National

Un mouvement national pour forcer la SAQ à consigner le verre

Un mouvement national pour forcer la SAQ à consigner le verre
Photo: Photos: Josie Desmarais/MétroUn mouvement citoyen réclame la consigne des bouteilles de vin de la SAQ. Les citoyens ont tenu un point de presse devant la SAQ-Angus, puis sont entrés dans la succursale pour remettre leurs bouteilles.

Un groupe citoyen a lancé mercredi un mouvement national pour forcer la Société des alcools du Québec (SAQ) à mettre en place une consigne du verre sur ses bouteilles de vin mises en vente à travers la province.

À Montréal, devant la succursale de la SAQ-Angus, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, le regroupement a invité en avant-midi tous les Québécois à rapporter «systématiquement» leurs bouteilles dans un établissement de la société d’État, en demandant la consigne, «afin de faire pression sur la SAQ et le gouvernement Legault».

«On espère que ça va créer un mouvement massif et générer une pression importante, a expliqué à Métro l’une des porte-paroles du regroupement, Maude Ménard-Dunn. Ça fait des années que des pétitions sont enregistrées, mais il n’y a rien qui bouge, alors qu’on a une crise de gestion des matières résiduelles sur les bras.»

«Ça prend du courage politique, a poursuivi Mme Ménard-Dunn. Si on commence par les bouteilles de vin, on règle presque la moitié du problème et ça soulève des enjeux pour ensuite cibler la consigne du verre de manière générale. Il est temps qu’on s’intéresse à ce qui se passe après le bac bleu.»

Son collègue, Denis Blaquière, abonde dans le même sens. Il condamne le fait que le verre perde toute sa valeur en ce moment dans nos bacs bleus. «Quand c’est mis dans des camions, le verre se brise et il se contamine, en plus de mettre à mal le papier et le plastique, a-t-il martelé. Les centres de tri sont pris avec ça, et le verre qui en sort ne vaut plus rien.»

Au Canada, seuls le Québec et le Manitoba n’ont toujours pas de consigne sur le verre.

«C’est enrageant, surtout qu’à Montréal on a la fonderie de verre [Owen-Illinois] qui emploie 400 travailleurs et traite 2,5 millions de contenants de verre par jour. Cette usine-là est menacée de fermeture, car elle doit importer du verre de l’Ontario.» – Denis Blaquière, citoyen en faveur d’une consigne sur les bouteilles de la SAQ

À ses dires, l’Ontario épargne 40M$ par année depuis la mise en place de son système de consigne du verre et affiche un taux de recyclage de 90% du verre. Un chiffre qui n’atteint que 14% au Québec, a déploré M. Blaquière. «Nos politiciens disent toujours que l’emploi est important. Et bien la consigne créerait 38 fois plus de jobs que la collecte sélective», a-t-il insisté.

Des citoyens rapportent leurs bouteilles de verre à la SAQ-Angus.

Le syndicat favorable
Joint par Métro, le secrétaire général du Syndicat des employé(e)s de magasin et de bureau de la SAQ (SEMB-SAQ), Hugues Legault, a indiqué que son groupe est en faveur de la consigne des bouteilles de vin «depuis plusieurs mois». En décembre 2017, le SEMB-SAQ avait d’ailleurs participé au lancement de la campagne Verre : la fin du gaspillage, qui a dû être mise sur la glace pendant les négociations avec la direction de la société d’État.

«On est d’accord avec les idées de ce groupe citoyen, on est même très favorables. La consigne est la meilleure façon de favoriser le recyclage», a expliqué le porte-parole syndical.

«Par contre, puisqu’on avait d’autres priorités ces derniers mois, on n’a pas eu encore de discussion avec nos membres à ce sujet-là», a-t-il précisé.

«On s’attend à ce que les employés voient ça comme des nouveaux emplois, comme quelque chose de positif. Ils ont cette conscience environnementale, ce sont nos alliés. C’est un mouvement pour et non contre quelque chose», a estimé Maude Ménard-Dunn.

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *