements dans le Grand Montréal a remonté à 2,7% l’an dernier.

Le portrait varie toutefois grandement d’un secteur à l’autre de la région. Ainsi, alors que le pourcentage de logements disponibles a doublé sur l’île de Montréal pour atteindre 3,2%, il a stagné en banlieue à 1,2%.

Cette situation s’explique notamment par le fait que la métropole a davantage écopé de la chute du tourisme et du nombre d’étudiants internationaux. Dans ce contexte, la demande sur le marché locatif a diminué, tandis que le nombre de logements de type Airbnb mis en location à long terme a grimpé l’an dernier dans plusieurs quartiers centraux.

Les impacts de la pandémie se font d’ailleurs particulièrement sentir au centre-ville, où le nombre de logements locatifs disponibles a bondi pour atteindre 10,2% en 2020, le taux le plus élevé dans toute la région métropolitaine. Le nombre de logements locatifs disponibles a aussi grimpé dans le Sud-Ouest et dans Verdun, entre autres.

«On voit vraiment l’impact de la COVID sur le marché. Les endroits qui dépendaient d’une clientèle étudiante et internationale ont été les plus affectés», résume à Métro l’analyste Francis Cortellino, de la SCHL.

Forte augmentation des loyers

L’étau se desserre aussi sur les logements familiaux, qui étaient presque en situation de pénurie avant la pandémie. En 2019, à peine 0,7% des appartements de trois chambres ou plus étaient libres. Maintenant, ce taux d’inoccupation atteint 2,6%.

Les locataires à faibles revenus ne sont toutefois pas au bout de leur peine, car, malgré cette baisse de la demande, les loyers ont augmenté en moyenne de 4,2% l’an dernier dans le Grand Montréal et de 4,6% sur l’île. Ainsi, après une croissance constante depuis 2016, la hausse annuelle du loyer dans la région a atteint l’an dernier un record datant de 2003, indique la SCHL.

«Ce n’est pas une surprise pour nous, en raison de la spéculation et de la rareté vécue dans les dernières années [sur le marché locatif]», affirme la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain, Véronique Laflamme.

La SCHL souligne pour sa part qu’une partie des logements à louer disponibles dans les quartiers centraux sont des logements neufs. Or, ceux-ci proposent généralement un loyer nettement plus élevé que les logements qui sont sur le marché locatif depuis plusieurs années, ce qui pousse la moyenne des loyers à la hausse.

«Sur l’île, il y a beaucoup de nouvelles constructions dans les quartiers centraux, comme dans Griffintown et au centre-ville», souligne M. Cortellino.

En moyenne, les loyers ont ainsi augmenté de 50$ dans la région l’an denier, en tenant compte des nouvelles constructions locatives. Le loyer moyen dans le Grand Montréal atteint ainsi 891$.

«Je ne suis pas surpris que les loyers continuent de flamber. C’est une tendance qui est lourde à Montréal», affirme le porte-parole du le porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), Maxime Roy-Allard.

La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec se veut pour sa part rassurante. Par voie de communiqué, elle souligne jeudi que l’augmentation du nombre de logements locatifs disponibles devrait avoir pour effet de limiter la hausse des loyers dans la métropole, cette année.

«Une crise du logement abordable»

Pendant ce temps, les logements abordables se font rares. La SCHL fait état d’un taux de 1,4% de logements locatifs disponibles à un loyer variant de 625$ à 899$ par mois dans la région, l’an dernier.

«Pour que les locataires puissent demeurer à Montréal, ça prend plus de logements abordables et sociaux», martèle Mme Laflamme. Actuellement, la Ville de Montréal attend toujours de savoir quelle somme elle obtiendra au terme de l’entente de principe de près de 3,7 G$ conclue entre Québec et Ottawa en matière de logement, l’automne dernier.

«Ce que nous constatons et qui est confirmé par les données de la SCHL, c’est qu’actuellement, nous sommes en crise du logement abordable», a également réagi à Métro le responsable de l’habitation au comité exécutif, Robert Beaudry.

