Montréal

Plus de trains et plus de bus d’ici septembre pour «désengorger la ligne orange»

Plus de trains et plus de bus d’ici septembre pour «désengorger la ligne orange»
Photo: Josie Desmarais/MétroLa ligne orange en direction Montmorency, à la station Berri-UQAM, pendant l'heure de pointe de l'après-midi.

Trois nouvelles lignes express d’autobus, ajout de deux trains dans le métro : la Société de transport de Montréal (STM) lance une série de nouvelles mesures pour désengorger la ligne orange – organe central de son réseau de métro – d’ici septembre 2019. Reconnaissant qu’il s’agit d’une «solution temporaire», la mairesse Valérie Plante réitère la nécessité d’investir rapidement en mobilité durable.

«Ça ne règlera pas le problème pour toujours, mais si on veut s’y attaquer pour un bon bout de temps, il faut investir dans des projets structurants», a martelé lundi la chef de Projet Montréal, mentionnant le tramway de l’est, le Service rapide par bus (SRB) Pie IX, le prolongement de la ligne orange vers Bois-Franc ou encore la ligne rose, projet phare de son administration.

Dès l’automne, la STM mettra deux nouveaux trains en service à partir de la station Henri-Bourrassa, en matinée et en après-midi lors de l’heure de pointe. «On va passer de 7 à 9 trains pour accueillir davantage de clientèle au sud ce grand axe», a constaté le président de la STM, Philippe Schnobb, soulignant que «le métro peut aussi s’aider lui-même». Objectif : s’attaquer au tronçon Beaubien-Berri, où plus de 21 000 personnes transitent chaque jour, en semaine.

Trois autres wagons «cachés» seront aussi ajoutés pour diminuer les arrêts de service, depuis le métro Crémazie en matinée, ainsi qu’à partir des stations Lionel-Groulx et Berri-UQAM en après-midi.

«Ce sont des trains qu’on va envoyer sur les lignes en cas de besoin. On comprend que le rythme pour rétablir les pannes peut être long, qu’on voit parfois passer plusieurs trains dans l’autre sens. C’est une mesure préventive.» -Philippe Schnobb, président de la STM

Année centenaire du bus à Montréal, 2019 verra aussi naître la ligne 445-Express Papineau en septembre, avec pour objectif de «créer une alternative intéressante au métro». Depuis la rue Beaubien, ce nouveau trajet passera par l’avenue Papineau, puis sur le boulevard René-Lévesque, vers le centre-ville.

Une voie réservée sera implantée sur tout le trajet pour assurer «la ponctualité et la fluidité» des passages, dit la STM, qui estime à 2M$ le coût annuel du tracé. Aucune case de stationnement ne devrait être supprimée dans le processus, «mais s’il faut le faire pour assurer l’efficacité du service, on va le faire», a assuré la mairesse Plante.

Pour en arriver là, l’organisation s’est inspirée de la ligne 427-Saint-Joseph, dont l’achalandage a augmenté de 320% depuis sa création en 2010 : aujourd’hui, ce sont 3000 personnes qui l’empruntent le matin. «On veut s’inspirer de ça, et on est à peu près certains que ça va fonctionner. On a peut-être négligé l’image du bus pendant un certain temps, mais là, il doit prendre sa place», a confié le président de la société de transports.

Valérie Plante réitère la nécessité d’investir rapidement en mobilité durable.

Située tout près de la branche est de la ligne orange, le trajet 435-Du Parc/Côte-des-Neiges sera scindé en deux pour mieux desservir ses usagers, devenant ainsi les circuits 480-Du Parc cet 465-Côte-des-Neiges. Les lignes locales 80 et 165 augmenteront quant à elles en nombre de passages, surtout à l’extérieur des heures de pointe.

Des adaptations
Si elle concède qu’«il n’est pas toujours facile pour quiconque doit passer par Berri-UQAM» de prendre le transport en commun le matin et le soir, Valérie Plante refuse de repousser des investissements à plus tard, la ligne orange étant déjà «à saturation».

«Le gouvernement a exprimé le souhait d’augmenter de 5% la part modale dans le transport collectif. On est tout à fait en faveur, mais pour y arriver, il faut d’abord rentre la mobilité plus attirante pour les usagers, voir plus grand.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal.

D’après les données de Montréal, 43% des émissions de gaz à effet de serre (GES) proviennent du réseau routier, ce qui fait dire à la mairesse que miser sur la mobilité n’est plus une idée, mais une nécessité. «Quand les trains Azur sont arrivés, on s’est dits que ça allait faire une différence, mais au final, ils se sont remplis aussi. Ça prend des solutions à court terme», a tranché Philippe Schnobb.

Malgré tout, «on ne s’arrêtera pas là», promet-il. La STM travaille depuis plusieurs mois à une révision complète du réseau de bus et doit présenter le fruit de ses efforts en 2025. Un plan de mesures préférentielles par bus sur des axes stratégiques devrait aussi paraître plus tard cette année.

Valérie Plante et Philippe Schnobb présentent les grandes lignes du Mouvement orange, qui vise à désengorger la ligne orange. / Josie Desmarais

«L’adoption de ces mesures pragmatiques à très court terme par la STM et la Ville pour les citoyens démontre une compréhension de l’urgence de la situation», a pour sa part réagi la responsable des dossiers en transport au Conseil régional de l’environnement de Montréal, Tania Gonzalez.

«En attendant les infrastructures majeures, comme le prolongement de la ligne bleue, la ligne rose, le déploiement du transport collectif dans l’Est, il faut en effet continuer à déployer une diversité de mesures pour répondre à la volonté toujours croissante des Montréalais d’opter pour le transport collectif et la mobilité durable», a-t-elle ajouté.