Pour faire face à cette crise, qui touche tant «les ménages vulnérables» que «la classe moyenne», la Ville entend miser sur son règlement pour une métropole mixte, qui entrera en vigueur le 1er avril. Celui-ci vise à obliger les promoteurs à inclure plus de logements sociaux, abordables et familiaux dans leurs projets immobiliers.

La banlieue en demande

À l’inverse de l’île de Montréal, le marché locatif s’est légèrement resserré sur la Rive-Sud de Montréal, notamment à Longueuil.

«C’est quand ils sont forcés de déménager que parfois, les locataires vont aller à Longueuil ou ailleurs», estime Mme Laflamme.

D’ailleurs, sur les 10 600 appartements neufs qui ont vu le jour dans la région en un an, 80% se trouvent en banlieue de Montréal. Signe que les municipalités voisines à l’île de Montréal attirent de plus en plus de promoteurs et de locataires.

«Comme sur le marché des propriétaires-occupants, il se pourrait qu’un déplacement de la demande de l’île de Montréal vers la banlieue se soit aussi produit sur le marché locatif, en ces temps de pandémie», souligne d’ailleurs le rapport de la SCHL.

Face à cette demande croissante, les prix sont aussi à la hausse dans plusieurs municipalités de banlieue, rendant la recherche d’un logement abordable de plus en plus complexe pour les locataires.

«Les banlieues de Montréal deviennent aussi inabordables, donc il faut aller de plus en plus loin», soupire M. Roy-Allard.

«Les gens perdent leur réseau, perdent leurs amis et beaucoup de choses. Ce n’est pas avec plaisir qu’ils font ça [déménager en banlieue].» -Maxime Roy-Allard, porte-parole du RCLALQ

La variation du nombre de logements disponibles dans certains secteurs :

  • Centre-ville/Île-des-Soeurs: 2,6% (2019); 10,2% (2020); Variation (+7,6%)
  • Sud-Ouest/Verdun: 0,3% (2019); 2,7% (2020); Variation (+2,4%)
  • Île de Montréal: 1,6% (2019); 3,2% (2020); Variation (+1,6%)
  • Rive-Nord: 0,8% (2019); 0,8% (2020); Variation (0%)
  • Longueuil: 1,5% (2018); 1,4% (2019); Variation (-0,1%)
  • Grand Montréal : 1,5% (2019); 2,7% (2020); Variation (+1,2%)

La hausse annuelle des loyers dans le Grand Montréal:

  • 2020: +4,2%
  • 2019: +3,6%
  • 2018: +2,5%
  • 2017: +2,2%
  • 2016: +1,7%
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Logement social: Montréal acquiert un autre terrain grâce au droit de préemption

La Ville de Montréal fera l’acquisition d’un autre terrain dans le quartier Parc-Extension afin que des logements sociaux viennent remplacer le bâtiment vétuste qui s’y trouve, a appris Métro. Ce projet ne pourra toutefois se concrétiser que si l’aide financière de Québec est au rendez-vous.

Le terrain en question se trouve au 7965, boulevard de l’Acadie, à une quinzaine de minutes de marche des stations de métro Parc et Acadie. On y retrouve un bâtiment vacant, construit dans les années 1950, que lorgnent plusieurs organismes communautaires. C’est notamment le cas du Comité d’action de Parc-Extension (CAPE), dont les membres ont milité à plusieurs reprises dans les derniers mois pour demander à la Ville de prendre possession de cet immeuble, situé dans un quartier qui souffre de la spéculation immobilière.

Leur requête semble avoir été entendue. Des documents adoptés à huis clos mercredi, en séance du comité exécutif, indiquent que la Ville déboursera 1,8 M$ pour acquérir ce terrain, d’une superficie de 789,6 m². La Ville a ainsi utilisé son droit de préemption pour avoir la priorité d’achat sur ce site, qui avait récemment fait l’objet d’une offre de la part d’un acteur du secteur privé. Cette transaction devrait se concrétiser d’ici quelques semaines, indique-t-on à Métro.

«C’est vraiment une victoire pour les locataires», a salué mercredi l’organisatrice communautaire du CAPE, Amy Darwish, en entrevue à Métro.

Une fois que la Ville aura officiellement acquis ce terrain, elle sera responsable d’entretenir le vieux bâtiment qui s’y trouve jusqu’à ce qu’elle déniche un organisme intéressé à acheter celui-ci à rabais pour y aménager ensuite des logements sociaux. La Ville estime que 22 unités pourraient voir le jour dans un bâtiment d’un maximum de quatre étages sur ce site.

Montréal interpelle Québec

Ces unités de logement social ne pourront toutefois se concrétiser sans l’aide de Québec, plaide la Ville.

«On sécurise et on acquiert un terrain. Mais ensuite, ce qu’il faut, c’est de l’investissement de la part du gouvernement du Québec dans le programme AccèsLogis. Ça presse parce que le développement d’un projet, ça prend du temps», affirme à Métro le responsable de l’habitation au comité exécutif, Robert Beaudry.

L’enjeu est d’ailleurs le même à la Plaza Hutchison, un autre immeuble du quartier Parc-Extension, que la Ville a acquis en septembre dernier au coût de 6,5 M$. Encore là, la Ville souhaite que 40 logements sociaux y prennent forme éventuellement, si l’aide de Québec est au rendez-vous.

«Il faut absolument que le gouvernement provincial investisse pour que des logements sociaux puissent être construits [à ces endroits]», martèle Mme Darwish.

Stratégie 12 000 logements

L’automne dernier, Québec et Ottawa ont annoncé avoir finalement conclu une entente concernant la Stratégie nationale sur le logement. Toutefois, «ça ne change rien pour l’instant parce que l’argent n’est pas encore descendu [à Montréal]», laisse tomber M. Beaudry.

L’élu espère donc que le prochain budget de Québec, attendu en mars, comprendra de nouvelles sommes pour le programme AccèsLogis. L’enjeu est d’ailleurs politique pour Projet Montréal, puisque de tels fonds pourraient l’aider à concrétiser sa promesse électorale d’aménager 12 000 logements sociaux et abordables d’ici la fin de son mandat, en novembre 2021.

À cet égard, M. Beaudry affirme que la Ville a atteint 78% de son objectif global. Les unités de logement social s’avèrent toutefois plus complexes à réaliser que l’autre moitié de la cible, concède-t-il.

«C’est vraiment à cet endroit-là où on a besoin d’un coup de barre parce que les besoins sont très grands», évoque l’élu.

Le cabinet de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, se défend toutefois de sous-investir en matière de logement social. Par courriel, il rétorque que la Ville a reçu plus de 380 M$ depuis 2018, via l’entente Réflexe Montréal, «pour gérer ses programmes en habitation et pour construire du logement».

«Avec cet argent, la Ville a choisi de faire lever des projets représentant 80 unités», ajoute le cabinet. Québec a par ailleurs injecté 410 M$ au cours des deux dernières années dans le programme AccèsLogis Québec.

«Nous continuerons de travailler afin de réaliser nos engagements. Jusqu’à maintenant, c’est près de 5500 logements sur le point d’être habités et le rythme s’accélère», ajoute le cabinet.

«On a besoin que le gouvernement du Québec mette du gaz dans le moteur parce que sinon, on ne pourra pas avancer.» -Robert Beaudry, responsable de l’habitation au comité exécutif

Plus d’acquisitions réclamées

Au printemps 2020, la Ville s’est donnée la possibilité d’utiliser son droit de préemption sur 300 terrains répartis dans divers quartiers centraux de la métropole, incluant Parc-Extension, Verdun et le Sud-Ouest. Elle n’a toutefois procédé à l’achat que de deux de ces terrains jusqu’à maintenant. Il s’agit de la Plaza Hutchison et du lot situé sur le boulevard de l’Acadie, a confirmé à la Ville à Métro.

«Il faut que la Ville accélère encore plus l’acquisition de ces terrains-là dans un contexte de spéculation immobilière», estime la responsable des dossiers montréalais au Front d’action populaire en réaménagement urbain, Catherine Lussier.

La Ville a toutefois procédé à l’acquisition de plusieurs autres terrains par d’autres moyens que le droit de préemption, l’an dernier. Cela a notamment été le cas dans Lachine et Verdun, indique Robert Beaudry.

D’ici 2030, la Ville a prévu dépenser 107 M$ pour acquérir des terrains à des fins de réalisation de logements sociaux et communautaires.

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Société de développement Angus: 25 ans de revitalisation urbaine

Il y a 25 ans, la Société de développement Angus (SDA) s’est lancé comme défi de revitaliser les terrains des Shops Angus.

Depuis la fermeture en 1992 de ce complexe industriel voué à la construction des locomotives, une soixantaine d’entreprises avec quelque 3000 travailleurs s’y sont installées. En plus des commerces et des centres de soins, des entreprises telles que les studios Mels et Ubisoft se sont installées dans les bâtiments du Technopôle Angus.

«L’une des forces du site, c’est qu’on est multisectorielle. L’autre avantage, c’est qu’on a surtout des PME québécoises dont les dirigeants travaillent sur place, explique le président et chef de la direction de la SDA, Christian Yaccarini. Alors, quand il y a des difficultés, les gens se serrent les coudes.»

Cette entraide a permis de limiter les pertes d’emploi notamment lors de la crise financière de 2008 ou la crise actuelle de la COVID-19.

Les Shops Angus ont été inaugurés en 1904 par le Canadian Pacific. Le village de Rosemont a été construit autour de l’usine afin d’accueillir les ouvriers.

L’une des plus belles réussites de la SDA a été de mettre en place un écosystème qui favorise la mixité sociale, selon M. Yaccarini. Une mission qui se poursuivra puisque des résidences étudiantes et une école pour autistes s’ajouteront aux logements sociaux d’ici 2025.

Le seul regret du PDG, c’est de ne pas avoir obtenu l’autorisation de bâtir une école primaire. «On ne comprend pas la décision [du ministère de l’Éducation]. On est en plein boom immobilier sur et autour d’Angus, souligne-t-il. Il y a beaucoup de nouvelles familles et les écoles autour sont à pleine capacité.»

Ailleurs

M. Yaccarini est particulièrement fier de l’autonomie financière de la Société de développement Angus. «C’est un succès financier, pas seulement social. On avait emprunté 32 M$ aux gouvernements et on l’a remboursé», affirme le PDG.

C’est ce qui a permis à l’entreprise d’économie sociale de développer d’autres secteurs que le Technopôle Angus. Depuis presque 15 ans, la SDA a été responsable de plusieurs grandes constructions telles que l’édifice à vocation culturelle 2-22 et le Carré Saint-Laurent dans le Quartier des spectacles, ou encore la maison d’Haïti dans Saint-Michel.

De nouveaux projets sont également envisagés, comme la revitalisation du Vieux-Pointe-aux-Trembles, où six blocs sur la rue Notre-Dame Est ont été récemment rachetés par la SDA. La société a également l’intention de faire du développement dans Montréal-Nord.

Sans vouloir minimiser les deux morts à Québec la fin de semaine dernière, Christian Yaccarini considère que la situation dans ce quartier est beaucoup plus inquiétante. Les morts violentes y sont nombreuses depuis les dernières années.

«C’est grave ce qui s’y passe. Imaginez les familles qui vivent là. Le secteur du nord-est de Montréal-Nord, c’est le quartier le plus dense au Canada. C’est quatre fois la densité du Plateau Mont-Royal. Le secteur a le plus haut taux de monoparentalité, de signalements à la DPJ, et c’est l’un des endroits les plus pauvres au Canada.»

L’objectif de la SDA est donc d’essayer d’inverser la tendance. M. Yaccarini espère faire une annonce pour Montréal-Nord avant Noël.

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Projet de transformation d’une clinique en logements locatifs sur Bellechasse

La clinique Carpe Diem de la rue Bellechasse pourrait être transformée en 30 nouveaux logements, dont une partie serait destinée aux familles.

En plus de nécessiter un changement de zonage, le Comité logement Rosemont se questionne sur la réelle abordabilité de certaines de ces unités locatives. Des agrandissements sont prévus au projet, incluant l’ajout d’un troisième étage. De plus, la façade devra être conservée et mise en valeur.

La clinique de chirurgie esthétique cède sa place en raison notamment des récents aménagements sur la rue de Bellechasse qui ont réduit le nombre de stationnements. Des gens d’affaires ont d’ailleurs dénoncé les pistes cyclables dans une lettre envoyée à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en septembre.

La conversion de la clinique en logements locatifs sur Bellechasse «sera utile dans le secteur puisqu’il y a l’école Notre-Dame-du-Foyer ainsi que l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à proximité», selon la codirectrice de Carpe Diem, Lucy Carvalho, aussi initiatrice du projet avec le Dr Charles Guertin.

Au moins six des logements auront trois chambres, mais rien n’oblige les propriétaires à sélectionner des locataires avec enfants.

«Ça pourrait être moi, seul, qui y habite, ça pourrait être un couple, avance l’organisateur communautaire du Comité logement Rosemont, Jean-Claude Laporte. On a beau dire qu’on construit des 5 et demi, s’il n’y a pas de familles qui habitent dedans, on n’est pas plus avancé.»

Dans le cas des logements sociaux, les coopératives ou organismes à but non lucratif (OBNL) se donnent des règles afin de s’assurer que les familles sont priorisées.

Toutefois, les propriétaires de la rue de Bellechasse ne prévoient aucun logement social. Ils ont plutôt choisi de verser une contribution financière au programme de stratégie locale d’inclusion de logements sociaux et abordables et de lutte à l’insalubrité de l’arrondissement de Rosemont−La Petite-Patrie pour de futures constructions.

Doutes

«Tous les logements seront construits avec des matériaux haut de gamme, mais demeureront abordables, en respect avec les loyers du secteur», explique Mme Carvalho.

Les règles actuelles ne permettent pas d’assurer que les nouvelles constructions offrent des loyers à prix modiques. De plus, les pertes de logements locatifs seraient particulièrement importantes dans l’arrondissement, selon M. Laporte.

«Pour tous les nouveaux appartements, le Tribunal administratif du logement n’a aucun droit de regard sur l’augmentation des loyers pendant cinq ans», explique-t-il.

Par exemple, un 4 et demi peut être loué à 960 $ par mois la première année, mais rien n’empêche le propriétaire de l’augmenter à 1500 $ l’année suivante.

«Le locataire ne pourra pas refuser la hausse, ajoute M. Laporte. C’est l’un des dangers avec le foutu logement dit abordable.»

D’ici la concrétisation du projet, l’arrondissement doit tenir une consultation publique par écrit. En cas d’opposition, un processus référendaire pourrait être enclenché. L’approbation finale n’aura donc pas lieu avant février 2021.

Construit en 1955 par la Commission des écoles catholiques de Montréal, le bâtiment hébergeait à l’origine les enseignantes religieuses dominicaines de l’école préscolaire et primaire Notre-Dame-du-Foyer, qui accueille actuellement environ 500 élèves.

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Face au coronavirus : conjuguer services essentiels, sécurité et solidarité, le défi du maire Croteau

Conjuguer services essentiels, sécurité et solidarité. Tel est le défi du maire rosipatrien François Croteau. C’est pourquoi une cellule de crise est en place dans l’arrondissement, en plus de deux comités d’urgence. L’un, dans La Petite-Patrie; l’autre dans Rosemont.

La mise en pause de la très grande majorité des Québécois crée un contexte bien particulier avec la fermeture des écoles, des garderies, des commerces, des entreprises et des services publics non essentiels, avec en toile de fond la distanciation physique et les mesures de confinement.

«Nous tous, nous vivons un moment spécial. Nous devons nous assurer que tous les citoyens puissent avoir accès à leurs services essentiels. Il est nécessaire d’avoir une coordination au quotidien entre l’arrondissement, le CIUSSS, les tables de quartier et la ville-centre afin d’assurer la sécurité de tous», indique M. Croteau

C’est pourquoi la communauté travaille main dans la main pour échanger rapidement l’information importante et mettre en place les mécanismes nécessaires pour que tout le monde s’arrime.

Optimiser les ressources disponibles

L’administration locale a fait le lien entre les organismes de dépannage alimentaire et les résidents dans le besoin. «Certaines personnes avaient de la difficulté à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille avant la crise du coronavirus. Imaginez-vous maintenant», fait remarquer M. Croteau. Il indique qu’il y a quotidiennement des échanges avec le milieu communautaire local et qu’une employée en développement social de la Ville est en contact avec les deux tables de concertation de quartier.

C’est ainsi qu’un tableau des besoins précis et des offres de bénévoles a été créé pour répondre le mieux possible à la demande et concerter les efforts de tout le monde, tout en évitant les dédoublements.

Par exemple, lundi, près de 200 appels ont été effectués afin de savoir si des commandes d’urgence étaient requises chez la clientèle plus vulnérable.

La mobilisation optimale des ressources disponibles est recherchée. Dans les derniers jours, un appel a aussi été fait à tous les employés de l’arrondissement afin que ceux qui le peuvent puissent offrir un peu de leur temps aux organismes communautaires d’entraide.

De plus, l’arrondissement RPP fait partie de la douzaine d’administrations locales ayant contribué, avec l’administration centrale montréalaise, au financement d’un fonds d’urgence, d’environ 1,2 M$ destiné à Centraide. Celui-ci servira à soutenir les organismes offrant notamment de l’aide alimentaire aux plus vulnérables.

Message aux Rosepatriens

M. Croteau lance le message suivant à ses concitoyens : «Je fais appel au sens civique de chacun. Pour arriver ensemble à vaincre l’épidémie, il faut bien suivre les consignes. C’est se protéger personnellement. C’est d’être éloigné physiquement les uns des autres. C’est être solidaire collectivement. Il faut faire confiance au personnel de la sécurité publique et de la santé, aux dirigeants des organisations publiques qui mettent tout en œuvre pour endiguer la propagation de la maladie et protéger la population».

La pandémie de la COVID-19 et les mesures de contingentement en découlant représentent «tout un défi. Notre quotidien est transformé. Cela nous amène tous à nous concentrer sur l’essentiel, à s’assurer que la sécurité de tout et de toute soit garantie et à se doter de nouvelles façons de faire.»

Afin que les Montréalais et Montréalaises aient accès à des services et directives similaires, peu importe le quartier où ils demeurent, les initiatives sont centralisées alors que les directives viennent de l’administration centrale, ajoute l’édile.

En fin d’entrevue, le maire Croteau a tenu à souligner «le dévouement extraordinaire qui anime les employés municipaux en ces temps de crise».

Recherche d’un nouveau logement

La mise en place des mesures de confinement et de distanciation physique coïncide pour plusieurs avec la période de recherche d’un nouveau logement.

M. Croteau s’inquiète. «Avec la pénurie de logements disponibles que nous connaissons, des locataires vont se retrouver dans quelques mois dans une situation difficile. Il faut déjà penser.»

Il invite d’ailleurs les propriétaires à reporter à plus tard les visites de logements afin de respecter les consignes de lutte à la COVID-19.

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